samedi 20 juin - par roman_garev

V. Poutine : Responsabilité commune devant l’Histoire et l’avenir (Pour le 75e anniversaire de la grande Victoire)

Article publié sur le site du Kremlin mettant en garde contre les tentatives de réécrire l’Histoire, relevant le rôle de l’URSS dans la défaite du nazisme et soulignant l’importance de préserver la paix et la sécurité internationale.

Le Président russe est revenu encore une fois, documents d’archives à l’appui, sur les causes de la Seconde Guerre mondiale. Voilà son texte en integralité :

JPEG

Cela fait 75 ans que la Grande Guerre patriotique a pris fin. Plusieurs générations ont grandi depuis et la carte politique du monde a changé. L’Union soviétique, qui a remporté une victoire grandiose et fulgurante sur le nazisme, qui a sauvé le monde entier, n’est plus. D’ailleurs, les évènements mêmes de cette guerre appartiennent à un passé lointain, même pour ses participants. Mais pourquoi la Russie célèbre-t-elle le 9 mai comme sa fête principale, alors que le 22 juin, la vie semble se figer et une boule se forme dans la gorge ?

Nous avons l’habitude de dire que la guerre a laissé une profonde cicatrice dans l’histoire de chaque famille. Ces paroles ont trait aux destinées de millions de personnes, à leurs souffrances, à la douleur des pertes. Fierté, vérité et mémoire.

Pour mes parents, la guerre est synonyme des souffrances de Leningrad assiégé où est mort mon petit frère de deux ans, Victor, où maman n’est restée en vie que par miracle. Mon père, qui avait une exemption de service, est parti comme volontaire défendre sa ville, comme des millions de Soviétiques l’ont fait. Il a combattu sur la tête de pont Nevsky Pyatachok et a été grièvement blessé. Et plus ces années s’éloignent de moi, plus je ressens le besoin de parler à mes parents, de connaître les détails sur leur vie pendant la guerre. Or, il n’est plus possible de leur demander quoi que ce soit. Par conséquent, je garde comme une relique dans mon cœur mes conversations avec mon père et ma mère sur ce sujet, leurs sobres émotions.

Pour moi et ma génération, il est important que nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants comprennent les épreuves et les souffrances traversées par leurs aïeuls. Comment et pourquoi ont-ils réussi à tenir bon et à vaincre ? D’où vient leur force d’esprit de fer qui étonnait et émerveillait le monde entier ? Oui, ils défendaient leur foyer, leurs enfants, leurs proches, leur famille. Mais ils étaient unis par l’amour du pays, de la Patrie. Ce sentiment profond et personnel a trouvé son reflet intégral dans l’essence même de notre peuple pour devenir l’un des principaux dans sa lutte héroïque et pleine de sacrifices contre les nazis.

Il existe une question qui revient souvent : comment se comportera la génération actuelle, que fera-t-elle en cas de situation critique ? Je vois devant moi les jeunes médecins et infirmiers qui souvent, hier encore, étaient des étudiants, et qui aujourd’hui entrent dans « la zone rouge » pour sauver des vies. Nos militaires qui ont tenu jusqu’au bout dans la lutte contre le terrorisme international dans le Caucase du Nord et en Syrie étaient encore des jeunes gens ! De nombreux soldats de la légendaire et immortelle sixième compagnie aéroportée n’avaient que 19 ou 20 ans. Mais ils ont tous prouvé qu’ils étaient dignes de l’exploit des militaires de notre Patrie qui ont défendu cette dernière lors de la Grande Guerre patriotique.

Cela étant, je suis certain que c’est un trait de caractère des peuples de Russie : remplir son devoir sans se ménager si les circonstances l’exigent. L’abnégation, le patriotisme, l’amour du foyer, de la famille et de la Patrie, ces valeurs restent aujourd’hui encore fondamentales et décisives pour la société russe. En gros, ce sont elles qui assurent dans une grande mesure la souveraineté de notre pays.

Aujourd’hui, nous avons de nouvelles traditions introduites par le peuple, comme le Régiment immortel. C’est une marche de notre mémoire reconnaissante, d’un lien vivant de sang entre les générations. Des millions de personnes défilent dans les rues avec les photos de membres de leurs familles qui ont défendu la Patrie et écrasé le nazisme. Ce qui signifie que leur vie, leurs sacrifices et épreuves, la Victoire qu’ils nous ont transmise ne seront jamais oubliés.

Notre responsabilité face au passé et au futur est de tout faire pour empêcher la répétition d’horribles tragédies. C’est dans ce contexte que j’ai estimé de mon devoir de publier un article sur la Seconde Guerre mondiale et la Grande Guerre patriotique. J’ai plus d’une fois évoqué cette idée lors de mes conversations avec des dirigeants mondiaux et j’ai trouvé compréhension auprès d’eux. À la fin de l’année dernière, lors du sommet des dirigeants des pays de la Communauté des États indépendants (CEI), nous étions unanimes : il importe de transmettre aux générations futures l’idée que la victoire sur le nazisme a été remportée avant tout par le peuple soviétique, que dans cette lutte héroïque – au front et à l’arrière – les représentants de toutes les républiques de l’Union soviétique se tenaient coude à coude. J’avais également évoqué avec mes collègues la période compliquée qui a précédé la guerre.

Cette conversation a eu un large écho en Europe et dans le monde. Ce qui signifie que se tourner vers les leçons du passé est indispensable et pressant. Dans le même temps, il y a eu aussi beaucoup d’émotions, de complexes mal dissimulés et d’accusations bruyantes. Certains politiciens se sont empressés, comme d’habitude, de déclarer que la Russie tentait de réécrire l’Histoire. Mais n’ont pu démentir aucun fait, aucun argument avancé. Bien sûr, il est difficile et impossible de contester des documents authentiques qui, d’ailleurs, sont déposés dans des archives non seulement russes, mais également étrangères.

Par conséquent, il est nécessaire de poursuivre l’analyse des causes qui ont conduit au déclenchement de la guerre, de réfléchir à ses évènements complexes, ses drames et ses victoires, à ses leçons pour notre pays et le monde entier. Je le répèterai, il est d’une importance de principe de s’appuyer dans ce domaine uniquement sur des documents d’archives, des déclarations de témoins, en excluant toute conjecture idéologique ou politisation.

Je voudrais rappeler encore une fois une chose évidente : les causes profondes de la Seconde Guerre mondiale découlent dans une grande mesure des décisions prises à l’issue de la Première Guerre mondiale. Le traité de Versailles est devenu pour l’Allemagne un symbole de profonde injustice. De fait, il était question du pillage du pays qui devait payer aux alliés occidentaux d’énormes réparations qui minaient son économie. Le commandant en chef des forces alliées, le maréchal français Ferdinand Foch avait prophétiquement averti : « Ce n'est pas la paix, c'est un armistice de vingt ans. »

C’est l’humiliation nationale qui a formé un terrain fertile pour des états d’esprit radicaux et revanchards en Allemagne. Les nazis jonglaient habilement sur ces sentiments, élaboraient leur propagande en promettant de débarrasser l’Allemagne de « l’héritage de Versailles », de rétablir sa puissance en poussant de fait le peuple allemand vers une nouvelle guerre. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les pays occidentaux y ont contribué, directement ou indirectement, avant tout le Royaume-Uni et les États-Unis. Leurs milieux financiers et industriels investissaient activement des capitaux dans des usines et entreprises allemandes qui fabriquaient des produits à vocation militaire. Au sein de l’aristocratie et de l’establishment politique, il y avait un grand nombre de partisans de mouvement radicaux, d’extrême-droite, nationalistes qui gagnaient en force tant en Allemagne qu’en Europe.

L’« organisation du monde » selon le traité de Versailles a fait naître de nombreuses contradictions latentes et des conflits évidents qui avaient pour base des frontières arbitrairement décidées par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale pour les nouveaux pays européens. Des griefs réciproques et des litiges territoriaux ont éclaté presque tout de suite après leur apparition sur la carte, se transformant en bombes à retardement.

L’un des résultats les plus importants de la Première Guerre mondiale a été la mise en place de la Société des Nations (SDN). De grands espoirs étaient fondés sur cette organisation internationale pour garantir une paix à long terme et la sécurité collective. C’était une idée progressiste dont une matérialisation conséquente aurait pu, sans exagération, prévenir la répétition des affres d’une guerre globale.

Toutefois, la Société des Nations, qui était dominée par les pays vainqueurs, le Royaume-Uni et la France, s’est révélée inefficace et s’est noyée dans des conversations creuses. Ni la Société des Nations, ni l’ensemble du continent européen n’ont entendu les appels répétés de l’Union soviétique à former un système de sécurité collective sur un pied d’égalité. Notamment, de signer les pactes Est-européen et Pacifique qui auraient pu dresser une barrière devant l’agression. Or, ces propositions ont été ignorées.

La Société des Nations n’a pas réussi à prévenir non plus les conflits dans différentes régions du monde, tels que l’attaque de l’Italie contre l’Éthiopie, la guerre en Espagne, l’agression de la Chine par le Japon, l’annexion de l’Autriche. Pour ce qui est des accords de Munich qui ont été signés, outre Hitler et Mussolini, par des représentants de la France et du Royaume-Uni, c’est avec l’aval de la Société des Nations qu’a eu lieu le démantèlement de la Tchécoslovaquie. Je voudrais noter dans ce contexte qu’à la différence de nombreux dirigeants européens de l’époque, Staline ne s’est pas entaché par une rencontre personnelle avec Hitler qui était considéré alors dans les milieux occidentaux comme un politicien respectable et qui était le bienvenu dans les capitales européennes.

En commun avec l’Allemagne, la Pologne a participé au démantèlement de la Tchécoslovaquie. Elles ont décidé d’avance et ensemble qui profitera des terres tchécoslovaques. Le 20 septembre 1938, l’ambassadeur de Pologne en Allemagne, Józef Lipski, a informé le ministre polonais des Affaires étrangères, Józef Beck, des promesses d’Hitler : « Si un conflit vient à éclater entre la Pologne et la Tchécoslovaquie à cause des intérêts polonais à Cieszyn, le Reich prendra notre parti [polonais] ». Le chef des nazis donnait même des indices et des conseils pour que les actions polonaises « ne débutent qu’après l’occupation des Sudètes par les Allemands. »

La Pologne comprenait que sans le soutien hitlérien, ses projets de conquête seraient voués à l’échec. Je citerai ici le message de l’entretien entre l’ambassadeur allemand à Varsovie, Hans-Adolf von Moltke, avec Józef Beck le 1er octobre 1938 sur les relations polono-tchèques et la position de l’URSS sur le sujet. Voici ce qui y est écrit : « M.Beck […] a exprimé sa profonde reconnaissance pour une interprétation loyale des intérêts polonais à la conférence de Munich, ainsi que pour la sincérité des relations pendant le conflit tchèque. Le gouvernement et l’opinion [polonais] se félicitent de la position du führer et du chancelier du Reich. »

Le démantèlement de la Tchécoslovaquie fut cruel et cynique. Munich renversa mêmes les fragiles garanties formelles qui restaient sur le continent, montrant que les ententes réciproques ne valaient rien. Ce sont les accords de Munich qui ont joué le rôle de détente, après quoi une grande guerre en Europe est devenue inévitable.

