lundi 5 décembre 2011 - par republicain

Vincent Peillon peut-il faire perdre François Hollande ?

Les analyses des derniers scrutins le démontrent, les enseignants ne sont plus un marché électoral captif au service du Parti socialiste. Lors des dernières présidentielles, de nombreux professeurs votèrent pour François Bayrou et même pour Nicolas Sarkozy.

Les deux candidats avaient su répondre aux attentes d’une profession désorientée. Depuis, Luc Chatel a désespéré ceux qui avaient voté Sarkozy et François Hollande a profité de l’« anti sarkosysme » des professeurs lors des primaires.

Aujourd’hui le pacte éducatif se dessine et avec lui un arrière goût de Claude ALLEGRE. Entre Hollande et les profs c’est le temps de la gueule de bois

La vérité sur la rémunération des enseignants

La vérité s’impose les enseignants sont scandaleusement sous payés en France, si cette analyse est vérifiée pour tous elle l’est plus encore dans le secondaire et le supérieur

Le dernier « Regard sur l’éducation » de l’OCDE montre que la situation s’est détériorée. Le salaire statutaire – c'est-à-dire le salaire sans les primes et les heures supplémentaires - des enseignants ayant 15 ans d'ancienneté s'établit, en moyenne en 2009, à 24 422 euros dans l'enseignement primaire, contre 28 507 dans la moyenne des pays de l'OCDE. Il est de 26 267 euros dans le premier cycle de l'enseignement secondaire alors que dans la moyenne des pays il se monte à 30 549. Les professeurs de lycée, eux, ont un salaire de 26484 euros contre 32 030 en moyenne ailleurs.

Les salaires des enseignants du primaire sont donc inférieurs de 13% à la moyenne de l’OCDE, ceux du secondaire sont eux inférieurs de 20% à cette même moyenne.

Qu’en est il du supérieur ? La diversité des situations ne permet pas une comparaison facile.

La concurrence est vive et certaines « stars « de l’enseignement supérieur cumulent plusieurs enseignements à l’étranger et en France

Nous nous contenterons de comparer la situation des enseignants du supérieur en France et dans plusieurs pays proches de la moyenne de l’OCDE pour le primaire et le secondaire.

Telle est la situation des Etats Unis, du Canada et du Japon

http://chronicle.com/stats/aaup/index.php?action=result&search=Enter+an+institution+name&state=&year=2011&category=&withRanks=1

http://nensyu-labo.com/2nd_syokugyou.htm

Aux États-Unis, la situation dépend énormément des universités. 

Instructor : $35k $65k (27 50k€) 
Assistant Professor : $50k $90k (40 70k€) 
Associate Professor : $60k $105k (45 80k€) 
Full Professor : $75k $160k (60 125k€)

Les professeurs enseignants dans les doctorats dépassent les 100 000 euros par an(8000 par mois), Ceux des premiers cycles et des collèges gagnent entre 5000 et 7000 euros par mois

Pour le Canada, Les salaires moyens annuels (2003-2004) donnent : 

Lecturer : CAD 45k 80k (27 50k€) 
Assistant Professor : CAD 50k 85k (30 52k€) 
Associate Professor : CAD 70k 100k (42 60k€) 
Full Professor : CAD 85k 125k (50 75k€) 

Pour le Japon, 
Kōshi : JPY 7.5M (65k€) 
Jokyōju : JPY 9M (75k€) 
Kyōju : JPY 11M (95k€) 

En France, 

prof de CPGE Maître de conférence ou PRAG : 21 42k€ 
Professeur de 2ème classe : 31 50k€ 
Professeur de 1ère classe : 39 62k€ 
Professeur de classe exceptionnelle : 55k€ 69k€ 

Ainsi en fin de carrière pour un maitre de conférence, un professeur de CPGE ou un prag, la rémunération est en moyenne inférieure de 25 à35% à celles pratiquées dans les pays à rémunération « moyenne ocde ».

Pour les professeurs, la rémunération correspond à celle des plus mauvaises universités américaines

A défaut de revalorisation indiciaire le gouvernement a poussé les enseignants à faire des heures supplémentaires. Cette pratique reprochée aux professeurs de CPGE se retrouve dans le reste du supérieur.

