vendredi 13 juillet 2007 - par Philippe Vassé

USA : quand le Parti se confond avec l’Etat

Quand les dirigeants américains du passé évoquaient l’ex-URSS ou la Chine d’avant l’ouverture aux capitaux mondiaux, ceci au nom de la démocratie, de la liberté et des droits de l’homme et du citoyen, ils mettaient à juste titre en avant la confusion ou la fusion, toujours et partout dangereuse, entre l’Etat et un parti politique. Il semble aujourd’hui que ces saines critiques puissent dorénavant s’appliquer au pays qui les a si souvent mises en avant...

Depuis, notamment 2001, et la fameuse déclaration de guerre au terrorisme des autorités de Washington, on a assisté aux Etats-Unis à une confusion-fusion croissante entre le Parti républicain et l’Etat. Cela se passe dans le pays qui a vu naître la première République de l’époque moderne, laquelle s’est fondée sur les valeurs démocratiques les plus avancées du moment, incluant les libertés publiques et individuelles les plus larges ainsi que la séparation stricte des religions d’avec l’Etat, le fameux "Mur de séparation" entre le pouvoir et les croyances, instauré par le président Jefferson.

 

Aujourd’hui, de toutes parts, dans la société et jusqu’aux hauts responsables de l’Etat fédéral, cette tendance est dénoncée publiquement avec force car elle n’est plus supportable.

L’Etat et le Parti républicain ne font qu’un !

L’historique de la conquête de l’appareil d’Etat fédéral américain par le Parti républicain, afin de le conformer à ses seuls objectifs partisans, et non plus au service de l’intérêt public national, est un long processus, parfois mouvementé. Il convient ici d’en rappeler les étapes et les marques extérieures essentielles.

De nombreux observateurs avaient constaté que la justice fédérale avait eu d’étranges lenteurs dans le délicat dossier des liens financiers « douteux » entre le Parti républicain et les patrons peu vertueux d’Enron, après le scandale qui frappa cette société texane, dans l’Etat cher au président.

Certaines décisions de justice, notamment lors de scrutins en Floride pour l’élection du frère du président, Jeb Bush, avaient suscité des interrogations diverses sur de possibles pressions sur l’appareil judiciaire, voire sur une possible soumission aux intérêts du Parti républicain.

Puis, en 2003, le monde entier avait pu voir un appareil d’Etat, uniforme et univoque, répéter et promouvoir publiquement les mensonges cyniques, acharnés et répétés de l’administration Bush, ceux-ci devant « justifier », face à l’opinion publique du pays, l’invasion, puis l’occupation, longue, sanglante et coûteuse, de l’ Irak.

On a, à ce moment, et plus encore depuis, assisté à un « nettoyage » en règle des organes de sécurité nationale (CIA, FBI, haute hiérarchie militaire, etc.) des « professionnels qualifiés » au profit de fidèles du président Bush, en clair, ses relais pour mettre au pas la sécurité du pays et la mettre à la disposition du parti au pouvoir et de ses plans politico-stratégiques.

Pendant ce temps, encouragés par les déclarations du président en leur faveur, propos teintés de ferveur religieuse alors que leur auteur est censé garantir la Constitution laïque de l’Union, les « fondamentalistes chrétiens » ont engagé une véritable guerre contre les sciences et le savoir (cf : attaques contre la théorie de l’évolution, soutien aux thèses infondées du créationisme), contre les droits des femmes, contre les minorités sexuelles et, de façon plus détournée, contre les citoyens noirs américains (comme en témoigne l’augmentation alarmante du nombre de violences policières les concernant, violences presque jamais sanctionnées, sauf en cas de preuve vidéo-enregistrée apportée par des témoins fortuits).

Sortant de son rôle de président qui ne doit pas interférer dans la sphère religieuse en tant qu’élu de l’Union, Bush, au nom de l’Etat fédéral, a apporté son appui ostensible aux groupes religieux de toutes sortes qui tentent de remettre en cause la séparation des religions et de l’Etat, et ce faisant, nombre de libertés publiques et privées que l’on croyait acquises définitivement. Dans ce processus, c’est la stabilité toute entière de la société américaine et ses valeurs démocratiques les plus nobles et les plus profondes qui ont été violées et attaquées.

Mais, hier, une première a eu lieu aux Etats-Unis : un ancien haut responsable administratif, équivalent américain du directeur de la Santé publique en France, nommé par le président Bush en 2002, a dénoncé publiquement la collusion néfaste à ses yeux entre le parti du président et l’Etat, ainsi que les dangers que cela génère pour le pays et le public américain.

« Le président Bush est un danger pour la Santé publique américaine » (Richard Carmona)

Non, cette phrase en titre n’est pas signée par Michaël Moore, Baron Cohen, Hillary Clinton, voire d’un Irakien opposé à l’occupation de son pays ou d’un militant islamiste.

C’est d’ailleurs, ironiquement, encore pire pour la crédibilité en déclin rapide du président Bush, eu égard à la qualité de l’auteur de ces paroles : Richard Carmona, ex-directeur de la Santé publique du pays, de 2002 à 2006.

Richard Carmona est un médecin respecté et honoré, reconnu unanimement pour ses qualités professionnelles, son sens du service public et son amour de la vérité et de la science. Ce qu’il a donc déclaré aux médias américains résonne donc très fort dans tout le pays et nourrit l’impopularité montante du président et de son parti.

Ecoutons ce que dit cet ex-haut responsable à ses compatriotes, via son témoignage devant le Comité de la chambre des représentants en charge de la Santé publique : « Tout ce qui ne correspond pas à un positionnement politiquement "officiel" sur le plan idéologique, théologique et politique est ignoré, marginalisé ou simplement enterré ».

Il importe de rappeler que celui qui affirme ceci avait en charge la protection sanitaire de 300 millions de personnes. L’opinion américaine a donc quelques raisons sérieuses d’être attentive aux dires de Richard Carmona.