Aujourd’hui, les politiciens européens, avant tout les dirigeants polonais, souhaiteraient passer sous silence les accords de Munich. Pourquoi ? Non seulement parce que ces pays avaient alors trahi leurs engagements et soutenu ces accords, alors que certains ont même participé au partage du butin, mais aussi parce qu’il leur est gênant de se rappeler qu’en ces jours dramatiques de 1938, seule l’Union soviétique avait pris le parti de la Tchécoslovaquie.

Partant de ses engagements internationaux, notamment de ses accords avec la France et la Tchécoslovaquie, l’Union soviétique a tenté de prévenir le drame. Quant à la Pologne, qui suivait ses intérêts, elle empêchait de toutes ses forces la mise en place d’un système de sécurité collective en Europe. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Józef Beck, a écrit le 19 septembre 1938 à l’ambassadeur Lipski avant sa rencontre avec Hitler : « Dans le courant de l’année dernière, le gouvernement polonais a rejeté à quatre reprises la proposition de se joindre à l’ingérence internationale pour la défense de la Tchécoslovaquie. »

Le Royaume-Uni ainsi que la France qui était alors le principal allié des Tchèques et des Slovaques, ont préféré renoncer à leurs garanties et abandonner ce pays est-européen. Et non seulement de l’abandonner, mais aussi de diriger les ambitions des nazis vers l’est dans l’espoir que l’Allemagne et l’Union soviétique entrent en collision et se saignent mutuellement à blanc.

C'était la politique occidentale de « pacification ». Non seulement par rapport au Troisième Reich, mais aussi par rapport aux autres membres du pacte anti-Komintern – l'Italie fasciste et le Japon militariste. Son point culminant dans l’Extrême-Orient a été l'accord anglo-japonais de l'été 1939, qui a délié les mains à Tokyo en Chine. Les principales puissances européennes ne voulaient pas reconnaître le danger mortel que présentaient pour le monde entier l'Allemagne et ses alliés, espérant que la guerre les éviterait.

Les accords de Munich ont montré à l'Union soviétique que les pays occidentaux règleraient les problèmes de la sécurité sans prendre en compte ses intérêts et pourraient, l’occasion se présentant, former un front antisoviétique.

Mais l'Union soviétique a tenté jusqu’au bout de saisir toutes les chances pour créer une coalition anti-hitlérienne, je le répète, malgré le deux poids deux mesures des pays occidentaux. Ainsi, les dirigeants soviétiques étaient informés par leurs services de renseignement des contacts anglo-allemands en coulisses à l’été 1939. J'attire votre attention sur le fait qu'ils avaient été très intenses et étaient menés presque parallèlement aux négociations tripartites entre les représentants de la France, du Royaume-Uni et de l'URSS, que les partenaires occidentaux faisaient délibérément traîner en longueur. Je citerai ici un document tiré des archives britanniques : il s'agit d'une instruction de la mission militaire britannique arrivée à Moscou en août 1939. Elle indique clairement que la délégation doit « négocier très lentement », que « le gouvernement du Royaume-Uni n'est pas prêt à prendre des engagements détaillés pouvant limiter notre liberté d'action dans quelques circonstances que ce soit. » Je noterai également qu’à la différence des Britanniques et des Français, la délégation soviétique était conduite par des dirigeants supérieurs de l'Armée rouge qui étaient dotés des pouvoirs nécessaires pour « signer une convention militaire sur l'organisation de la défense militaire du Royaume-Uni, de la France et de l'URSS contre une agression en Europe. »

La Pologne, qui ne voulait d’aucun engagement vis-à-vis de la partie soviétique, a joué son rôle dans l'échec des négociations. Même sous la pression des alliés occidentaux, les dirigeants polonais refusaient toute action commune avec l'Armée rouge pour faire face à la Wehrmacht. Ce n'est qu’avec la nouvelle de l'arrivée de Ribbentrop à Moscou que Josef Beck, à contrecœur et indirectement, par le biais de diplomates français, a informé la partie soviétique : « En cas d'actions conjointes contre une agression allemande, la coopération entre la Pologne et l'URSS n’est pas exclue dans des conditions techniques qui restent à déterminer. »

Dans le même temps, il a expliqué à ses collègues : « Je ne suis pas contre cette formulation uniquement pour faciliter la tactique, mais notre avis de principe concernant l'URSS est définitif et reste inchangé. »

Dans cette situation, l'Union soviétique a signé le pacte de non-agression avec l'Allemagne, en étant pratiquement le dernier pays européen à le faire. Et ce, dans un contexte de danger réel d’une guerre sur deux fronts – avec l'Allemagne à l'ouest et le Japon à l'est, où des combats intenses étaient déjà en cours sur le fleuve Khalkhin Gol.

Staline et son entourage méritent de nombreuses accusations justes. Nous nous souvenons des crimes de ce régime contre son peuple et des horreurs de la répression. Je le répète, il est possible de reprocher bien des choses aux dirigeants soviétiques, mais pas l'absence de compréhension de la nature des dangers extérieurs. Ils voyaient les tentatives de laisser l'Union soviétique toute seule face à l'Allemagne et ses alliés, et ils ont agi en ayant conscience de ce danger réel pour gagner un temps précieux et renforcer la défense du pays.

Pour ce qui est du pacte de non-agression conclu, beaucoup de griefs sont formulés contre la Russie moderne. Oui, la Russie est le successeur de l'URSS et la période soviétique, avec ses triomphes et tragédies, est une partie intégrante de notre histoire millénaire. Mais je rappellerai également que l'Union soviétique a donné une évaluation juridique et morale au pacte Molotov-Ribbentrop. Une résolution du Soviet suprême du 24 décembre 1989 condamne officiellement les protocoles secrets comme un « acte de pouvoir personnel » ne reflétant nullement « la volonté du peuple soviétique qui n'est pas responsable de ce complot. »

Dans le même temps, d'autres pays préfèrent ne pas rappeler les accords signés par les nazis et les politiciens occidentaux. Sans parler d’une évaluation juridique ou politique d'une telle collaboration, notamment de l'accord tacite de certaines personnalités européennes avec les plans barbares des nazis, jusqu'à leur encouragement direct. Que vaut à elle seule la phrase cynique de l'ambassadeur de Pologne en Allemagne, Lipski, prononcée lors d’un entretien avec Hitler le 20 septembre 1938 : « Pour la solution de la question juive, nous [les Polonais] lui érigerons […] un magnifique monument à Varsovie. »

Nous ne savons pas non plus s'il y a eu des « protocoles secrets » et des annexes aux accords de certains pays avec les nazis. Il ne nous reste qu’à les croire « sur parole. » Ainsi, les documents sur les négociations anglo-allemandes secrètes restent toujours classés. Dans ce contexte, nous exhortons tous les pays à intensifier l'ouverture de leurs archives, à publier des documents jusque-là inconnus de l’avant-guerre et de la guerre, comme le fait la Russie ces dernières années. Nous sommes prêts à une large coopération dans ce domaine, à des projets de recherche conjoints d’historiens.

Mais revenons aux évènements qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale. Il était naïf de croire qu'après avoir démantelé la Tchécoslovaquie, Hitler n’avancerait pas de nouvelles revendications territoriales. Cette fois-ci à son récent complice dans le démembrement de la Tchécoslovaquie, la Pologne. Le prétexte était d’ailleurs, ici aussi, l'héritage de Versailles, la situation du couloir de Dantzig. La tragédie vécue ensuite par la Pologne est entièrement sur la conscience des dirigeants polonais de l'époque qui ont empêché la signature d’une alliance militaire anglo-franco-soviétique et compté sur l'aide de partenaires occidentaux en plaçant leur peuple sous le rouleau compresseur de la machine de destruction nazie.

L'offensive allemande s'est développée en totale conformité avec la doctrine de la Blitzkrieg. Malgré une résistance acharnée et héroïque de l'armée polonaise, les troupes allemandes étaient à la périphérie de Varsovie une semaine après le début de la guerre, le 8 septembre 1939. Tandis que l'élite militaire et politique de la Pologne avait, au 17 septembre, fui en Roumanie, trahissant son peuple qui a continué à lutter contre les envahisseurs.

Les alliés occidentaux n'ont pas justifié les espoirs polonais. Après la déclaration de guerre à l'Allemagne, les troupes françaises n'ont avancé que de quelques dizaines de kilomètres en profondeur sur le territoire allemand. Ce qui ne ressemblait qu’à une démonstration d'action. Qui plus est, le Conseil suprême interallié, réuni pour la première fois le 12 septembre 1939 à Abbeville, en France, décida d’arrêter l'offensive en raison de développements rapides en Pologne. C’était la fameuse « drôle de guerre. » Il s'agit en fait d'une trahison directe par la France et le Royaume-Uni de leurs obligations envers la Pologne.

Plus tard, lors du procès de Nuremberg, les généraux allemands ont expliqué leur succès rapide à l'est et l'ancien chef de l'état-major de la conduite des opérations militaires au Haut commandement de la Wehrmacht, le général Alfred Jodl a admis : « Si nous n'avons pas essuyé de défaite en 1939, c'est uniquement parce qu'environ 110 divisions françaises et britanniques, stationnées pendant notre guerre avec la Pologne à l'ouest et faisant face à 23 divisions allemandes étaient restées complètement inactives. »

J’ai demandé de trouver dans les archives tous les documents relatifs aux contacts entre l'URSS et l'Allemagne pendant les jours dramatiques d'août et septembre 1939. Selon les documents, la clause 2 du protocole secret au traité de non-agression entre l'Allemagne et l'URSS du 23 août 1939 établit qu'en cas de réorganisation territoriale et politique de régions faisant partie de la Pologne, la frontière des domaines d'intérêts des deux pays doit « passer à peu près le long des rivières Narew, Vistule et Sana. »

En d'autres termes, la zone d'influence soviétique comprenait non seulement les territoires habités principalement par les populations ukrainienne et biélorusse, mais aussi les terres historiques polonaises entre le Boug et la Vistule. Ce fait n’est pas connu de tout le monde aujourd’hui.

Tout comme le fait qu'immédiatement après l'attaque de la Pologne dans les premiers jours de septembre 1939, Berlin avait appelé Moscou de manière insistante et à plusieurs reprises à se joindre aux opérations militaires. Toutefois, les dirigeants soviétiques avaient ignoré ces appels et n'avaient pas l’intention de s'impliquer dans des évènements à tournure dramatique jusqu'au bout.