Depuis Lionel Jospin, les rémunérations indiciaires sont pratiquement les mêmes pour un enseignant de la petite section de maternelle aux premières années de l’enseignement supérieur que l’ on soit professeur des écoles, certifié, en prépa, en BTS ou Maitre de conférence à l’université.

Une telle situation est unique au monde..

Les agrégés, en BTS , en CPGE ou PRAG à l’université ont ainsi que les maîtres de conférence en fin de carrière ne gagnent que 5% de plus que leurs collègues du primaire sauf s’ils font des heures sup. http://www.education.gouv.fr/cid1058/professeur-certifie.html

En fin de carrière, en classe normale , ils gagnent 3173 euros contre 3026 euros pour un professeur des écoles hors classe . La hors classe est plus difficile à obtenir pour agrégé ou un maitre de conférence, s’ il l’obtient il gagnera alors 3700 euros nets par mois

Une différence de rémunération aussi faible est elle légitime surtout après un doctorat et (ou) un concours difficile comme l’Agrégation ?

L’heure sup n’existe pas dans le primaire et elle est limitée en collège et lycée

Dans le supérieur tout dépend alors de la matière enseignée. Parmi ceux qui peuvent le plus les mathématiciens et physiciens en cpge, les économistes et gestion en Université et IUT.

Les plus contraints sont certainement les agrégés enseignants dans les matières littéraires à l’Université. Ils y sont chargés des basses besognes et doivent de plus continuer leur thèse

A 35 ans un maître de conférence docteur gagnera nettement moins que son collègue du même âge enseignant en maternelle.

Les Professeurs en CPGE et maîtres de conférence accédant actuellement à ces grades sont tous docteurs et ils attendent la consécration impossible pour les premiers, improbable pour les second : devenir professeur des Universités

Pour ces derniers la rémunération indiciaire peut dépasser les 5000 euros nets par mois. Mais la encore il y aura ceux qui se limiteront au strict minimum et ceux qui cumuleront et deviendront professeurs associés dans une Grande école , consultants dans le privé…. ( management, droit, médecine)

Ainsi le cœur du malaise enseignant est bien dans la faiblesse des rémunération. Quelle est la réponse de la classe politique ?

La classe politique a son diagnostic sur le malaise de l’école

Deux organisations syndicales portent officiellement les attentes des enseignants : la CFDT et l’UNSA . Présentées comme réformistes elles partagent globalement les options des décideurs du monde éducatif : haut fonctionnaires de la Rue de Grenelle, auteurs des différents rapports sur l’ évolution du métier d’enseignant, ministres successifs, fédérations des parents d’élèves. Sur le fond peu de choses séparent, beaucoup réunissent.

Tous envisagent la remise en cause des décrets de 1950 définissant le métier de professeur à partir de la transmission de savoir et donc d’heures de cours. Ils rêvent des 35 heures à l’école et donc une redéfinition du métier sur des tâches de prise en charge autres que la transmission des savoirs . Le modèle de référence est celui de la Finlande.

Tous envisagent la remise en question du nombre d’heures de cours au profit d’autres activités . Le modèle allemand avec des cours qui se termineraient à 13 heures revient souvent.

Dans ces conditions les symboles de la méritocratie à la française sont insupportables. Hier les CPGE étaient détestées par Claude ALLEGRE, aujourd’hui elles le sont par la tête pensante de François Hollande, Vincent PEILLON.

http://jml-92.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/01/12/la-gauche-veut-privatiser-l-excellence.html

http://www.vincent-peillon.fr/

Le même Vincent Peillon annonce la couleur. La revalorisation est évoquée mais non précisée. Les contreparties sont rappelées et les enseignants comprennent : allongement du temps de présence dans l’établissement.

Pour trouver les moyens financiers, Vincent Peillon a trouvé la solution : réduire le nombre d’heures de cours et les heures supplémentaires.

Qu’est ce qui sépare alors Chatel de Peillon ? Une seule chose, les 60000 postes promis par François Hollande.

En vérité François Hollande ne créera pas ces postes faute… de candidats pour postuler. Le désarroi de la profession est tel que pour 1600 euros nets par mois les étudiants fuient les concours de recrutement. La perspective de passer 35 heures dans les lycées ne devrait rien améliorer.