Et pour que l’on comprenne bien le sens et l’importance de ce qu’il relate, il enfonce le clou avec une clarté et une concision de chirurgien (ce qu’il est de profession originelle) : «  Le problème avec cette manière de faire est que, s’agissant de la Santé publique, et dans une démocratie, il ne peut rien avoir de pire que d’ignorer la science, ou d’écarter les voix venant de la science pour des raisons de positions politiques changeantes. La mission de directeur de la Santé publique est d’être le médecin de la nation, pas celui d’un parti politique ».

Le Dr Carmona a été très précis quant aux dossiers sur lesquelles il accuse le Parti républicain d’avoir gêné, bloqué ou affaibli le travail d’intérêt public du service qu’il a dirigé. Il a affirmé publiquement que certains de ses discours ont été censurés, des rapports officiels non pris en compte, que des pressions ont été faites sur lui pour qu’il se taise sur divers dossiers. Il s’agit notamment de celui relatif à la recherche à partir de cellules souches, la contraception et ce qu’il nomme l’éducation sexuelle, alors que la Maison-Blanche ne voulait évoquer dans ce sujet que, je cite les propos du Dr Carmona, «  l’abstinence »  !

La Maison-Blanche, justement, a répondu aux déclarations de Richard Carmona par la voix de Tony Fratto, son porte-parole. La réaction qu’on attendait ferme et résolue, apportant la contradiction aux accusations lancées par le Dr Carmona, a été plus que « mesurée » : «  Richard Carmona a reçu l’autorité et a porté l’obligation d’être la voix publique pour la santé de tous les Américains. Il est décevant pour nous que le Dr Carmona ait échoué à utiliser sa position avec toutes ses possibilités offertes pour promouvoir la politique de santé qu’il croyait être du meilleur intérêt pour la nation. Nous croyons que le Dr Carmona a reçu de notre part tout le soutien nécessaire pour mener à bien sa misison ».

Ce qui a amené les précisions suivantes de l’intéressé : « J’ai été empêché de parler à des manifestations officielles publiques car cela aurait pu, m’a-t-on dit, bénéficier à un opposant politique. Par contre, j’ai souvent été autorisé et encouragé à discuter avec ou à parler devant les députés républicains ».

Evoquant plus particulièrement la recherche scientifique à partir des cellules souches, recherche dans laquelle les scientifiques compétents du monde entier fondent de grands espoirs en termes de bénéfices pour la santé publique future, Richard Carmona a expliqué : « Tout le débat sur ce sujet a été faussé par des considérations politiques, idéologiques ou religieuses. J’ai été stoppé à chaque étape. On m’a dit que la décision avait déjà été prise : n’insistez pas, ne parlez pas de cela ».

Si, officiellement, le Dr Carmona n’a pas commenté la nomination de James Holsinger à son ancien poste, d’autres l’ont fait à sa place.

De nombreux médias américains soulignent les positions républicaines dures du futur probable directeur de la Santé publique, nommé par le président. Notamment, ont été rappelées ses déclarations homophobes répétées et sa foi religieuse tout aussi assumée... Personne n’a évoqué à cette heure, sauf erreur ou omission, ces compétences reconnues en matière de Santé publique !

Un rejet populaire massif, profond et croissant

Tous les sondages d’opinion aux Etats-Unis attestent d’un rejet général croissant du président et de sa politique par les citoyens américains. La cote de défiance (62 %) est à son sommet alors que les personnes faisant confiance au président sont à peine plus qu’un quart de la population (29 %).

Si la guerre en Irak et en Afghanistan sont les deux principaux motifs de colère populaire contre Bush, sa politique intérieure, notamment sociale, est aussi vivement critiquée. Son bilan apparaît calamiteux aux citoyens et beaucoup jugent qu’il a desservi en fait les intérêts du pays et nui aux principes fondamentaux de celui-ci.

Il semble que le président aggrave cette situation par des nominations qui apparaissent plus en rapport avec des opinions communes partisanes que fondées sur les qualités reconnues pour les postes proposés.

De fait, les Etats-Unis semblent aujourd’hui se retrouver dans la situation tant critiquée naguère par ses dirigeants : celle où un parti à bout de souffle se confond avec l’Etat, ce qui est lourd de danger pour le pays.

Pour beaucoup de citoyens américains, il semble plus que temps de revenir aux principes rassembleurs et fédérateurs des pères fondateurs de l’Union, comme Washington ou Jefferson.

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Source des informations utilisées pour cet article

http://www.taipeitimes.com/News/front/archives/2007/07/12/2003369168





32 réactions


  • NPM 13 juillet 2007 14:05

    Mouais, bof.

    Le Parti républicains, ca n’existe pas vraiment.

    Par ailleur, le bilan de Bush est trés bon, surtout si on compare sur la même période avec la France...

    Il vaut mieux na pas écouter les conneries de l’opposition. Aprés tout, Sarkozy n’est il pas un faschiste raciste mettant en danger la république ? Bon...


    • michelc 13 juillet 2007 19:00

      « NPM toujours là quand on l’attend pas ! »

      Il a réussi à donner un commentaire en premier. Bon, c’est vrai, c’est toujours à coté de la plaque !

      au fait : « Il vaut mieux na pas écouter les conneries de l’opposition. Aprés tout, Sarkozy n’est il pas un faschiste raciste mettant en danger la république ? Bon... »

      Sarkozy n’est ni raciste et ni fasciste (c’est la bonne orthographe) ! Toi, oui !


  • caramico 13 juillet 2007 14:17

    Nous avons toujours eu quelques années de retard sur les USA, mais, en bon chien-chien, on les suit, admiratifs et jaloux de « l’American Way of Life ».

    Et ce que vous décrivez, fasse le ciel que ça n’arrive pas un jour en France, mais, je ne me fais pas pas trop d’illusions.

    Nous avons actuellement un « chef » qui a compris tout où partie de leurs « ficelles », et qui est en train de nous les resservir.


  • Jacques 13 juillet 2007 14:53

    Comme on aimerait croire à ce réveil de la conscience libérale américaine. Malheureusement je crois que fondamentalisme et conservatisme sont profondément ancrés dans cette société.