Le 17 octobre 1939, le vice-ministre britannique des Affaires étrangères, R. Butler, a indiqué : « Les cercles gouvernementaux britanniques estiment qu'il ne peut être question de restituer l'Ukraine et la Biélorussie occidentales à la Pologne. S’il était possible de créer une Pologne ethnographique de taille modeste avec garantie non seulement de l'URSS et de l'Allemagne, mais aussi du Royaume-Uni et de la France, le gouvernement britannique serait entièrement satisfait. » Le 27 octobre 1939, le conseiller de Neville Chamberlain, Horace Wilson, a déclaré : « La Pologne doit […] être restaurée en tant qu’État indépendant sur sa base ethnographique, mais sans l'Ukraine et la Biélorussie occidentales. »

Il faut préciser que ces conversations avaient servi à sonder le terrain pour l’amélioration des relations soviéto-britanniques. Ces contacts ont dans une grande mesure jeté les bases de la future alliance et de la coalition anti-hitlérienne. Parmi les politiciens responsables et clairvoyants, il faut citer Churchill qui, malgré son antipathie notoire vis-à-vis de l'URSS, avait déjà préconisé la coopération avec elle. En mai 1939, il a déclaré à la Chambre des communes : « Nous nous retrouverons en danger de mort si nous ne réussissons pas à mettre en place une grande alliance contre l'agression. Il serait très stupide de rejeter la coopération naturelle avec la Russie soviétique. » Après le début des hostilités en Europe – lors d'une réunion avec Ivan Maïski le 6 octobre 1939 – il a confidentiellement dit : « Il n'existe pas de sérieuses contradictions entre le Royaume-Uni et l'URSS, il n’existe par conséquent pas de raison pour des relations tendues et insatisfaisantes. Le gouvernement britannique […] voudrait développer […] des relations commerciales. Il est prêt également à discuter de toutes sortes d'autres mesures qui pourraient contribuer à améliorer les relations. »

La Seconde Guerre mondiale n’a pas éclaté du jour au lendemain, elle n'a pas commencé subitement, d'un coup. L'agression allemande contre la Pologne n'a pas été soudaine non plus. C'était le résultat de nombreux facteurs et tendances de la politique mondiale de l’époque. Tous les événements d'avant-guerre ont formé les maillons d’une chaîne fatidique. Mais ce qui a surtout prédéterminé la plus grande tragédie de l'histoire de l'humanité, c’est l'égoïsme d'État, la lâcheté, la complaisance envers un agresseur qui devenait de plus en plus fort, le manque de détermination des élites politiques à chercher un compromis.

Il est par conséquent injuste de dire que la visite de deux jours à Moscou du ministre nazi des Affaires étrangères Ribbentrop était la principale raison qui a déclenché la Seconde Guerre mondiale. Tous les pays principaux portent leur part plus ou moins grande de responsabilité pour son éclatement. Chacun a commis des erreurs irréparables, estimant avec arrogance qu'il est possible de se jouer des autres, d'obtenir des avantages unilatéraux ou de rester à l'écart du malheur mondial imminent. Et cette myopie, ce refus de créer un système de sécurité collective a coûté des millions de vies, des pertes colossales.

Je l'écris sans la moindre intention de tenir le rôle de juge, de blâmer ou de justifier quelqu'un et d’autant moins d'initier un nouveau tour de confrontation internationale de l'information sur l’échiquier historique, confrontation qui pourrait faire entrer en collision des États et des peuples. J’estime que c’est la science académique, avec une large représentation de scientifiques de renom de différents pays, qui doit chercher des évaluations équilibrées des évènements passés. Nous avons tous besoin de vérité et d'objectivité. Pour ma part, j'ai appelé et j’appelle toujours mes collègues à un dialogue calme, ouvert et confiant, à une opinion autocritique et impartiale de notre passé commun. Une telle approche permettra de ne pas répéter les erreurs commises à l’époque et de garantir un développement pacifique et prospère pour les années à venir.

Cependant, nombre de nos partenaires ne sont pas encore prêts à travailler ensemble. Au contraire, poursuivant leurs objectifs, ils augmentent le nombre et l'ampleur des attaques d'information contre notre pays, ils veulent nous obliger à nous justifier, à éprouver de la culpabilité et adoptent des déclarations politisées hypocrites. Ainsi, la résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe a ouvertement accusé l'URSS, à côté de l'Allemagne nazie, d'avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale. Il est évident que les accords de Munich n’y sont pas mentionnés.

J’estime que ce « papier » – car je ne peux pas qualifier cette résolution de document – qui misent sur le scandale recèlent des menaces réelles et dangereuses. En effet, il a été adopté par une structure très respectée. Mais qu'a-t-il montré ? Aussi triste que cela puisse être, une politique délibérée visant à détruire l'ordre mondial d'après-guerre dont la création a été une affaire d'honneur et de responsabilité des pays dont plusieurs représentants ont voté aujourd'hui pour cette déclaration mensongère. En levant ainsi la main sur les conclusions du tribunal de Nuremberg, les efforts de la communauté mondiale qui a créé des institutions internationales universelles après la victoire de 1945. Je rappelle dans ce contexte que le processus d'intégration européenne qui a permis de mettre en place les structures appropriées, y compris le Parlement européen, n'est devenu possible que grâce aux leçons tirées du passé, à des évaluations juridiques et politiques claires et nettes. Et ceux qui remettent sciemment en doute ce consensus détruisent les fondations de l'Europe d'après-guerre.

Outre la menace pour les principes fondamentaux de l'ordre mondial, il y a aussi le coté moral. La moquerie et l’outrage à la mémoire, c’est une infamie. L’infamie peut être intentionnelle, hypocrite et pleinement consciente, lorsque les déclarations concernant le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale [en Europe] citent tous les membres de la coalition anti-hitlérienne, excepté l'URSS. L’infamie peut être lâche lorsque des monuments érigés en l'honneur de combattants contre le nazisme sont détruits et que ces actions honteuses sont justifiées par des slogans mensongers de lutte contre une idéologie indésirable et une soi-disant occupation. L’infamie peut être sanglante lorsque ceux qui s'opposent aux néonazis et aux successeurs de Bandera sont tués et brûlés. Je le répète, l’infamie se manifeste de manières différentes, mais n’en est pas moins répugnante.

Oublier les leçons de l'histoire revient toujours à payer cher. Nous défendrons fermement la vérité basée sur des faits historiques documentés, nous continuerons de parler honnêtement et impartialement des évènements de la Seconde Guerre mondiale. Cet objectif est notamment visé par le vaste projet visant à créer en Russie la plus grande collection de documents d'archives, de films et de photos sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et l'avant-guerre.

Ce travail est déjà en cours. De nombreux nouveaux documents retrouvés et déclassifiés m’ont d’ailleurs aidé à préparer cet article. Dans ce contexte, je peux déclarer en toute responsabilité qu’il n’existe pas de documents d’archives confirmant l’hypothèse sur l’intention de l’URSS d’entamer une guerre préventive contre l’Allemagne. Oui, les dirigeants militaires soviétiques s’en tenaient à la doctrine selon laquelle en cas d'agression, l'Armée rouge repousserait rapidement l'ennemi, passerait à l'offensive et poursuivrait la guerre en territoire ennemi. Cependant, de tels plans stratégiques ne signifiaient nullement l'intention d'attaquer l'Allemagne en premier.

Bien sûr, les historiens ont aujourd’hui à leur disposition des documents de planification militaire, des directives des QG soviétique et allemand. Nous connaissons enfin le développement des évènements en réalité. Du haut de ces connaissances, nombreux sont ceux qui raisonnent sur les actions, les méprises, les erreurs de calcul des dirigeants politico-militaires du pays. Je dirai une chose : dans l’énorme flux de désinformation de toute sorte, les dirigeants soviétiques disposaient d’informations réelles sur la future agression nazie. Et dans les mois qui ont précédé la guerre, ils ont pris des mesures visant à accroître la préparation au combat du pays, y compris un appel dissimulé d'une partie des militaires tenus au service en vue de la formation, ainsi que le redéploiement des unités aux frontières occidentales depuis les régions militaires intérieures.

La guerre n'a pas été imprévue, on s’y attendait, on s’y préparait. Mais la frappe nazie fut sans précédent dans l'Histoire par son pouvoir destructeur. Le 22 juin 1941, l'Union soviétique fit face à l'armée la plus puissante, la mieux mobilisée et formée du monde, desservie par le potentiel industriel, économique et militaire de presque toute l'Europe. Cette invasion meurtrière engagea non seulement la Wehrmacht, mais aussi les satellites de l’Allemagne, les contingents militaires de nombreux autres États du continent européen.

Les graves défaites militaires de 1941 ont placé le pays au bord de la catastrophe. La capacité au combat et la possibilité de manœuvre ont dû être restaurées par des méthodes extraordinaires, une mobilisation générale et l'effort de toutes les forces de l'État et du peuple. Dès l'été 1941, sous le feu ennemi, le pays entama l'évacuation de millions de personnes, de centaines d'usines et d'entreprises dans l’est du pays. C’est dans de très brefs délais qu’il fut possible de lancer la production d'armes et de munitions qui étaient acheminées sur le front dès le premier hiver de la guerre, tandis qu’en 1943, la production militaire de l'Allemagne et de ses alliés a été dépassée. En l’espace d’un an et demi, le peuple soviétique a accompli ce qui semblait impossible, tant au front qu’à l'arrière. Aujourd’hui encore, il est difficile de réaliser, de comprendre et d'imaginer les efforts, le courage et le dévouement incroyables qui ont été exigés pour ces grandes réalisations.

La puissante machine nazie, agressive, au sang-froid et armée jusqu'aux dents, vit se soulever la force gigantesque de la société soviétique unie par l’aspiration à défendre sa terre natale, à se venger de l'ennemi qui a brisé et piétiné sa vie paisible, ses projets et ses espoirs.

Il est évident que lors de cette guerre terrible et sanglante, certains ont été envahis par la peur, la confusion, le désespoir. Il y a eu des trahisons et des désertions. Les failles générées par la révolution et la guerre civile, le nihilisme, une attitude moqueuse envers l'histoire nationale, les traditions et la foi que les bolcheviks ont tenté d’implanter, se sont fait sentir, surtout dans les premières années après leur arrivée au pouvoir. Mais l'état d’esprit général des Soviétiques et de nos compatriotes qui se sont retrouvés à l'étranger était différent : préserver, sauver notre Patrie. C'était une impulsion impétueuse. Les gens cherchaient un soutien dans les vraies valeurs patriotiques.

Les « stratèges » nazis étaient convaincus que l’immense État multinational serait facile à écraser. Ils estimaient qu’une guerre soudaine, son caractère impitoyable et ses épreuves insupportables aggraverait inévitablement les relations interethniques et le pays pourrait être démembré. Hitler déclarait sans ambages : « Notre politique à l'égard des peuples habitant les vastes étendues de la Russie doit consister à encourager toute forme de désaccord et de scission. »

Or, il est devenu évident dès les premiers jours que ce plan nazi avait échoué. La forteresse de Brest a été défendue jusqu'à la dernière goutte de sang par des soldats de plus de 30 ethnies. Tout au long de la guerre, aussi bien dans les grandes batailles décisives que dans la défense de chaque tête de pont et chaque mètre de terre natale, nous voyons des exemples d'une telle unité.

Pour les millions de personnes évacuées, la région de la Volga et l'Oural, la Sibérie et l'Extrême-Orient, les républiques d'Asie centrale et du Caucase sont devenues leur maison. Leurs habitants partageaient et donnaient tout ce qu'ils pouvaient. L'amitié des peuples, leur entraide sont devenues pour l'ennemi une véritable forteresse indestructible.