Le divorce est total entre de telles approches et la base enseignante. Dans le secondaire les décrets de 1950 sont vus comme le dernier rempart contre le travailler plus et gagner moins. S'ils sont supprimés les professeurs de collèges, lycées savent que les heures supplémentaires disparaitront

Lors des dernières élections professionnelles plus de 80% des professeurs du secondaire ont voté pour les syndicats attachés aux fameux décrets( FSU, FO, SNALC....)

Poussera -t-on le gag à imposer les 35 heures de présence dans le supérieur ?

Les professeurs de tous niveaux ne supportent pas les accusations de paresse. Ils travillent plus de 35h par semaine , ils corrigent, ils cherchent, ils préparent et attendent autre chose qu’un « pacte » les transformant en animateurs

Le métier est divers pourquoi uniformiser ? Pourquoi ne pas tenir compte de ce qui fonctionne correctement ?

La classe politique pourrait réfléchir et réformer ;Pourquoi ne pas réserver aux premiers cycles du supérieur les Agrégés ? Pourquoi certains sont ils nommés en collèges ?

Le modèle des CPGE réussit, pourquoi le supprimer ? Pourquoi ne pas mettre en place des heures de « kholles » et de soutien à l’Université ? Donner les même moyens à toutes les formations du supérieur ? chiche mais par le haut.

En France la carrière à l’Université dépend exclusivement de la recherche, l’investissement pédagogique ne compte pas Suivre des étudiants est une tâche déshonorante laissée aux agrégés venus du secondaire. Ce modèle est-il le bon ?

En CPGE, c’est l’inverse. La réflexion peut-elle être la même pour les formations qui se situent avant et après la licence ?

A l’Université les études doctorales sont remarquables , leur fonctionnement est il adapté au bachelier de L1 ?

A défaut de pensée la classe politique raisonne à partir de clichés.

De la maternelle au bac l’"enseignant" n’a pas pour la classe politique à gagner beaucoup. Les profs ne rêveraient que de "pacte éducatif", de 35 heures dans l’établissement et d’équipe pédagogique. Des augmentations ? Pourquoi faire ? L’important ce serait la vocation.

Du bac à la licence, un de nos points faibles la classe politique propose le nivellement par le bas. A ses yeux seule compte la recherche, alors les enseignants du supérieur qui enseignent sont le dernier de ses soucis.

Et si les enseignants de tous niveaux exigeaient les moyens financiers d’exercer leur métier comme un véritable métier… alors il y aurait de véritables surprises électorales . Les professeurs n’ont pas « correctement » voté en 2001 et 2007. Avant Claude Allegre ils etaient 40% à voter socialiste en 1995 au premier tour de la présidentielle. Après Claude ALLEGRE, ils étaient 27% à voter Jospin en 2001 et 30% Royal en 2007.

Et si Vincent Peillon faisait perdre François Hollande ?



21 réactions


  • oncle archibald 5 décembre 2011 11:37

    J’avais cru comprendre que les problèmes dans l’EN étaient le sous effectif, les classes surchargées, pas la rémunération .. J’ai du mal comprendre ... 


  • _Ulysse_ _Ulysse_ 5 décembre 2011 14:58

    « Le salaire statutaire – c’est-à-dire le salaire sans les primes et les heures supplémentaires »

    On peut arrêter la lecture là sans se soucier du résultat. Si on compare des moyennes faut comptabiliser tous les revenus de chacun dans tous les pays. Là on ne sait même pas ce que l’auteur compare.

    Pour ce qui est de François hollande, il a pas besoin de peillon pour perdre, il va se faire trucider de toute manière. Que ceux qui veulent l’aider le soutienne un peu  :

    http://resultatselections-2012.over-blog.fr/

    Vous pouvez voter chaque semaine. Chaque semaine, il est dans les choux le pauvre...


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 5 décembre 2011 16:05

    Un agrégé du Secondaire devrait gagner beaucoup plus qu’un licencié du Primaire ? Travaille-t-il plus et mieux parce qu’il a réussi un concours difficile ? Déjà qu’il a moins d’heures de cours à assurer qui lui laissent le temps de faire des heures sup !