    Sans vouloir bien évidemment mettre tous les américains dans le même panier, il faut quand même constater, que les invectives après les refus français et allemands de partir en guerre étaient d’une spontanéité, d’une force et d’une quasi-unanimité qui trahit bien l’inconscient collectif américain.

    Il suffirait d’un rien pour que les usa repartent en croisade comme un seul homme. Le divorce entre les usa et la vieille Europe est bel et bien consommé et ce des 2 cotés de l’atlantique.


    • sven 13 juillet 2007 15:23

      Je travaille depuis longtemps avec des équipes de chercheurs de différentes nationalités. En particulier des américains. Il est vrai que les américains possèdent, généralement, en dehors de leur domaine professionnel, une culture assez limitée qui peuvent en faire des victimes facile d’une propagande assez rudimentaire. Cependant, ils sont aussi rapides que les autres pour comprendre qu’ils ont été trompés. Je me rappelle les réactions ébahies d’un collègues qui, venant avec moi en Russie, a pris conscience du lavage de cerveau qu’il avait subi dans son enfance.

      Cependant, je n’ai observé aucune de ces réactions anti-françaises parmi mes collègues ou leur famille. Mes collègues qui se trouvaient aux USA à cette époque n’ont rien remarqué de particulier. J’ai plutot l’impression qu’elles ont été fabriquées par les médias et peut-être en partie par des medias français qui représentaient une tendance favorable à suivre les USA sur le chemin de l’Irak. Il est si facile de sélectionner, au milieu d’interviews de trottoir, ceux qui vont dans le bon sens.


    • Gilles Gilles 13 juillet 2007 18:20

      Sven, je suis moi même souvent en contact avec pas mal d’américains. Mais des américains qui voyagent pour découvrir, connaissent les autres, sont pas mal friqués aussi, et jamais, mais jamais je n’ai rencontré un supporter de Bush, même en 2001. Aucun n’a jamais émit de commentaires bassement anti-français.

      Tous le réprouvent, pour sa politique extérieure, intérieure et ses valeurs risibles. Comme quoi il y a bien deux Amérique, tout comme il y a surement deux France.


    • stephanemot stephanemot 15 juillet 2007 16:32

      @sven

      Je partage votre point de vue, sachant que ce pays-continent n’est pas vraiment uniforme. New York et la Californie sont plus « liberals », NYC et Frisco plus « intellos » que L.A. ou Miami... et bien sûr tout change d’un milieu social à l’autre.

      Le « French bashing » a ainsi trouvé un écho particulier dans les comtés ruraux où Karl Rove et Ken Mehlman ont fait un boulot formidable dans la perspective des élections de 2004, gagnant comté par comté en déroulant le discours rouleau compresseur « us vs them » à multi-tranchant (ex « Missourah » vs DC, patriots vs terrorists & cowards, USA vs Ossama, Saddam, Jacques...).

      Pour ma part, j’étais entre la Louisiane et la Géorgie pendant le déclenchement de la guerre en 2003. Il y a bien eu quelques gestes hostiles envers les Français du côté d’Atlanta : non-renouvellement du bail d’une école francophone, messages racistes peints sur le garage d’une expat, drapeaux US plantés dans un jardin d’un autre... Quant à l’épisode du « French Quarter » rebaptisé à New Orleans, il relève plus du populisme de politocards.

      Le gros du boulot a été fait par certains media, Ruppert Murdoch sonnant la charge sur tous les terrains (cf édition parisienne du Sun, missiles envoyés par Fox News, et jusqu’au fameux « cheese eating surrender monkeys » des Simpsons). Rush Limbaugh et consors y ont également été de leur couplet, et pendant plusieurs mois, les Français ont remplacé les Polonais comme sujets de blagues préférés des Américains.


  • goc goc 13 juillet 2007 16:10

    il est quand meme curieux de lire encore des choses comme opposition entre le pouvoir absolu communiste et la « democratie » americaines, alors que tout démontre au contraire une énorme ressemblance

    parti unique et interdiction de partis d’opposition : faire croire qu’il y a une différence entre républicain et démocrate est aussi ridicule que de faire croire que Blaire est de gauche. Par contre aux USA les autres partis (communiste par exemple) sont interdits, tu parles d’une democratie ou il est interdit de penser autrement

    propagande effrénée par l’utilisation des médias : que ce soit hollywood ou les studios de moscou, les deux ont toujours fait des films de propagande et ont toujours cherché a imposé leurs films aupres de leurs allies (par exemple les USA en 46, ont imposé a la France le fait qu’au minimum la moitié des films projetés en France devaient etre americains). Et je ne détaillerais pas le bourrage de crane religieux permanent (qui s’est un peu accentué avec l’arrivée des neo-cons), voir un billet de 1$

    Existance d’une nomenclatura sourde et aveugle a son entourage : voir l’acharnement en irak, et surtout le soutien aveugle au sionnisme, malgré les crimes permanents, digne des pires interventions tchèques ou hongroises des armées rouges.

    bref, usa-urss : meme combat contre le totalitarisme


    • Frédéric 11 13 juillet 2007 18:18

      Dans quelle univers parallèle vivez vous smiley

      Ou avez vous des partis interdits aux Etats Unis ? Des marxistes au nazis (méme combat) en passant par les religieux de touts bords, tout le monde à le droit de s’exprimé la bas.

      Le parti communiste américain est légal et ce n’est parce qu’il à un score encore plus nul que le PCF qu’il interdit de nos jours.

      Est ce que vous savez le nombres de partis politique outre Atlantique au moins ?


    • Gilles Gilles 13 juillet 2007 18:29

      Le problème Frédéric, c’est que bien que tous les partis ont le droit d’exister aux USA, aucun ne peut acquérir les moyens d’une audience nationale lui permettant de développer ses idées. Seuls deux partis dominent depuis des décennies (voir des siècles)

      N’avez vous pas remarqué que l’on mesure les chances de gagner une élection aux USA en fonction du budget de campagne (en grande partie alloué par des lobbys industriels) ? Ce qui implique la maitrise des média, de l’audience, de l’intérêt car il faut raquer pour se faire remarqué.