Le nazisme a été principalement défait, quoiqu’on tente de prouver aujourd’hui, par l'Union soviétique, l'Armée rouge. Par les héros qui se sont battus jusqu'au bout dans l’encerclement à Bialystok et Moguilev, Ouman et Kiev, Viazma et Kharkov. Qui sont passés à l’attaque près de Moscou et Stalingrad, Sébastopol et Odessa, Koursk et Smolensk. Qui ont libéré Varsovie, Belgrade, Vienne et Prague. Qui ont pris d'assaut Königsberg et Berlin.

Nous défendons la vérité sur la guerre, une vérité authentique, non arrangé et non lissée. La vérité populaire et humaine – dure, amère et impitoyable – qui nous a été transmise dans une grande mesure par les écrivains et poètes ayant traversé le feu et l'enfer du front. Pour ma génération, tout comme pour les autres, leurs nouvelles et romans honnêtes et profonds, leurs poèmes et « prose des lieutenants » ont marqué pour toujours l'âme, pour devenir un testament : honorer les vétérans qui ont fait tout leur possible pour la Victoire, se souvenir de ceux qui sont tombés au champ d’honneur.

Aujourd’hui encore ils choquent ces lignes, simples mais grandes de par leur fond, du poème d'Alexandre Tvardovski « Je suis tué près de Rjev », consacré aux participants à la bataille sanglante et cruelle de la Grande Guerre patriotique sur le secteur central du front soviéto-allemand. Rien qu’au cours des combats pour la ville de Rjev et le saillant de Rjev, d'octobre 1941 à mars 1943, l'Armée rouge a perdu, blessés et disparus compris, 1.342.888 personnes. C’est pour la première fois que je cite ces chiffres effrayants et tragiques, recueillis dans des archives mais encore loin d’être définitifs, rendant hommage à l'exploit de héros connus et inconnus dont, dans les années d'après-guerre, on ne parlait qu’injustement peu pour différentes raisons, voire pas du tout.

Je citerai un autre document. C’est le rapport de la commission des réparations présidée par Ivan Maïski élaboré en février 1945. La tâche de la commission était de déterminer la formule selon laquelle l'Allemagne vaincue devrait verser des indemnités aux puissances victorieuses. La commission est arrivée à la conclusion suivante : « Le nombre de jours-soldats engagés par l'Allemagne sur le front soviétique est au moins 10 fois plus important que cette même mesure sur tous les autres fronts alliés. Le front soviétique retenait également les quatre cinquièmes des chars allemands et environ les deux tiers des avions allemands. » Au total, l'URSS a représenté environ 75 % de tous les efforts militaires de la coalition anti-hitlérienne. Au cours des années de guerre, l'Armée rouge a « broyé » 626 divisions des pays de l'Axe dont 508 allemandes.

Le 28 avril 1942, Roosevelt a déclaré dans son discours à la nation américaine : « Les troupes russes ont détruit et continuent de détruire plus de sources humaines, d'avions, de chars et de canons de notre ennemi commun que toutes les autres nations unies réunies. » Churchill a écrit dans un message adressé à Staline le 27 septembre 1944 que c’était « l'armée russe qui avait fait sortir les tripes de la machine militaire allemande. »

Cette évaluation a trouvé écho dans le monde entier. Parce que ces mots résument cette grande vérité que personne ne remettait alors en question. Presque 27 millions de Soviétiques ont péri sur les fronts et en captivité chez les Allemands, sont morts de faim et sous les bombardements, dans les ghettos et les fours des camps d'extermination nazis. L'URSS a perdu un citoyen sur sept, le Royaume-Uni un sur 127 et les États-Unis un sur 320. Malheureusement, ce nombre de pertes lourdes et irréparables de l'Union soviétique n'est pas définitif. Il faut poursuivre le minutieux travail pour rétablir les noms et les destinées de tous les morts : soldats de l'Armée rouge, partisans, clandestins, prisonniers de guerre et prisonniers de camps de concentration, ainsi que civils tués par des fusilleurs. C'est notre devoir. Et un rôle particulier incombe aux participants au mouvement de recherches, aux associations militaires patriotiques et bénévoles, à des projets comme la base de données électroniques Mémoire du peuple basée sur des documents d'archives. Et, bien entendu, une étroite coopération internationale est requise pour cette tâche humanitaire.

La victoire a été obtenue par les efforts de tous les pays et peuples qui ont combattu l’ennemi commun. L'armée britannique a défendu sa patrie contre l'invasion, a combattu les nazis et leurs satellites en Méditerranée et en Afrique du Nord. Les troupes américaines et britanniques ont libéré l'Italie, ouvert le Second front. Les États-Unis ont porté des coups puissants et foudroyants à l'agresseur dans le Pacifique. Nous nous souvenons des énormes sacrifices du peuple chinois et de son grand rôle dans la défaite des militaristes japonais. Nous n’oublierons pas les membres de la France combattante qui n'ont pas reconnu la capitulation honteuse et ont poursuivi la lutte contre les nazis.

Nous serons également toujours reconnaissants pour l'aide accordée par les Alliés qui ont fourni à l'Armée rouge des munitions, des matières premières, des vivres et des matériels. Ce fut une aide importante : environ sept pour cent de la production militaire totale de l'Union soviétique.

Le noyau de la coalition anti-hitlérienne a commencé à se former immédiatement après l'attaque contre l'Union soviétique, quand les États-Unis et le Royaume-Uni l’ont inconditionnellement soutenue dans sa lutte contre l'Allemagne nazie. Lors de la Conférence de Téhéran de 1943, Staline, Roosevelt et Churchill ont mis en place une alliance de grandes puissances et ont convenu d’élaborer une diplomatie de coalition, une stratégie commune dans la lutte contre la menace mortelle commune. Les dirigeants des Trois grands comprenaient clairement que l’union des potentiels industriels, militaires et des ressources de l'URSS, des États-Unis et du Royaume-Uni créerait une supériorité incontestable sur l'ennemi.

L'Union soviétique a intégralement rempli ses obligations devant les Alliés et leur a toujours tendu la main. Ainsi, par son opération Bagration en Biélorussie, l'Armée rouge a soutenu le débarquement des troupes anglo-américaines en Normandie. En janvier 1945, arrivant sur l'Oder, nos soldats ont supprimé la dernière puissante offensive de la Wehrmacht sur le front occidental, dans les Ardennes. Trois mois après la victoire sur l'Allemagne, l'URSS, en conformité avec les accords de Yalta, a déclaré la guerre au Japon et a privé l’armée du Guandong d’un million d’hommes.

En juillet 1941, les dirigeants soviétiques ont déclaré que « le but de la guerre contre les oppresseurs fascistes était non seulement d'éliminer le danger planant sur le pays, mais également d'aider tous les peuples d'Europe gémissant sous le joug du fascisme allemand. » Mi-1944, l'ennemi était expulsé de la quasi-totalité du territoire soviétique. Mais il fallait l’achever jusque dans sa tanière. Et l'Armée rouge a entamé une mission de libération en Europe, sauvé des peuples entiers du massacre et de l'esclavage, de l'horreur de l'Holocauste. Sauvé au prix de centaines de milliers de vies de soldats soviétiques.

Il ne faut pas oublier non plus l'énorme aide matérielle que l'URSS a fourni aux pays libérés pour écarter la menace de la faim, relever l'économie et les infrastructures. Alors que, sur des milliers de kilomètres de Brest à Moscou et à la Volga, tout n’était que cendres. Ainsi, en mai 1945, le gouvernement autrichien a demandé à l'URSS de lui fournir une aide alimentaire, car « il ne savait pas comment nourrir sa population les sept prochaines semaines, jusqu'à la nouvelle récolte. » L’accord des dirigeants soviétiques pour envoyer de la nourriture a été qualifié par le chancelier d'État du gouvernement provisoire de la république d’Autriche, Karl Renner, d’« acte de sauvetage » que « les Autrichiens n'oublieront jamais. »

Les Alliés ont créé conjointement le Tribunal militaire international pour punir les criminels politiques et de guerre nazis. Ses décisions donnent des qualifications juridiques claires aux crimes contre l'humanité comme le génocide, le nettoyage ethnique et religieux, l'antisémitisme et la xénophobie. Le tribunal de Nuremberg a condamné directement et sans équivoque les complices nazis, les collaborateurs de tout poil.

Ce phénomène honteux a été constaté dans tous les pays d’Europe. Des « personnalités » comme Pétain, Quisling, Vlassov, Bandera, leurs hommes de main et leurs partisans, sont des traîtres et des bourreaux même s’ils revêtaient des vêtements de combattants pour l'indépendance nationale ou la libération contre le communisme. Dans l'inhumanité, ils dépassaient souvent leurs maîtres. Cherchant à gagner la faveur, ils s’empressaient de réaliser, dans le cadre d’expéditions punitives, les tâches les plus immondes. C’est à leurs mains ensanglantées qu’appartiennent l'exécution du Babi Yar, le massacre de Volhynie, la réduction en cendre de Khatyn, les actions d'extermination des Juifs en Lituanie et Lettonie.

Et aujourd'hui, notre position reste inchangée : rien ne peut justifier les actes criminels des complices nazis, ils sont sans délai de prescription. Cela étant, il est déconcertant de voir dans certains pays que ceux qui se sont salis en collaborant avec les nazis sont considérés comme des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Je considère inadmissible de mettre sur le même plan les libérateurs et les occupants. J’estime que présenter les complices nazis comme des héros ne peut être vu que comme une trahison de la mémoire de nos pères et grands-pères. Une trahison des idéaux qui ont uni les peuples dans la lutte contre le nazisme.

Les dirigeants de l'URSS, des États-Unis et du Royaume-Uni avaient devant eux une tâche historique sans exagération. Staline, Roosevelt et Churchill représentaient des pays à idéologies, aspirations étatiques, intérêts et cultures différents, mais ont manifesté une grande volonté politique pour se placer au-dessus des contradictions et des préjugés et avancer les véritables intérêts du monde au premier plan. En conséquence, ils ont pu parvenir à un accord et arriver à une décision qui a rendu gagnante toute l'humanité.

Les puissances victorieuses nous ont légué un système devenu l’essence de la quête intellectuelle et politique de plusieurs siècles. Une série de conférences – Téhéran, Yalta, San Francisco, Potsdam – a jeté les fondations de ce qui permet au monde de vivre sans guerre globale depuis 75 ans, malgré les contradictions les plus aiguës.

Le révisionnisme historique, dont nous observons actuellement les manifestations en Occident, avant tout sur le sujet de la Seconde Guerre mondiale et ses résultats, est dangereux parce qu’il déforme grossièrement et cyniquement la compréhension des principes d’un développement pacifique posés en 1945 par les conférences de Yalta et de San Francisco. Le principal résultat historique de Yalta et des autres décisions de l'époque est l'accord de mettre en place un mécanisme permettant aux grandes puissances de rester dans le cadre de la diplomatie lors de la solution des différends qui surgissent.

Le XXe siècle a apporté des conflits mondiaux totaux et globaux et, en 1945, c’est l’arme nucléaire qui est entrée en scène, une arme capable de détruire physiquement la Terre. En d'autres termes, le règlement des litiges par la force est devenu extrêmement dangereux. Et les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale le comprenaient. Ils comprenaient et réalisaient leur responsabilité face à l'humanité.