    Tous les enseignants devraient gagner à peu près la même chose, mais les étudiants-professeurs devraient être considérés comme des travailleurs intellectuels et percevoir un salaire s’ils se destinent à l’Education nationale.

  •  C BARRATIER C BARRATIER 5 décembre 2011 16:37

    L’auteur paraît ignorer tout du métier d’enseignant, et ce qu’il nous raconte me fait penser aux diatribes des très minoritaires (1 %,) enseignants d’un syndicat hyper réactionnaire qui croit encore que la valeur des professeurs se mesure à l’âge de ses élèves, au niveau des diplômes préparés, au seul niveau de leurs propres diplômes...). Les mêmes disent sans cesse que les élèves sont indignes d’eux et qu’ils vont aller voir ailleurs....ce qu’ils ne font pas car ailleurs on n’en veut pas.


    Aujourd’hui les enseignants passés par les universités sont loin d’être les plus instruits ou les plus cultivés. Les parents de leurs élèves les coiffent parfois même de très haut. Ceux là sont passés par les « grandes écoles » dont ne fait pas partie l’Université d’une manière générale, et surtout ils sont passés par la vérification de leur compétence sur le terrain. Ils font preuve d’ailleurs souvent d’une plus grande humilité que ce 1 % de prétentieux qui n’ont rien compris.

    La grande majorité des enseignants est de fait bosseuse et compétente, elle aime son travail, elle obtient des résultats corrects, même si le pouvoir fait tout pour les en dégoûter, sa dernière trouvaille étant de supprimer leur formation initiale.

    Enseignants, élus locaux, parents savent exprimer ce qu’il convient de faire, comme on peut le voir dans les synthèses de réunions de proposition, qui serviront je pense aux nouveaux élus de la nation, qui commenceront je l’espère par rétablir une véritable formation des maîtres.

    Voir "Avenir de l’école : qu’a-t-on fait de la consultation nationale ?  "


  • reveil reveil 5 décembre 2011 18:55

    François Hollande a implosé dès la première semaine de sa nomination au titre de présidentiable largement en tête des sondages. Il s’est autoproclamé président, s’est vu dans la peau d’un président de la république et psshiiittt !!!! Il a été capable de perdre tout seul comme un grand, sans aucune aide extérieure, ses adversaires dépités n’ont pas eu le temps de démontrer leur savoir faire, il s’est suicidé par trahison au premier round...AU REVOIR

    Les enseignants c’est un autre sujet.

  • spartacus spartacus 5 décembre 2011 20:05

    Le problème c’est que les enseignant ne sont pas moins payés mais que les chiffres sont biaisés :



  • spartacus spartacus 5 décembre 2011 20:06

    Le cout des primes « oubliées » dans les études

    Le coût des primes et des indemnités des enseignants en France

    Indemnités : 1.238,6 M€ se répartissant principalement ainsi : 
     indemnité de suivi et d’orientation des élèves : 645 M€, 
     prime de fonctions et de résultats, indemnité d’administration et de technicité, indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires et indemnité de gestion allouée aux gestionnaires d’EPLE : 105 M€, 
     indemnité d’éloignement COM et primes d’installation outre-mer : 79 M€, 
     indemnités allouées aux chefs d’établissement : 62 M€, 
     indemnité de sujétions spéciales « Zone d’éducation prioritaire » : 46 M€, 
     indemnité de congé formation : 31 M€, 
     indemnité pour l’accueil et l’accompagnement des étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement créée à la rentrée 2010 : 30 M€, 
     prime spéciale pour les enseignants assurant au moins trois HSA : 23 M€, 
     indemnité de sujétions spéciales de remplacement : 22 M€, 
     indemnité de garantie individuelle du pouvoir d’achat : 20,5 M€, 
     indemnité de charges administratives aux vice-recteurs et aux personnels d’inspection : 16 M€, 
     prime d’entrée dans le métier : 12 M€, 
     indemnité pour fonctions d’intérêt collectif créée à la rentrée 2010 : 11 M€, 
     indemnité de caisse et de responsabilité allouées aux comptables d’EPLE : 11 M€, 
     indemnisation du contrôle en cours de formation pour le baccalauréat professionnel créée à la rentrée 2010 : 5 M€.