      Alors libre expression, peut être, mais uniquement tant que cela reste confidentiel.

      Une vraie démocratie verrait un renouvèlements de temps en temps, plusieurs partis défendant des modèles de sociétés bien différentes, alors que Rep et Dem sont d’accord sur presque tout et se battent en fait à la marge.


    • goc goc 13 juillet 2007 18:46

      c’est vrai qu’a chaque éléction presidentielle americaine on voit tous les partis politiques.

      d’ailleurs on peut les compter, et il y en a ....2

      et quels partis, c’est comme si on nous demandait de choisir en devillier et madelin

      et puis le macarthysme n’a jamais existé smiley

      n’importe quoi

      comme quoi la propagande fait toujours de l’effet sur des esprits simples smiley


  • corsu 13 juillet 2007 16:48

    Est-ce que l’on ne confond pas Parti Républicain et camarilla du Parti républicain autour des George Bush père et fils ? Je ne suis pas sûr que le Parti républicain, comme d’ailleurs le Parti Démocrate, soit si monolithique.

    Pour le reste, n’oublions pas que le Président est élu par des grands électeurs eux-mêmes élus dans chaque etat le jour de l’élection « présidentielle ».


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 juillet 2007 04:33

      Corsu,

      Bonjour,

      Vous avez raison de souligner que les partis américains essentiels, Républicain et Démocrate, ne sont pas monolithiques. C’est un fait. Pas plus que les partis communistes ne l’étaient en réalité en URSS avant 1991 ou en Chine aujourd’hui.

      Ceci dit, pour le moment, le parti républicain est totalement « noyauté », « inflitré », « phagocyté » par les éléments les plus liberticides, « culturicides » (c’est un terme de mon invention pour l’occasion) et religieux que le pays ait jamais vus. C’est cela qui lui donne sa physionomie externe et qui décide de son action publique.

      C’est ce qui explique ses attaques contre l’indépendance de la Justice, ses dérives « théocratiques » de nature plus médiévale que moderne, ses assauts contre le savoir et la science sur tous les plans. Ce parti, tel qu’il est à ce jour, agit comme une force qui voudrait soumettre toute la société américaine, la conformer en quelque sorte, à des principes qui lui sont totalement étrangers.

      C’est là que se noue l’affrontement, non pas tellement entre les deux partis cités, mais entre la société civile américaine attachée à ses valeurs démocratiques, libres, cultivées et laïques d’un côté, et, de l’autre, ce parti totalement inféodé à une sorte de « croisade interne » contre les fondements les plus fondamentaux de l’Union.

      De l’issue de cet affrontement dépendent beaucoup de choses pour l’ensemble du monde...

      Bien cordialement vôtre,


  • frédéric lyon 13 juillet 2007 18:04

    Merci à l’auteur de nous avoir fait part de ses préjugés personnels, mais celà valait-il un article (de plus) ?

    Quant à George Bush, il doit avoir l’habitude de voir tous les roquets de la planète venir lui aboyer sur les chaussures !


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 13 juillet 2007 18:21

      Frédéric,

      Il semble que vous n’ayez pas lu l’article avant de poster votre commentaire. Je corrige donc votre erreur factuelle.

      Les faits, ou, plus exactement, les propos qui y sont rapportés, comme les sondages d’opinion concordants qui y sont relatés, sont ceux que la presse mondiale expose, et non des « préjugés personnels ».

      Il est vrai que laisser la parole à un haut fonctionnaire américain et scientifique réputé sur la santé de 300 millions de personnes, puis au porte-parole de la Maison Blanche, puis aux citoyens des Etats-Unis, ressemble difficilement à « des préjugés personnels ».

      Cela s’appelle dans le monde entier pensant : information.

      Bien cordialement vôtre,

      A moins


  • Gilles Gilles 13 juillet 2007 18:13

    « sa politique intérieure, notamment sociale, est aussi vivement critiquée. »

    Tien, tiens.... n’a t-il pas supprimer l’impôt sur les successions, défiscalisés moult revenus encaissées par les plus riches des américains et des sociétés spéculatrices (au point que Gates et Buffet, les plus riches du monde ont été eux même outrés)

    ça me rappelle quelque chose de proche, très proche, trop proche...


  • Ibn Taymiyya 13 juillet 2007 21:32

    C’est toujours difficle ,surtout en ce moment ,de porter un jugement intelligent sur la situation politique américiane. Nénanmoins vous semblez vous autoriser des mensonges sur la guerre d’ Irak de l’administration américaine pour asseoir votre thèse selon laquelle l’ordre des Anciens pères fondateurs aurait été trahi ,et si l’on vous suit dans ce raisonnement ne faudrait-il pas réserver la même analyse aux Britanniques,eux pourtant les inventeurs de l’Etat moderne ?


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 juillet 2007 04:11

      Dominique,

      Votre commentaire est intéressant, notamment en ce sens qu’il rappelle les liens historiques entre la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique, liens qui ont toujours été à la fois profonds et dynamiques, même s’ils furent parfois conflictuels.

      Bien évidemment, je n’établis aucune thèse ici : je me fonde exclusivement sur les éléments fournis par les personnes concernées qui s’expriment à travers cet article, sur les sondages d’opinion, sur les critiques des citoyens américains de plus en plus nombreux, tous faits démontrant que les valeurs des Pères fondateurs de la République américaine ont bien été trahis à leurs yeux et que le parti de Monsieur Bush, toujours pour eux, cherche à les détruire complètement(voir les contradictions incessantes entre état de droit démocratique et textes de lois sur la sécurité nationale, pour s’en convaincre).