La triste expérience de la Société des Nations a été prise en compte en 1945. La structure du Conseil de sécurité des Nations unies a été conçue de manière à rendre les garanties de paix au maximum concrètes et efficaces. Ainsi est apparue l'institution des membres permanents du Conseil de sécurité et le droit de veto comme leur privilège et responsabilité.

Qu’est-ce que le droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu ? En vérité, c’est l’unique alternative raisonnable à un affrontement direct des plus grands pays. C’est la déclaration de l'une des cinq puissances qu’une solution ou une autre est inacceptable pour elle et contredit ses intérêts et ses idées sur la juste approche. Les autres pays, même s'ils ne sont pas d'accord, acceptent cette position et renoncent aux tentatives pour matérialiser leurs aspirations unilatérales. C'est-à-dire que, d'une manière ou d'une autre, il faut chercher des compromis.

Une nouvelle confrontation mondiale a débuté presque immédiatement après la fin de la Seconde Guerre mondiale et revêtait parfois des formes acharnées. Et le fait que la guerre froide n’ait pas mué en une troisième guerre mondiale a prouvé de manière convaincante l'efficacité des accords conclus par les Trois grands. Les règles de comportement adoptées lors de la création de l'Onu ont permis par la suite de minimiser les risques et de soumettre la confrontation au contrôle.

Nous voyons actuellement que le système des Nations unies fonctionne péniblement et pas aussi efficacement qu'il le pourrait. Mais l'Onu remplit toujours sa fonction majeure. Les principes de l’activité du Conseil de sécurité sont un mécanisme unique pour prévenir une grande guerre ou un conflit mondial.

Les appels s’élevant assez souvent ces dernières années à annuler le droit de veto, à refuser aux membres permanents du Conseil de sécurité des pouvoirs spéciaux sont en fait irresponsables. Car dans ce cas, les Nations unies redeviendraient cette Société des Nations, une réunion pour des discussions creuses, dépourvue de tout levier d'influence sur les processus mondiaux. Tout le monde connaît la fin. C'est pourquoi les puissances victorieuses ont abordé la formation du nouveau système d'ordre mondial avec le plus grand sérieux afin de ne pas répéter les erreurs de leurs prédécesseurs.

La création du système moderne de relations internationales est l'un des résultats les plus importants de la Seconde Guerre mondiale. Même les contradictions les plus irréconciliables – géopolitiques, idéologiques et économiques – n'empêchent pas de trouver des formes de coexistence pacifique et d'interaction, à condition de souhait et de volonté. Aujourd'hui, le monde traverse des temps loin d’être calmes. Tout change : de la position globale des forces et de l'influence aux fondements sociaux, économiques et technologiques de la vie des sociétés, des États et de continents entiers. Au cours des époques passées, des changements d’une telle ampleur ne s’étaient presque jamais passés sans grands conflits militaires, sans lutte pour la construction d’une nouvelle hiérarchie mondiale. Grâce à la sagesse et à la prévoyance des dirigeants politiques des puissances alliées, il a été possible de créer un système qui empêche une manifestation extrême d'une telle rivalité objective, historiquement propre au développement mondial.

Notre devoir, envers tous ceux qui assument des responsabilités politiques, avant tout envers les représentants des puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale, est de garantir que ce système soit préservé et perfectionné. Aujourd'hui, tout comme en 1945, il est important de faire preuve de volonté politique et de discuter ensemble de l'avenir. Nos collègues – MM. Xi Jinping, Emmanuel Macron, Donald Trump, Boris Johnson – ont soutenu l'initiative russe de tenir une réunion des dirigeants des cinq États nucléaires membres permanents du Conseil de sécurité. Nous les en remercions et nous espérons qu'une telle réunion personnelle pourra avoir lieu dès que possible.

Comment voyons-nous l’ordre du jour du prochain sommet ? Tout d'abord, il est opportun, à notre avis, d’évoquer les étapes pour développer le principe de collectivité dans les affaires mondiales, de parler ouvertement du maintien de la paix, du renforcement de la sécurité mondiale et régionale, du contrôle des armements stratégiques, des efforts conjoints pour lutter contre le terrorisme, l'extrémisme et les autres défis et dangers d’actualité.

Un autre sujet de l’ordre du jour serait la situation de l’économie mondiale, avant tout les moyens de surmonter la crise économique provoquée par la pandémie du Covid-19. Nos pays prennent des mesures sans précédent pour protéger la santé et la vie des gens, pour soutenir les habitants s’étant retrouvés dans une situation difficile. Mais la gravité des conséquences de la pandémie, la vitesse avec laquelle l'économie mondiale surmontera la récession dépendront de notre capacité à travailler ensemble et de concert, comme de vrais partenaires. Il est d’autant plus inacceptable de faire de l'économie un instrument de pression et de confrontation. Parmi les autres sujets : la protection de l'environnement et la lutte contre le changement climatique, ainsi que la garantie de la sécurité de l'espace mondial de l’information.

L'ordre du jour proposé par la Russie pour le prochain sommet des Cinq du Conseil de sécurité est extrêmement important et d’actualité pour nos pays et le monde entier. Et nous avons des idées et des initiatives à formuler sur tous les points.

Il est certain que le sommet de la Russie, de la Chine, de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni jouera un rôle important dans la recherche de réponses communes aux défis et menaces modernes et manifestera un engagement commun à l'esprit allié, aux valeurs et idéaux humanistes pour lesquels nos pères et nos grands-pères ont lutté côte à côte.

Sur la base de la mémoire historique commune, nous pouvons et devons nous faire confiance, ce qui servira de fondement solide à des négociations fructueuses et des actions concertées en vue du renforcement de la stabilité et de la sécurité sur Terre, pour la prospérité et le bien-être de tous les États. Sans exagération, c'est notre devoir et notre responsabilité devant le monde entier, devant les générations présentes et futures.

Vladimir Poutine

Traduit en français par Sputnik France



58 réactions


  •  C BARRATIER C BARRATIER 20 juin 18:38

    Merci pour ce texte, l’objectivité en est le point essentiel, le patriotisme russe fut capital, c’est ce patriotisme qui a manqué aux Français.

    " lors du procès de Nuremberg, les généraux allemands ont expliqué leur succès rapide à l’est et l’ancien chef de l’état-major de la conduite des opérations militaires au Haut commandement de la Wehrmacht, le général Alfred Jodl a admis : « Si nous n’avons pas essuyé de défaite en 1939, c’est uniquement parce qu’environ 110 divisions françaises et britanniques, stationnées pendant notre guerre avec la Pologne à l’ouest et faisant face à 23 divisions allemandes étaient restées complètement inactives. »

    Clair ! Les pouvoirs français ont trahi. Qu’un général allemand affirme que l’Allemagne aurait perdu dès 1939 si les britanniques sur le sol de France, et les Français surtout car cela se passait en France avaient mis le paquet contre les nazis immédiatement.

    Il y a eu une véritable trahison de nos gouvernants

    Voir

    Trahison, Agoravox


  • amiaplacidus amiaplacidus 20 juin 19:23

    Depuis 1933 jusqu’à 1938, l’URSS a toujours cherché avec la GB et la France une alliance anti-nazi. Mais les discussions ont tourné court, à cause, principalement de l’opposition de Daladier pour la France et de Chamberlain pour la GB.

    Les mêmes Daladier et Chamberlain ont signé, en 1938, avec Hitler les honteux accords de Munich.

    Je suis très loin d’être un admirateur de Staline, que je prends simplement pour un dictateur sanguinaire. Mais il faut reconnaitre qu’après Munich, il n’avait pas trop le choix.
    Il fallait temporiser avec Hitler, en sachant que tôt ou tard il y aurait conflit armé entre Allemagne et URSS.
    Ce répit a permis à l’URSS de déplacer toute son industrie lourde derrière l’Oural. Ce qui a sauvé cette industrie et a permis ensuite de fabriquer les milliers de chars qui ont anéanti l’Allemagne nazie.
    Staline n’était certes pas un grand stratège (heureusement qu’il y avait Joukov) mais au moins, dans cette circonstance, il a bien réagi.

    Plutôt que de reprocher à l’URSS le traité de non agression entre Allemagne et URSS, il faudrait reprocher à la France et la GB d’avoir fait le jeu des nazis en refusant une alliance anti-nazi avec l’URSS. Ces deux pays ont préféré signer avec Hitler, ils l’ont payé très cher assez rapidement. Enfin, ceux qui l’ont payé cher, ce sont les peuples, pour les dirigeants ...


  • JPCiron JPCiron 20 juin 22:35

    Si les Russes n’avaient pas ’’tenu’’ les Allemands sur le front de l’EST, au prix de millions de morts civils et militaires, la France n’aurait sans doute jamais été libérée par nos libérateurs officiels.

    Il me semble qu’il serait équitable de citer la Russie au premier rang de ceux qui ont contribué à la Libération.

    Par ailleurs, la Russie est Européenne. Depuis longtemps.

    Sur le moyen terme, elle pourrait être un allié fiable et prévisible. 

    .


    • roman_garev 20 juin 23:00

      @JPCiron
      Merci pour votre note tout à fait juste.
      Hélas, le 8 mai dernier le Département d’État américain n’a pas non seulement cité la Russie au premier rang des libérateurs, mais ne l’a pas citée du tout comme tel, n’évoquant que les ÉU et la GB. Vous pouvez imaginer le sentiment des Russes envers cette injure blessante de la part du leader de l’Occident.
      Et à mon avis, la Russie serait plutôt Eurasienne que strictement Européenne.


    • JPCiron JPCiron 20 juin 23:15

      @roman_garev

      la Russie serait plutôt Eurasienne que strictement Européenne.>
      .
      Oui, certes.
      Mais personne n’est parfait....  smiley
      .
      La France est bien Franco-Méditerranéenne et Européenne...


    • Ouallonsnous ? 21 juin 01:23

      @JPCiron

      La France ainsi que tous les états de l’Europe sont également eurasiens, l’Europe n’étant que l’extrémité occidentale de l’Eurasie !


    • roman_garev 21 juin 08:45

      @Ouallonsnous ?
      Évidemment pas. Je serais d’accord, si on pouvait traiter « eurasiens » aussi la Chine, la Mongolie ou le Vietnam, se trouvant tous sur l’autre extrémité de l’Eurasie. Mais ce n’est pas le cas.


    • Ouallonsnous ? 21 juin 16:44

      @roman_garev

      Evidemment que si, niez vous la géographie ? La Chine, la Mongolie ou le Vietnam, se trouvant tous sur l’autre extrémité de l’Eurasie.

      Quand aux cultures, elles sont aussi diverses que les peuples qui habitent les différends pays de l’Eurasie !


    • roman_garev 21 juin 18:28

      @Ouallonsnous ?
      C’est une question de civilisation, pas de géographie formelle.
      La Chine, située sur le continent d’Eurasie, mais dans sa partie asiatique, est une civilisation asiatique, allez-vous le nier ?
      La France, située sur le même continent, mais dans sa partie européenne, est une civilisation européenne, non ? (Je ne parle pas de vos migrants récents de l’Afrique.)
      Tandis que la Russie, largement sur le continent d’Eurasie, comprend les deux parties, européenne comme asiatique. Sa civilisation est mixte (son côté asiatique étant formé par l’Orde d’Or des Tatares et des Mongols).
      Oui, je comprends que depuis la France les choses sur la Russie sont vues plus clairement que du dedans, mais pour nous c’est comme ça.