      Il y a aux Etats-Unis une lutte acharnée- qui s’exprime surtout devant et à travers la Justice, mais pas exclusivement- entre les partisans de la Constitution du pays et ceux qui voudraient la remplacer à terme par une autre qui aurait pour bases : influence de la religion sur le pouvoir et le savoir, rejet des sciences et promotion des croyances comme fondement de l’Etat, pressions incessantes sur les administrations pour leurs propres intérêts, etc...)

      Il est instructif de rappeler ici que G. Washington, quand il conduisit la guerre d’Indépendance américaine, ne prit jamais contre ses propres citoyens de mesures liberticides qui auraient abouti à les priver des droits et libertés qu’ils se battaient pour assurer définitivement dans l’avenir ! Et pourtant, il connut des situations bien plus difficiles et parfois dangereuses que le Président actuel...

      Le Président Lincoln a suivi en gros les mêmes principes, dans la cadre d’une guerre civile pourtant violente et sanglante.

      Pour répondre à votre questionnement fort judicieux sur un phénomène de même nature en Grande Bretagne, je serais tenté- à titre purement personnel- de penser que les faits que nous voyons ( mensonges d’Etat avérés, affaires d’Etat successives, refus de respecter l’indépendance réciproque entre Justice et pouvoir politique, scandales politico-financiers- voir dossier BAE, etc...) tendent à une similaire remise en cause des principes démocratiques essentiels dans ce pays.

      Mais, cela nécessiterait, pour s’assurer de la véracité factuelle d’un tel sentiment général, une étude approfondie sur le terrain et la collecte d’éléments concrets et précis.

      Ne pouvant pour l’heure les rassembler afin d’en faire un dossier probant, je me bornerai à ce sentiment propre, qui n’engage que moi et ne prouve rien.

      Il importe, dans le domaine de l’information, de séparer les faits qui indiquent les processus profonds incontestables et les commentaires, voire les sentiments personnels. Ce que je fais parce que cette séparation, comme celle des pouvoirs en démocratie, est essentielle aux libertés des citoyens.

      Bien cordialement vôtre,


    • Ibn Taymiyya 14 juillet 2007 23:11

      Pourquoi m’appelez-vous Dominique ?

      sinon, je pense qu’en tant qu’historien vous connaissez l’usage des mythes fondateurs dans l’historiographie.

      Pour le reste je paratge votre prudence.

      Ibn Taymiyya


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 juillet 2007 03:45

      Ibn Taymiyya,

      Je tenais à vous présenter mes excuses pour vous avoir indûment prénommé Dominique en partant de l’intitulé de votre adresse électronique que j’avais sous les yeux en rédigeant ma réponse.

      Bien évidemment, je partage votre réflexion sur les mythes fondateurs, mais, concernant la Constitution américaine, ses amendements et les principes démocratiques des « Pères fondateurs », ces documents prouvent que nous parlons de textes et archives historiques attestés, quoi que l’on puisse penser des actes qui sont en arrière-plan.

      Particulièrement, le « Mur de séparation » entre l’Etat fédéral et les religions instaurée par le Président Jefferson, permettant la liberté pleine de conscience et la pensée libre créatrice dans la vie publique, fut un des éléments centraux du relatif succès du « melting pot » américain (pour être plus concret : de l’absence de conflits inter-religieux sanglants).

      D’ailleurs, ce « melting pot réussi » selon les thèses officielles historiques amréicaines me paraît plus aujourd’hui être un mythe fondateur que les livres de Stephen Jay Goud et certains films récents ont brillamment remis en cause (lois discriminatoires, voire racistes ou eugénistes, ségrégation anti-noire, politique d’extermination des « Indiens », supériorité sociale des WASP sur les autres communautés, etc...

      D’où ma prudence sur les sujets abordés qui se veut avant tout un exposé de faits bruts permettant un débat ouvert libre. Ce que vous avez, je pense, bien compris aussi et dont je vous remercie.

      Bien cordialement vôtre,


  • zets zets 14 juillet 2007 00:17

    pour info, lire le dernier livre de ce méchant propangadiste nord-américain smiley Noam Chomsky « les Etats manqués, abus de puissance et déficit démocratique » chez Fayard. Il parle bien sur des Etats Unis !


  • Deneb Deneb 14 juillet 2007 09:04

    Personnellement j’ai remarqué depuis quelques années que les USA sont en train de prendre le chemin de l’URSS de Staline en ce qui concerne la demagogie, dissimulation des information, omissions et répression brutale de toute opposition à l’idéologie officielle. Je me souviens des rapports des manifestations anti-guerre à New-York, où les manifestants ont été enfermés dans les autobus convertis en cellules de garde à vue pour l’occasion. Sans parle du refus des autorités américaines de répondre aux questions publiques sur le 9/11. La cerise sur le gâteau, c’est Genarlow Wilson, en prison pour un flirt d’adolescent. Quand j’ai vu « Sicko » de Michael Moore, j’ai compris que l’idéologie officielle des USA était l’ultramercantilisme, qu’une vie humaine est quantifiable économiquement et que tous les coups sont permis aux détenteurs du grand capital pour accroître leur influence. Ayant vécu dans une dictature jusqu’à l’age de 20 ans j’ai reconnu il y a des années les symptômes d’un pouvoir ultra-autoritaire en train de mettre main basse sur les proverbiales libertés. En Europe, nos avons en effet à craindre une remise en place. Comme nos grands parents avec le nazisme, notre génération sera amenée à lutter contre les dérives, peut-être au péril de nos vies dans un avenir pas si lointain que cela. Libres-penseurs de France et d’Europe, unifions-nous ! Vive Wiki, Agoravox et autres expressions publiques que les médias officiels, soumis à la pression des capitaux sont en train d’attaquer par les arguments fallacieux. Ne permettons pas que la même chose n’arrive en Europe !


  • caramico 14 juillet 2007 11:01

    En URSS, Chine et autres pays totalitaires, les méthodes sont coercitives.

    Aux USA et pourquoi pas bientôt chez nous, c’est plus insidieux. Il y a un mélange de coercition et de manipulation mentale :

    D’abord on endort les esprits, on lave les cerveaux avec les media de masse. Ca prends des années, durant lesquelles, de-ci, de-là, une loi est voté, c’est pour votre bien, ne vous en faites pas, c’est pour votre sécurité, une caméra par-ci, une interdiction par là...