    • Dr Destouches Dr Destouches 22 juin 08:13

      @JPCiron
      Il suffisait que l’Angleterre accède aux multiples demandes de paix de l’Allemagne et la France était libérée
      Mais non,il fallait détruire l’Allemagne devenue trop forte (Churchill)
      Pour cacher ces faits,on a emprisonné Rudolf Hess ,jusqu’à sa mort
      On peut aussi dire que l’Allemagne a empéché le projet de Staline d’invasion de l’Europe ,déjà commencée en 41(Finlande,pays baltes ,Roumanie)


    • roman_garev 22 juin 18:13

      @Dr Destouches
      « On peut aussi dire que l’Allemagne a empéché le projet de Staline d’invasion de l’Europe ,déjà commencée en 41(Finlande,pays baltes ,Roumanie) ».

      Ah, cette généreuse Allemagne ! Ah, ce méchant Staline arrêté par ce joli coeur Hitler !
      Au lieu du mot « dire » il serait plus opportun d’utiliser le mot « insinuer » (ou, plus exactement, « calomnier »). Sans oublier d’ajouter « highly likely », comme dans l’affaire du chat des Scripals en Angleterre de la part de vos collègues.


    • JC_Lavau JC_Lavau 22 juin 19:29

      @roman_garev. Zalataïa Gorda : la Horde d’or en français.
      La mutation H <==> G est fréquente dans les transcriptions. Par exemple les termes nautiques importés des Pays Bas vers la Russie par Pierre le Grand traduisent le h par un g.

      Horde est un mot français régulier, voire courant.


    • roman_garev 22 juin 19:56

      @JC_Lavau
      J’avoue d’avoir omis la lettre « H » au début, mais j’ai cette excuse qu’en russe c’est bel et bien « Orda ». Pas « Gorda » (ou avez-vous pris ça ?).


    • JC_Lavau JC_Lavau 22 juin 21:02

      @roman_garev. Incrédule ==> dictionnaire... Et tu as raison. Le morphème est déjà bien chargé avec Gora et Gost’.
      Impossible de questionner mes sources, certainement décédées depuis.


    • Ouallonsnous ? 23 juin 01:44

      @roman_garev

      Et pour vous les cultures ne caractérisent pas les civilisations ?
      Sinon lisez complétement ce qui est écrit !


  • vraidrapo 21 juin 06:04

    On découvre un point de vue intéressant sur la période du Traité de Munich ou du pacte germano-soviétique... dans l’ensemble, Putine donne le beau rôle à l’URSS

    Cependant, la proposition suivante, a posteriori, est assez « rafraichissante »

    ...ne reflétant nullement « la volonté du peuple soviétique qui n’est pas responsable de ce complot. »

    quand on a appris par ailleurs que Staline a fait éliminer 750,000 cadres du PCUS !


  • rita rita 21 juin 06:33

    Le traité entre Staline et Hitler ou les cocos a géométrie variable ?

     smiley


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 21 juin 09:20

    c’est un trait de caractère des peuples de Russie : remplir son devoir sans se ménager si les circonstances l’exigent. L’abnégation, le patriotisme, l’amour du foyer, de la famille et de la Patrie,

    Et n’oublions pas le petit surcroît de motivation offert par le camarade commissaire politique qui vous tire dans le dos si vous n’avancez pas assez vite... .

    « des tentatives de réécrire l’Histoire », je ne comprends pas le mot « tentative ». Tous le monde a réécrit l’Histoire à sa sauce pour se donner le beau rôle, depuis la plus haute antiquité, ça s’appel « l’Histoire officielle ».

    Ce qui semble changer aujourd’hui, c’est que la culture américaine finie d’envahir les esprits, et d’implanter son Histoire officielle dans les cerveaux des consommateurs-zombies d’Holywood/Netflix. J’ai pu constater à de nombreuses reprises que le plouc moyen a appris l’histoire au cinéma ou dans les jeux vidéos...

    L’hagiographie de la grande guerre patriotique n’échappe évidement pas au trucage historique. J’aimerai que notre auteur développe un peu sur l’attitude des soviétiques lors de l’insurrection de Varsovie, ou disserte sur le rôle des camions US du lend-lease dans l’encerclement de la VIème armée... Ou plus généralement, sur le rôle des 400 000 véhicules et 15 000 avions fournis par les Etats-unis aux soviétiques, sans parler des machines, vêtements, nourriture, matières premières etc. Des thèmes, parmi bien d’autres, soigneusement écartés des discours russes...




    • roman_garev 22 juin 20:04

      @Opposition contrôlée
      «  J’aimerai que notre auteur développe un peu sur l’attitude des soviétiques lors de l’insurrection de Varsovie, ou disserte sur le rôle des camions US du lend-lease dans l’encerclement de la VIème armée... Ou plus généralement, sur le rôle des 400 000 véhicules et 15 000 avions fournis par les Etats-unis aux soviétiques, sans parler des machines, vêtements, nourriture, matières premières etc.  »

      Pas remarqué ceci ?
      « Nous serons également toujours reconnaissants pour l’aide accordée par les Alliés qui ont fourni à l’Armée rouge des munitions, des matières premières, des vivres et des matériels. Ce fut une aide importante : environ sept pour cent de la production militaire totale de l’Union soviétique. »

      Que désirez vous de plus ? Une liste détaillée des biens payés d’ailleurs par l’or sovietique jusqu’au dernier kopeck ?


    • roman_garev 22 juin 20:12

      @Opposition contrôlée
      « J’aimerai que notre auteur développe un peu sur l’attitude des soviétiques lors de l’insurrection de Varsovie »
      Les dirigeants de cette insurrection ont été avertis par l’URSS sur l’impossibilité d’intervenir et priés d’attendre. Ceux qui ont voulu cette insurrection étaient tout à fait conscients de la situation. Que voulez-vous encore ? On étais déjà las de payer de vies de nos soldats.
      Et moi j’aimerais que vous développiez un peu sur l’anéantissement total de la population de Dresde, de Tokyo, de Hiroshima, de Nagasaki... Même en France vous avez eu droit à un peu de ces cadeaux de la part de vos libérateurs si humains. Des thèmes, parmi bien d’autres, soigneusement écartés des discours occidentaux...


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 23 juin 11:55

      @roman_garev
      Ne faite pas de moi un partisan de l’occident et encore moins de nos occupants américains.

      Je ne vais pas insisté sur Varsovie mais je réitère que c’est très emblématique d’un discours officiel qui ne veux rien lâcher. D’un point de vue politique, sans jugement moral, on trouve une rationalité à cela ; en Europe occidentale nos colonisateurs nous poussent à l’exact opposé, à savoir repentance à toutes les sauces, qui va jusqu’à encourager le vandalisme... Ils cultivent la « religion shoatique » à l’Ouest et encouragent les néo-nazis à l’Est... Par contre, si on incorpore la dimension morale, outre l’inexactitude historique, cela n’augure pas de grands changements dans les rapports entre nations : cynisme, compétition, etc. C’est le symbole que personne ne veux commencer à faire de compromis pour aller dans le vers la coopération. Une garantie de conflits à perpétuité. 
       
      Je me plais à dire que l’Histoire officielle nous enseigne qu’il y a les gentils (nous) et les méchants (eux), la réalité, c’est que tout le monde est méchant. 


    • roman_garev 23 juin 16:00

      @Opposition contrôlée
      « la réalité, c’est que tout le monde est méchant ».
      Une belle tournure pour des sadiques, des assassins, des violeurs, des nazis, des colonisateurs... Merci de continuer sans moi, je connais déjà tout sur votre façon de voir et même plus qu’il ne le fallait.


  • Dr Destouches Dr Destouches 21 juin 14:50

    Poutine ,un bon president ,mais pas un historien

    La vrai raison de l’invasion de la Pologne

    « ...Avant même le début de la seconde guerre mondiale, ce fut le sang des Allemands de Pologne qui coula en premier. Malgré la signature du pacte de non-agression germano-soviétique et le refroidissement des relations entre la Pologne et l’Union soviétique, la première n’a pas hésité à intensifier la persécution de la minorité allemande ni les campagnes de presse germanophobes. À la mi-août 1939, 76 535 Allemands de Pologne avaient déjà gagné le Reich et ce n’est certainement pas Hitler qui les y a poussés. De plus, 20 000 Allemands ont été abattus avant et pendant le déclenchement des hostilités ; 12 500 d’entre eux ont pu être identifiés individuellement.
    Cela signifie que le nombre de victimes de l’oppression polonaise est pratiquement le double du nombre total des pertes militaires allemandes de la campagne de Pologne (10 572). Ces excès ne peuvent être excusés sous prétexte qu’ils auraient été commis par des éléments incontrôlés. C’est le gouvernement polonais lui-même qui, après des années de travail ininterrompu, a suscité dans la population polonaise de telles actions. « Cette offensive contre les Allemands de Pologne était préparée, elle était orchestrée. Les Allemands n’étaient pas abattus en vertu d’une loi martiale ou de quelque autre loi, ils n’étaient accusés d’aucun acte criminel. Leur massacre était purement gratuit. C’est sans raison qu’ils étaient torturés, battus à mort et, pour la plupart d’entre eux, atrocement mutilés : il s’agissait de meurtres préventifs, commis le plus souvent par des soldats, des policiers et des gendarmes polonais, mais parfois aussi par des civils, des apprentis et des lycéens armés. »
    Quelle fut la position officielle de l’État polonais après la guerre ? »
    Udo Wallendy - Vérité pour l’Allemagne, la question des responsabilités de la seconde guerre mondiale.

    A propos du nombre, d’après l’historien Est Allemand Theodor Bierschenk en 1954 et d’après le social-démocrate journaliste Otto Heike en 1955, sur la base des documents polonais, il y aurait eu 12 857 morts identifiés dans la zone Bromberg, laissant un grand nombre de cadavres non identifiés là, et beaucoup plus de morts d’ailleurs.

    Ces massacres commis par les polonais sur les civils allemands ont été dénoncés par Hitler à maintes reprises. Puis en désespoir de cause, les massacres grandissants de jour en jour, la question du corridor qui transformait les routes allemandes en impasses ne se résolvant pas, L’Allemagne décida d’intervenir, à l’instar d’israel pour le soldat israélien Gilad Shalit avec Gaza en juin 2006, sauf que là, il ne s’agissait pas d’un unique soldat prisonnier ET en vie, mais de milliers de civils massacrés et torturés et autant à venir si personne n’intervenait.

    L’intervention de l’Allemagne pour stopper ces massacres fut saisie au vol par les gouvernements français et anglais qui n’attendaient que ce « faux pas », provoqué par la Pologne (assurée du soutient anglais en cas de guerre) pour déclarer la guerre.

    Plus de précisions sur l’article de Pat Buchanan.