    Reposez vous sur nous, ne vous servez pas de votre cervelle, c’est trop fatigant, ayez confiance : Tout à fait le serpent du Livre de la Jungle.


  • NPM 14 juillet 2007 18:21

    Toujours les même rengaines des vaincus du capitalisme !

    Et oui, l’URSS, c’était le bon vieux temps..

    Jamais vous n’allez changer votre disques rayés ?

    « En Europe, nos avons en effet à craindre une remise en place. Comme nos grands parents avec le nazisme, notre génération sera amenée à lutter contre les dérives, peut-être au péril de nos vies dans un avenir pas si lointain que cela. »

    Tu fais pitié. Si les Nazi revenaient, tu ne tiendrais pas toi et ta famille 5 minutes..


  • stephanemot stephanemot 15 juillet 2007 15:22

    Bush n’est pas un Républicain : il est avant tout un fondamentaliste. Et son premier mandat a été caractérisé par un shuntage systématique des organes de contrôle nationaux et internationaux à commencer par le Congrès, pourtant du même bord. Le cercle restreint autour du président s’est ainsi mis à dos les conservateurs reaganiens, dont certains ont même milité contre Bush en 2004.

    Pendant cette campagne, j’essayais également de convaincre des Républicains de ne pas voter pour Bush puisqu’il ne défendait ni les intérêts ni les valeurs de leur parti, et qu’une victoire de Bush en 2004 signifierait une implosion du parti. Au-delà du rift conservateurs / néo-conservateurs / pragmatiques, la fracture s’annonçait entre démocrates (sans la majuscule) et théocrates.

    Car si confusion il y a eu au plus haut niveau de l’Etat, c’est bien entre politique et religion... ce qui me semble bien plus dangereux, comme en atteste le « succès » de cette dream team.

    Si Dubya conserve tout son pouvoir de nuisance depuis les élections de 2006, son entourage direct se trouve sur la sellette et Cheney a quelque peu perdu de son influence au profit de l’arrière garde reaganienne et d’amis de papa George Herbert Walker Bush.

    Notons que ce dernier n’est pas un fondamentaliste mais quelqu’un de plus pragmatique et porté sur l’argent, ce qui se sent au niveau de ses fréquentations (plutôt le Révérend Moon que Billy Graham). 41 a de qui tenir : son propre père Prescot Sheldon Bush a plutôt bien travaillé avec les Nazis...


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 juillet 2007 15:46

      Stephanemot,

      Effectivement, le débat fait rage dans certains milieux, surtout médiatiques, afin de déterminer qui donne le ton dans le parti républicain.

      C’est une discussion intéressante, mais, du point de vue de l’opinion publique américaine et internationale, la gestion de l’Etat par l’administration Bush est imputée au parti républicain, que ce soit les fondamentalistes chrétiens ou les derniers reaganiens, ou d’autres encore qui orientent le parti en question.

      Ceci dit, votre commentaire sur le danger de « noyautage » de l’appareil d’Etat par les chrétiens fondamentalistes rejoint ce que dénoncent Carmona et bien d’autres forces américaines.

      Il est clair que ce courant est aujourd’hui le plus apparent pour les médias et les citoyens, même si, pour l’opinion publique, la distinction entre les positions des uns et des autres au sein du parti républicain tient plus d’un débat abstrait sur le sexe des démons qui mènent le pays à des désastres successifs que d’une discussion sur des choix politiques vraiment différents.

      Il est exact qu’il existe des différenciations entre les derniers reaganiens et la tendance que représente Bush (un « rift » ou « ligne de fracture » est peut-être ici un terme excessif en la matière).

      Mais pour les familles de soldats qui enterrent leurs fils ou les citoyens qui voient leurs impôts, pas seulement fédéraux, augmenter alors que les programmes sociaux sont réduits, ces différenciations sont sans importance pour le moment.

      C’est du point de vue de l’opinion publique générale que je me place dans cet article, non comme analyste des luttes internes de groupes pour la domination au sein d’un parti qui court à un désastre rapide.

      Ceci n’enlève rien à la justesse de vos remarques de fond, qui se situent sur un plan plus « interne » à certains milieux que significatifs pour les 300 millions de citoyens du pays et l’avenir de tous les autres peuples.

      Bien cordialement vôtre,


    • stephanemot stephanemot 15 juillet 2007 16:49

      Le Parti Républicain connait une crise profonde, et il est effectivement clairement responsable de ce qui s’est passé.

      Mais le Parti Démocrate n’est pas pour autant épargné par le malaise, comme en atteste le parcours des candidats pour 2008.

      Au-delà, c’est à mon sens le système démocratique US tout entier qui a la gueule de bois : comment un tel dérapage a-t-il pu se produire, où va le pays ? Je verrais pas mal Bloomberg profiter du vide, sans autre étiquette que son épais compte en banque... on ne pourra donc pas pour autant parler de moralisation de la vie publique outre-Atlantique...


  • Fares 15 juillet 2007 19:06

    Très bon article. Mais il y a un point qui manque à mon avis : la révolution néo-conservatrice qui s’opère aux Etats-Unis se fait au nom d’un retour au sources des textes des pères fondateurs. C’est là tout le génie de leur imposture intellectuelle. Pour bien comprendre, je vous recommande la lecture de l’ouvrage « Le monde selon Bush » de Guy Milière, un auteur francais favorable aux Neo-conservateurs.