    Pour l’invasion de la Russie :

    La Guerre d’extermination de Staline, 1941-1945

    Joachim Hoffmann

    Selon l’auteur, Staline s’apprêtait à lancer une vaste offensive contre l’Europe occidentale au cours de l’été ou de l’automne 1941. Seule l’invasion de l’URSS, le 22 juin 1941, par les armées allemandes contrecarra ce plan d’agression. L’auteur apporte également bon nombre de révélations sur le déroulement de cette guerre et sur la façon dont les Soviétiques l’ont conduite : les soldats de Staline furent souvent poussés au combat par l’arme de la terreur, toute reddition à l’ennemi étant passible de la peine de mort et des représailles impitoyables étant exercées contre les familles des déserteurs. Passant en revue les atrocités commises dans les deux camps, Hoffmann dévoile comment toute une série de crimes soviétiques ont été froidement attribués aux militaires allemands par la propagande de Moscou. Il nous révèle en outre, documents à l’appui, que les prisonniers allemands tombés aux mains de l’Armée rouge ont été massacrés de manière quasi systématique tout au long du conflit et cela dès le premier jour de guerre. Bien d’autres sujets sont abordés dans cet ouvrage capital.

    Les prisonniers allemands étaient systématiquement tués après souvent d’horribles tortures
    les femmes systématiquement violées par ordre de Staline et sous la propagande d’ ’Ilya Ehrenbourg
    environ 2 millions de prisonniers Allemands ne sont pas revenus !
    La guerre d’extermiation de Staline (Joachim Hoffman)

    ------------------------------------------------------------------

    l’historien spécialiste d’histoire militaire Mikhaïl Meltyukhov (dont l’un des textes a été traduit en allemand par Jürgen Graf) a apporté la preuve des intentions agressives du gouvernement de Staline dans son étude monumentale Upushchenny Shans Stalina (L’occasion perdue de Staline). Citant une pléthore de documents soviétiques,Meltukhov prouve qu’en 1940 et au cours de la première moitié de 1941 tous les projets militaires de la direction soviétique envisageaient une attaque soudaine contre les Allemands et leurs alliés et une avance rapide de l’Armée rouge à travers la Pologne, la Prusse orientale et les Balkans. Mais ces faits ne sont absolument jamais mentionnés, et encore moins discutés, dans les médias
    lire aussi « le brise glace » de Souvorov Victor

    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 21 juin 15:33

       L’Allemagne décida d’intervenir, à l’instar d’israel pour le soldat israélien Gilad Shalit avec Gaza en juin 2006

      Mein Gott...



    • roman_garev 21 juin 18:38

      @Dr Destouches
      Comme prévu pour une tirade pareille, pas un seul mot sur le septembre 1938. Il est plus commode de commencer par le 1939 ?
      Avez-vous lu ce morceau (en bas) et que pouvez-vous opposer à ces faits indéniables ?
      « En commun avec l’Allemagne, la Pologne a participé au démantèlement de la Tchécoslovaquie. Elles ont décidé d’avance et ensemble qui profitera des terres tchécoslovaques. Le 20 septembre 1938, l’ambassadeur de Pologne en Allemagne, Józef Lipski, a informé le ministre polonais des Affaires étrangères, Józef Beck, des promesses d’Hitler : « Si un conflit vient à éclater entre la Pologne et la Tchécoslovaquie à cause des intérêts polonais à Cieszyn, le Reich prendra notre parti [polonais] ». Le chef des nazis donnait même des indices et des conseils pour que les actions polonaises « ne débutent qu’après l’occupation des Sudètes par les Allemands. »

      La Pologne comprenait que sans le soutien hitlérien, ses projets de conquête seraient voués à l’échec. Je citerai ici le message de l’entretien entre l’ambassadeur allemand à Varsovie, Hans-Adolf von Moltke, avec Józef Beck le 1er octobre 1938 sur les relations polono-tchèques et la position de l’URSS sur le sujet. Voici ce qui y est écrit : « M.Beck […] a exprimé sa profonde reconnaissance pour une interprétation loyale des intérêts polonais à la conférence de Munich, ainsi que pour la sincérité des relations pendant le conflit tchèque. Le gouvernement et l’opinion [polonais] se félicitent de la position du führer et du chancelier du Reich. »

      Le démantèlement de la Tchécoslovaquie fut cruel et cynique. Munich renversa mêmes les fragiles garanties formelles qui restaient sur le continent, montrant que les ententes réciproques ne valaient rien. Ce sont les accords de Munich qui ont joué le rôle de détente, après quoi une grande guerre en Europe est devenue inévitable. »


    • CN46400 CN46400 22 juin 11:10

      @Dr Destouches
      La longueur de cette diarrhée ne repose finalement que sur un fantasme : Que l’histoire serait, pour les pro-nazis, confortable, si Staline avait validé une proposition de ses militaires pour une attaque préventive ! Sauf que Staline, qui était aussi un politique, leur a fait remarquer que la situation d’agresseur était, politiquement, interdite au « pays du socialisme »....
      Et c’est cela qui explique tous les cailloux qui remplissent vos rangers, et les accommodements, que vous délayez, avec la vérité historique !


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 22 juin 11:38

      @CN46400
      Loin de prendre la défense du « Dr Destouches » [qui prend un pseudonyme d’antisémite et un ananas comme logo, mais en même temps nous sert une petite louche de « Gilad Shalit », ce qui devrait inciter à la méfiance], tes arguments me paraissent pas concluant, notamment à cause de la « guerre d’Hiver » contre la Finlande... Autre « petit cailloux » de l’hagiographie de la grande guerre patriotique...


    • CN46400 CN46400 22 juin 12:31

      @Opposition contrôlée
      « « guerre d’Hiver » contre la Finlande... » ?
      Désolé, je ne voie pas le rapport avec « la grande Guerre Patriotique », sauf peut être avec les 900 jours du siège de Léningrad, et le fait que la défense de la ville a eu assez d’espace pour éviter la chute.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 22 juin 13:13

      @CN46400

      je ne voie pas le rapport

      C’est bien regrettable. 

      la situation d’agresseur était, politiquement, interdite au « pays du socialisme »


    • titi 22 juin 13:52

      @roman_garev

      Pour moi il faut même remonté au delà : 1917 et la Paix de Brest Litovsk qui consacre l’écrasement de la Russie par l’empire allemand, avec occupation de l’Ukraine, des Pays Baltes, de la Biélorussie.
      Faisant mieux que Napoléon.

      Les allemands n’ont pas digéré d’être privés, en 1918, de ce qui pour eux est une grande victoire.


    • roman_garev 22 juin 13:54

      @Opposition contrôlée
      On était, certes, loin des anges aux vêtements blancs immaculés. Mais ça ne change pas beaucoup dans le sujet traité...


    • CN46400 CN46400 22 juin 14:12

      nlan@Opposition contrôlée
      Merci, je comprends mieux. Début 40, Staline a posé le pb de la sécurité de Léningrad sur le tapis entre la Finlande et l’URSS. Au passage, cela prouve qu’il n’était pas endormi complètement par le pacte avec Hitler. La Finlande, soutenue en sous main par Hitler, ne voulant accepter aucun des marchandages proposé, il fallu se résigner au moyens contondants, ce qui mis en lumière quelques lacunes dans l’Armée Rouge et aussi la duplicité de Hitler...
      Mais « agresser » la Finlande est une chose, l’Allemagne, c’est autre chose. C’est un peu comme dans les année 60 lorsqu’un matin, De Gaulle avait mobilisé une escouade de gendarme pour isoler Monaco et régler un différent fiscal avec la famille Régnier....


    • titi 22 juin 14:34

      @CN46400

      200000 morts coté russe, comparés à une escouade de gendarmerie... 

      Y’a pas vous avez le sens de la mesure.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 22 juin 19:17

      @CN46400
      Certes. J’espère cependant qu’aucun Finlandais ne lira ça...


    • CN46400 CN46400 22 juin 22:01

      @Opposition contrôlée
      Ouais, parce que, d’après vous, il aurait fallu laisser les 4 ou 5 millions d’habitants de Léningrad, et leur industrie, à portée des canons nazis ?...


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 23 juin 09:38

      @CN46400
      Non, c’est la comparaison avec Monaco qui me paraît peu flatteuse pour les rudes habitants d’une nation aussi originale que la Finlande... 


    • CN46400 CN46400 23 juin 11:39

      @Opposition contrôlée
      Les exagérations (300 000morts, Monaco...etc)font toujours partie du raisonnement. Mais les finlandais ont compris, depuis longtemps, que les nazis se foutaient largement de leurs intérêts dans cette affaire !


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 23 juin 12:40

      @CN46400
      Attention, en Finlande comme dans les pays baltes ou en Ukraine, la mode est aux nazis.


  • roman_garev 22 juin 13:44

    Personne n’a noté ceci :

    « ...la résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe a ouvertement accusé l’URSS, à côté de l’Allemagne nazie, d’avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale. Il est évident que les accords de Munich n’y sont pas mentionnés.

    J’estime que ce « papier » – car je ne peux pas qualifier cette résolution de document – qui mise sur le scandale recèle des menaces réelles et dangereuses. En effet, il a été adopté par une structure très respectée. Mais qu’a-t-il montré ? Aussi triste que cela puisse être, une politique délibérée visant à détruire l’ordre mondial d’après-guerre dont la création a été une affaire d’honneur et de responsabilité des pays dont plusieurs représentants ont voté aujourd’hui pour cette déclaration mensongère. »

    Ce « papier » sordide vomi par le Parlement européen à lui seul aurait justifié cette correction de la Constitution russe qui placerait la législation de la Russie au-dessus de tout document international pareil. C’est justement ce que le peuple russe va voter dans les quelques jours qui suivent.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 22 juin 19:42

      @roman_garev

      l’URSS, à côté de l’Allemagne nazie,

      C’est connu depuis Hannah Arendt, qui nous raconte que le totalitarisme, c’est Hitler et Staline... Rien à voir avec nous bien sûr... Le capitalisme est hors de toutes suspicions... 

       C’est justement ce que le peuple russe va voter dans les quelques jours qui suivent.

      Comme je disais, rien à voir avec l’époque présente.

    • roman_garev 22 juin 20:21

      @Opposition contrôlée
      « Comme je disais, rien à voir avec l’époque présente. »
      Si, c’est fin 2019 que le Parlement européen a craché ce mensonge exemplaire. 


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 22 juin 22:52

      @roman_garev
      Comment dit-on « second degré » en russe ?


    • roman_garev 23 juin 08:46

      @Opposition contrôlée
      Pour les Russes il y a des thèmes où votre « second dégré » est inadmissible. Mais je doute que vous puissiez le comprendre.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 23 juin 14:52

      @roman_garev
      Vous n’avez pas saisi mon propos :

       C’est justement ce que le peuple russe va voter dans les quelques jours qui suivent.

      Cette formulation suggère que vous savez déjà le résultat du scrutin, on pourrait vous rétorquer « a quoi bon faire un scrutin ? », d’où le coté humoristique.

      D’autre part, je répète que l’UE ne fait qu’institutionnaliser la vision généralement en vigueur en occident, qui provient d’Hannah Arendt (et surement de la CIA aussi) et son « Système totalitaire » rédigé en 1951.

      Quant à ma capacité à comprendre les russes, dissipons quelques doutes.

      Une branche de ma famille étaient des « allemands de la Volga ». Une partie a été déporté vers l’Est par les soviétiques en 1941. Mon oncle y a échappé et a été enrôlé dans la Wehrmacht. Après la guerre, il s’est évadé du camp de prisonnier en Pologne ou il était interné, et s’est finalement installé en Allemagne de l’Ouest. Il a retrouvé la trace de sa mère dans les années 70, à Alma-ata, grâce à la croix-rouge. En distribuant des pots-de-vin aux fonctionnaires soviétiques, il a réussi à la faire venir en RFA...

      Quant a moi, j’ai grandi dans une ville communiste de la « banlieue rouge » parisienne, dont la bibliothèque était dotée de tous les ouvrages approuvés par le parti, directement concoctés en URSS. La section « seconde guerre mondiale » était particulièrement pléthorique. C’est surement là que j’ai développé un certain sens de l’humour : dans un ouvrage, on trouvait 40 pages de portraits des héros de Stalingrad, mais le débarquement de Normandie était expédié en une demi page... Ou cet autre ouvrage sur les affiches de propagande, ou la section URSS était sous-titrée « URSS, propagande pour la paix ». La page suivante montrait un soldat russe brandissant sa baïonnette avec le slogan « mort à l’envahisseur allemand »...


    • roman_garev 23 juin 15:12

      @Opposition contrôlée
      « Cette formulation suggère que vous savez déjà le résultat du scrutin. »
      Absurde. Je ne parlais que du fait que le scrutin (cette correction-là comprise) aura lieu justement cette semaine. Où avez-vous vu que je parlais du résultat ?

      Mais je ne m’étonne pas. Je suis déjà habitué à ce que vous attribuez aux autres les paroles qu’ils n’ont pas prononcées. Car ils ont dû certainement, selon vous, le penser. La méthode approuvée « highly likely ».


    • roman_garev 23 juin 15:16

      @Opposition contrôlée
      « D’autre part, je répète que l’UE ne fait qu’institutionnaliser la vision généralement en vigueur en occident, qui provient d’Hannah Arendt (et surement de la CIA aussi) et son « Système totalitaire » rédigé en 1951. »
      L’UE a mis presque 70 ans pour prendre finalement le parti de ce vénérable M. Arendt.
      Encore 5 ou 10 ans, et cette bonne UE (s’il existe encore) prendra décisivement le parti des MM. Hitler et Himmler...


    • roman_garev 23 juin 15:22

      @Opposition contrôlée
      Et je vois que vous évitez des questions qui vous gênent.
      Par exemple, je vous ai répondu sur « l’attitude des Russes envers l’insurrection de Varsovie ».
      Mais je ne vois toujours pas votre réponse sur l’attitude des ÉU et GB envers les centaines de milliers des civils sans armes, sans DCA, sans usines militaires transformés par les libérateurs en cendre à Dresde, à Tokyo, a Chirosima, etc.
      Et merci de comparer ces deux « attitudes »... Celle qui vous dérange tant et celle dont vous n’osez pas parler.


    • roman_garev 23 juin 15:27

      @Opposition contrôlée
      « Une branche de ma famille étaient des « allemands de la Volga ». Une partie a été déporté vers l’Est par les soviétiques en 1941. »
      Et alors ? Qu’est-ce que vous y voyez d’étrange ? Connaissez-vous le sort de tous les citoyens étatsuniens d’origine japonaise en ÉU juste après Peal-Harbor ? Le Google st disponible à vous tant qu’à moi...


    • roman_garev 23 juin 15:34

      @Opposition contrôlée
      « dans un ouvrage, on trouvait 40 pages de portraits des héros de Stalingrad, mais le débarquement de Normandie était expédié en une demi page... »
      Et c’est tout à fait juste, si on compare ces deux évènements selon leur échelle.
      Le débarquement n’a eu lieu que lorsque les Anglo-saxons se sont rendu compte que s’ils tardent encore un petit peu, l’Armée rouge libérera Paris sans leur participation.
      Et savez-vous qu’environt 10 % d’Américains d’aujourd’hui croient que dans la WW II l’armée américaine combattait contre les Russes ?
      C’est le résultat de votre propagande.


    • roman_garev 23 juin 15:43

      @Opposition contrôlée
      « Une branche de ma famille étaient des « allemands de la Volga ». Une partie a été déporté vers l’Est par les soviétiques en 1941. »
      Revenons à ce fait. Ma foi, mais justement pour cela vous devez louer Dieu chaque jour du matin au soir ! Si votre famille était déportée à l’Allemagne (p. ex., à ce Dresde malheureux dont vous faites la mine de ne rien savoir), je n’aurais jamais eu le plaisir de vous lire...


    • roman_garev 23 juin 15:47

      @roman_garev
      Petit ajout : « ...louer Dieu et surtout Staline... »


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 23 juin 18:55

      @roman_garev
      Je trouve vos réactions très drôles. surtout parce que je suis d’accord avec vous sur tous les points qui concernent les USA, que j’ai décris comme nos « occupants » et auxquels je « taille des costards » sur ce site chaque fois que possible. pour ne rien vous cacher, j’ai même confectionné des pochoirs qui me permettent d’imprimer des t-shirt avec « mort à l’Amérique » calligraphié en persan... pour vous faire plaisir, j’essayerais de faire un article sur nos « libérateurs », avec tous les détails sur Dresde, Lübeck (cas très intéressant) etc ... Je peux déjà prévoir que parmi les premiers commentaires, on va me lancer à la tête un très classique : « Oui, ben si les américains n’avaient pas été là, on parlerait allemand aujourd’hui en France », auquel je répondrai « en France ?, in Start-up nation choose France vous voulez dire ! »

      Sur la déportation de mes aïeux, également d’accord avec vous, je ne m’étonne de rien, je vous indique juste que j’ai une connaissance plus proche que vous ne pouviez deviner des événements de ce coté de l’Europe. J’ai toujours validé les propos de Soljenitsyne (de mémoire, mais c’était peut-être un autre auteur) « les allemands étaient mieux traités que nous ». Mon cher oncle, d’ailleurs, parlais peu des russes mais avait une détestation viscérale pour les polonais. Et, en ancien combattant du front de l’Est, rigolait chaque fois qu’il évoquait les soldats américains, qu’il a aussi combattu dans les derniers mois de la guerre.

      Par contre, décrire la plus grande opération militaire de l’histoire (Le débarquement) comme un fait anodin ne relève plus de l’honnêteté intellectuelle. Et mettre Staline devant Dieu... N’est pas du meilleur goût...


    • roman_garev 23 juin 23:50

      @Opposition contrôlée
      « décrire la plus grande opération militaire de l’histoire (Le débarquement) comme un fait anodin ne relève plus de l’honnêteté intellectuelle ».
      De nouveau, vous m’avez mal compris. Ou plutôt je me suis mal exprimé.
      Je ne nie pas la grandeur de cette opération en soi, vu le nombre des navires, des avions, de l’effectif. Vraiment, cela impressionne.
      Mais si on prend l’opération Overlord toute entière et on la compare avec Stalingrad dans le sens de l’effectif ennemi envoyé au tapis et, plus généralement, dans le sens de l’issue finale de la guerre, je peux constater, que, si avant Stalingrad le vaincu n’était pas encore déterminé, après Stalingrad l’issue de la guerre était préétablie. Avec ou sans le fameux Overlord (quoique dans ce dernier cas ce ne serait sûrement pas le 8 mai 1945).
      En autres termes : sans Stalingrad le IIIme Reich serait toujours là. Aucun Overlord ne serait possible.
      Tandis que sans l’Overlord la France deviendrait communiste (en 1945 ou 1946). Ce qui n’était pas admissible pour les Anglo-saxons, d’où cet Overlord...

      Et en addition, comme vous-même vous avez parlé de 40 pages sur des héros de Stalingrad : pouvez-vouz citer autant d’exemples du comportement héroique pendant l’Overlord ? Oui, il y avait un tas d’avions, mais y avait-il autant de héros parmi ces aviateurs ? Vu l’absence quasi totale de la défense contre-aérienne au front allemand d’ouest, lancer des bombes leur était guère plus difficile que sur Dresde. Il ne faisaient que leur job. De sorte que ricaner sur « 40 pages sur les héros de Stalingrad contre une demi-page sur l’embarquement en Normandie », et surtout dans le livre russe pour le peuple de la Russie qui a perdu 27 millions de vie dans cette catastrophe (contre des centaines de milliers des Anglo-saxons) ne relève pas de morale.

      Merci pour le reste. Mais je tiens à souligner que c’est bel et bien cet affreux Staline, et pas le bon Dieu qui a pris cette décision de déporter (pas de fusiller et d’envoyer au Goulag) les Allemands soviétiques vers l’Est, et pas en Allemagne.


    • roman_garev 24 juin 00:06

      @Opposition contrôlée
      Et pour en finir avec « l’attitude des Russes envers l’insurrection de Varsovie », je vous recommandrerais de vous rappeler l’attitude des Français envers le « Vélodrome de Paris pour les Juifs ». Envers leurs concitoyens, et pas leurs ennemis mortels qu’étaient en masse les Polonais pour les Russes. Il y a des méchants et des vrais méchants.


    • JC_Lavau JC_Lavau 24 juin 04:15

      @Opposition contrôlée : « la plus grande opération militaire de l’histoire (Le débarquement) ». On voit que tu n’es pas au courant de l’autre débarquement dans le Pacifique à la même date, avec autant de navires et autant de soldats : L’attaque des îles Mariannes.

      Opération Forager

      L’amiral Raymond Spruance, l’artisan de la victoire de Midway, fut désigné comme commandant en chef de la 5e Flotte et de toutes les forces du Pacifique Central et serait donc le commandant de toutes les unités impliquées dans Forager.

      La 5e Flotte, constituée d’environ 800 bâtiments, transporterait 80 000 Marines et 50 000 soldats jusqu’aux plages de débarquement.

      La Task Force 58 (TF 58) commandée par l’amiral Marc Mitscher, une force puissante de notamment 12 porte-avions transportant plus de 800 avions, accompagnés par 8 cuirassés et 80 autres bâtiment de guerre, était chargée de la protection des forces expéditionnaires. La TF 58 devait notamment s’opposer à la Force Mobile japonaise si celle-ci s’aventurait à venir renforcer les garnisons des Mariannes.

      Le vice amiral Richmond K. Turner, qui avait commandé les forces navales lors du débarquement de Guadalcanal et de Tarawa, prit la tête des Forces Expéditionnaires Jointes (Task Force 51 ou TF 51).

      La Task Force 51 était constituée de la Task Force 52 (TF 52), la Force d’Attaque du Nord chargée de l’invasion de Saipan et de Tinian et de la Task Force 53 (TF 53), la Force d’Attaque du Sud chargée de Guam.

      Outre la TF 51 dans son ensemble, Turner commanderait aussi directement la TF 52, tandis que l’amiral Connoly, qui avait commandé les forces d’invasion à Roi et Namur dans les îles Marshall commanderait la TF 53.

      ...


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 24 juin 13:05

      @JC_Lavau

      C’est pas comparable, l’opération Overlord ne se résume pas au 6 juin. Jusqu’en août, c’est 2.5 millions d’homme et 450 000 véhicules qui sont débarqués. Autant les complications infinies de la logistique dans le pacifique firent les opérations là-bas très pointues, autant l’échelle n’est pas la même.  


Réagir