    ===

    A propos de la révolution neo-conservatrice en marche :

    page 109 : << Les Europeens devont comprendre ce qui est tres precisement en jeu dans la revolution neo-conservatrice américaine, d’une maniere ou d’une autre, ou ils disparaitront, et l’Europe avec eux. La disparition de l’Europe pourra etre brutale ou douce, rapide ou lente. Elle pourra etre une avancée progressive vers la vieillesse et la décrépitude qu’annoncent les courbes démographique actuelles, une progression vers l’islamisation qui ne sera islamisation modérée que si, et seulement si la doctrine Bush concernant l’islam est couronnée de succes. >> << Le néo-conservatisme pourrait-il s’implanter en Europe et, ainsi, sauver l’Europe ? >> << « Les Europeens ne seront sauvés, s’ils doivent l’être, que par un sursaut immense », m’a dit David Horowitz à Malibu. >>

    ===

    Et à propos de l’aspect qui m’a le plus frappé dans le bouquin : l’imposture intellectuelle et le retournement des valeurs :

    Les neo-conservateurs sont selon lui << les vrais américains >>, qui defendent << les vraies valeurs américaines >>. Il parle de << liberté >> et se réclame << des pères fondateurs >>. Evidemment il passe sous silence une des citations les plus importantes de Benjamin Franklin, l’un des peres fondateurs des Etats-Unis, qui disait : « ceux qui sont prets à sacrifier un peu de liberté en echange d’un peu de sécurité ne méritent ni l’une ni l’autre, et finiront par perdre les deux ». Il passe sous silence le fait que la politique intérieure de Bush, à travers un ensemble de lois fascistes (Patriot Act, Anti-Terrorism Bill, Military Commission Act, etc...), a ete de systematiquement détruire et vider de son contenu la Constitution Americaine, qu’il avait preté serment de défendre lors de son investiture.

    page 142 : << La souveraineté de la liberté ou la mort, notais-je plus haut. Et plutot la mort que la perte de la liberté. La Civilisation ou la mort. Dans les semaines qui ont suivi le 11 septembre 2001, et alors que les drapeaux américains etaient partout, aux fenetres et sur les voitures, sur les vetements et dans les coeurs, les bobos se sont émus que leurs enfants parfois aient voulu eux-meme arborer le drapeau >>.

    « Le 11 septembre » encore et toujours. La clef de voute, la pierre d’angle sur laquelle repose toute la justification de la doctrine néo-conservatrice.

    Dans le bouquin il qualifie de << bobos >> les Américains qui se sont interrogés sur le bien fondé de la vague d’orgie patriotique qui a déferlé sur les Etats-Unis apres le 11 septembre. A propos du drapeau, j’aime bien l’avis de Scott Ritters : « Waving a flag on the street corner does not make you patriotic or support the troops. I could train a monkey to do that job. You’re only a patriot if you’ve read the Constitution, and you live the Constitution, and I would say that Cindy Sheehan and those who support her, and those who speak out against this war are far more patriotic than any gold star mother or anybody else who stands on the street corner and encourages a war that’s based on a lie and can only result in the death and dismemberment of more American troops. » ( http://www.altpr.org/print.php?sid=535 )

    page 147 : << Nous ne sommes rien, strictement rien, si nous oublions les textes fondateurs, si nous oublions les pionniers >>.

    Un tel retournement des valeurs, une telle imposture, c’est à la limite de l’injure. C’est pourtant le tour de force qu’ils sont en passe de réaliser, meme si on nous explique dans tous les médias depuis des années que « Bush est fragilisé ».


    • Fares 15 juillet 2007 19:12

      Mon commentaire précédent a déconné, sans doute à cause des balises HTML.

      Je vous le remet ici, en espérant que cette fois ci ça passe mieux :

      Très bon article. Mais il y a un point qui manque à mon avis : la révolution néo-conservatrice qui s’opère aux Etats-Unis se fait au nom d’un retour au sources des textes des pères fondateurs. C’est là tout le génie de leur imposture intellectuelle. Pour bien comprendre, je vous recommande la lecture de l’ouvrage « Le monde selon Bush » de Guy Milière, un auteur francais favorable aux Neo-conservateurs.

      ===

      A propos de la révolution neo-conservatrice en marche :

      page 109 : «  »Les Europeens devont comprendre ce qui est tres precisement en jeu dans la revolution neo-conservatrice américaine, d’une maniere ou d’une autre, ou ils disparaitront, et l’Europe avec eux. La disparition de l’Europe pourra etre brutale ou douce, rapide ou lente. Elle pourra etre une avancée progressive vers la vieillesse et la décrépitude qu’annoncent les courbes démographique actuelles, une progression vers l’islamisation qui ne sera islamisation modérée que si, et seulement si la doctrine Bush concernant l’islam est couronnée de succes.«  » «  » Le néo-conservatisme pourrait-il s’implanter en Europe et, ainsi, sauver l’Europe ? «  » «  » « Les Europeens ne seront sauvés, s’ils doivent l’être, que par un sursaut immense », m’a dit David Horowitz à Malibu. «  »

      ===

      Et à propos de l’aspect qui m’a le plus frappé dans le bouquin : l’imposture intellectuelle et le retournement des valeurs :

      Les neo-conservateurs sont selon lui «  »les vrais américains«  », qui defendent «  »les vraies valeurs américaines«  ». Il parle de «  »liberté«  » et se réclame «  »des pères fondateurs«  ». Evidemment il passe sous silence une des citations les plus importantes de Benjamin Franklin, l’un des peres fondateurs des Etats-Unis, qui disait : « ceux qui sont prets à sacrifier un peu de liberté en echange d’un peu de sécurité ne méritent ni l’une ni l’autre, et finiront par perdre les deux ». Il passe sous silence le fait que la politique intérieure de Bush, à travers un ensemble de lois fascistes (Patriot Act, Anti-Terrorism Bill, Military Commission Act, etc...), a ete de systematiquement détruire et vider de son contenu la Constitution Americaine, qu’il avait preté serment de défendre lors de son investiture.

      page 142 : «  »La souveraineté de la liberté ou la mort, notais-je plus haut. Et plutot la mort que la perte de la liberté. La Civilisation ou la mort. Dans les semaines qui ont suivi le 11 septembre 2001, et alors que les drapeaux américains etaient partout, aux fenetres et sur les voitures, sur les vetements et dans les coeurs, les bobos se sont émus que leurs enfants parfois aient voulu eux-meme arborer le drapeau«  ».

      Le 11 septembre, encore et toujours. La clef de voute, la pierre d’angle sur laquelle repose toute la justification de la doctrine néo-conservatrice.

      Dans le bouquin il qualifie de «  »bobos«  » les Américains qui se sont interrogés sur le bien fondé de la vague d’orgie patriotique qui a déferlé sur les Etats-Unis apres le 11 septembre. A propos du drapeau, j’aime bien l’avis de Scott Ritters : Waving a flag on the street corner does not make you patriotic or support the troops. I could train a monkey to do that job. You’re only a patriot if you’ve read the Constitution, and you live the Constitution, and I would say that Cindy Sheehan and those who support her, and those who speak out against this war are far more patriotic than any gold star mother or anybody else who stands on the street corner and encourages a war that’s based on a lie and can only result in the death and dismemberment of more American troops. ( http://www.altpr.org/print.php?sid=535 )

      page 147 : «  »Nous ne sommes rien, strictement rien, si nous oublions les textes fondateurs, si nous oublions les pionniers«  ».

      Un tel retournement des valeurs, une telle imposture, c’est à la limite de l’injure. C’est pourtant le tour de force qu’ils sont en passe de réaliser, meme si on nous explique dans tous les médias depuis des années que c’est bien connu : Bush est fragilisé. Bush sera fragilisé le jour où il sera jugé pour haute trahison. En attendant, il continue à faire ce pour quoi il a été porté au pouvoir.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 juillet 2007 03:35

      Bonjour,

      Vous avez raison sur le caractère d’imposture qui est à la racine de la politique de l’administration Bush sur tous les sujets et qui l’obligent à des mensonges et contorsions de plus en plus manifestes pour l’opinion publique. L’administration Bush a trahi la Constitution au nom de la Constitution, et cela est aujourd’hui si éclatant que cela se retourne en boomerang contre les autorités qui sont à l’origine de cette forfaiture connue de toutes et tous.

      En résumé, trop de mensonges finit par tuer les mensonges et les fait se retourner contre leurs auteurs (cf : guerre en Irak, mise au pas des services de sécurité, record de production d’opium en Afghanistan, et opposition croissante de l’opinion publique nationale et...internationale !

      Quant aux lois « Patriot », elles se retrouvent sans cesse « bloquées » par les scandales et décisions judiciaires qui s’appuient justement sur la Constitution.

      Tous ces processus sont à suivre dans les mois qui viennent...

      Bien cordialement vôtre,


  • ExSam 15 juillet 2007 21:52

    Très bon article qui pointe le doigt sur une dérive autoritaire manifeste dont les lois Patriot Act I et II sont un résultat tragique en termes de libertés.

    Tout n’est pas fini. L’opposition citoyenne se lève. Ce qui va s’amplifier au vu des sondages de popularité de la Busherie.

    Un exemple à suivre pour les anglicistes, et à choper dès trad en gaulois, il me semble (copié-collé de la prez sur Mondialisation.ca) :

    L’Irak à vendre

    Les profiteurs de guerre) est un documentaire de 75 minutes qui sera à l’affiche à compter du 8 septembre et qui sera disponible en format DVD le 26 septembre.

    Le film est l’oeuvre de Robert Greenwald qui a traitait au cours des dernières années de sujets comme l’empire Wal-Mart, de l’emprise de Rupert Murdoch sur la presse occidentale, et du scandale Enron.

    Cette fois, il s’en prend aux entreprises qui réalisent des profits excessifs en Irak, soit pour la sécurité ou encore la « reconstruction ». Par exemple, Donna Zovko, mère de l’un des quatre agents de Blackwater tués par les insurgés en 2004 accuse l’entreprise d’avoir négligé de fournir du matériel adéquat à son fils et ses compagnons.

    Greenwald explore aussi les dossiers de Halliburton KBR qui offre des services d’approvisionnement et de construction, et ceux des sociétés CACI et L3 TITAN qui fournissaient des traducteurs, interprètes et « interrogateurs » à la prison de Abu Ghraib.

    Le film réalisé à la Michael Moore promet de faire beaucoup de bruit, mais une de ses particularités est qu’il a est entièrement financé et produit grâce à des dons de plus de 3 000 personnes recueillis principalement grâce à Internet.

    Robert Greenwald a ainsi réussi à contourner toute la structure des grands producteurs et des chaînes de télévision.

    De plus, le site Web du film comporte une section transactionnelle permettant d’acheter le DVD pour la somme de 12,95 $ US, ou encore 5 copies pour 50,00 $ ou 30 pour 240,00 $ ce qui permet au producteur de ne pas avoir recours aux filières habituelles de distribution...

    Pour les petits fauchés, nul doute que Daily Motion ou autre vont le populariser...


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 juillet 2007 03:45

      Ex-Sam,

      Je salue votre commentaire et les informations qu’il contient.

      Je dirais presque, ayant lu nombre de vos commentaires sur divers sujets, que cela souligne une nouvelle fois la qualité de vos interventions.

      Le cinéma peut parfois, et Michaël Moore ou Baron Cohen en ont donné maintes preuves, devenir une source d’informations avérées qui parviennent ainsi à un large public et disent la vérité sur ce que les médias « officiels » cachent pour ne pas nuire aux relations souvent profitables entre les pouvoirs politiques et les directions desdits medias.

      Si vous me permettez : pourrais-je suggérer que lors de la sortie du film que vous annoncez pour début septembre, vous rédigiez un article développé sur ce film afin d’en expliquer tout l’intérêt pour tous les citoyens du monde ?

      Sur le « réveil » des citoyens aux Etats-Unis, je partage votre analyse. On peut même estimer très objectivement que ce mouvement profond dans la société, qui prend son essor dans divers milieux, peut bousculer bien des processus que nous avons vus.

      J’espère que d’autres rédacteurs- vous par exemple- seront intéressés à le suivre et à éventuellement apporter informations sur ce thème et commentaires pertinents, comme celui-ci.

      Bien cordialement vôtre,


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