    • lemouton lemouton 6 décembre 2011 03:15

      Exact...
       et cela arrange bien l’état car ces primes ne sont pas comptabilisés, pour le calcul du taux de retraite...

      Aprés faut pas râler, si les calculs de niveau de salaire placent l’EN parmi les plus pingres d’Europe..

      On ne peut pas gagner sur tous les tableaux  smiley


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 6 décembre 2011 10:32

      A remarquer : rien dans tout cela pour les enseignants du 1er degré !


  • Horville 5 décembre 2011 20:24

    Non seulement Vincent Peillon ne peut pas faire perdre François Hollande, mais il peut au contraire l’aider à gagner. Il sera le grand ministre dont l’Education Nationale a besoin après ce pauvre Luc Chatel, d’une rare incompétence, sans doute le pire de tous les ministres de tous les gouvernements de la 5e République, tous ministères confondus. Récemment retoqué par le Conseil d’Etat sur la suppression de la formation des enseignants il aurait dû démissionner. 


    • FYI FYI 5 décembre 2011 23:45

      Vous avez la mémoire sélective ?
      Vous avez déjà oublié qui était en grande partie au pouvoir entre 1981 & 2002 !
      Le PS c’est du poison et l’UMP une torture...


  • FYI FYI 5 décembre 2011 23:50

    Ce sont en réalité tous les salariés qui ont perdu du pouvoir d’achat et ce depuis 1983, gràce au partie dit de gôôôche le PS via Delors en ayant plus indéxé les salaires sur le coût de la vie. Résultat c’est une lente érosion des populations.
    Le PS c’est du poison car c’est une lente agonie qu’ils font subir.


  • jean 5 décembre 2011 23:56

    A Mr Barrater et aux autres d’Agoravox


    sans procéder à un jugement de valeur sur les personnes qui n’aurait strictement aucun sens, un enseignant du supérieur peut aller enseigner en Primaire et cela peut être intéressant mais un enseignant de Primaire ne pourra pas aller enseigner dans une école doctorale. Pour information, j’ai reçu un collègue russe pendant un mois cet été pour un projet de recherche et il m’a appris que là bas les professeurs d’Université interviennent en supplément le samedi par exemple en collège pour les enfants passionnés dans toutes les disciplines possibles,

    Par ailleurs, étant moi-même ingénieur des Ponts et professeur des Universités, l’opposition entre les Grandes Ecoles et l’Université n’a pas de sens authentique. Il y a une forme de complémentarité assez bonne pour l’offre de formation. Quant aux enseignants, l’unité et la collégialité s’effectuent autour des activités de recherche. Il y a beaucoup d’anciens élèves des Grandes Ecoles dans le personnel universitaire, le cloisonnement évoqué n’existe pas réellement.
    Quant à l’aspect financier, ce qui est dit dans cet article est assez juste. J’ai pu faire, tout au long de ma carrière, des comparaisons avec mes camarades de promotion des Ponts (qui ont moins de diplômes que moi puisque j’ai en plus un doctorat, une agrégation et une habilitation à diriger des recherches). Mon salaire débutant était en moyenne la moitié du leur, aujourd’hui (25 ans plus tard) ça n’en est plus que le tiers du leur qui est environ celui des professeurs suisses par exemple dont la charge est la même que la nôtre (leur charge d’enseignement est même moindre). D’autant qu’à l’époque on ne cotisait pas pour la retraite avec la bourse de doctorat donc il est impossible d’avoir ses annuités à la fin de sa carrière car on commence sa carrière au plus tôt à 27-28 ans. L’argument de dire que nous n’avons qu’à aller à l’étranger est irresponsable et je n’ai pas honte de dire que j’aime bien mon pays, ma langue, ma culture. je suis d’autant plus à l’aise pour le dire que nos activités de recherche nous conduisent à de nombreux échanges avec les collègues étrangers. 
     En revanche il y a de grandes disparités avec les collègues médecins ou pharmaciens qui ont un revenu multiplié par deux par leur pratique hospitalière (qui disparait à la retraite) ou par ceux de droit qui ont un cabinet d’avocat en ville par exemple. Il était d’ailleurs assez amusant lors de la dernière réforme des universités de voir les collègues de droit souvent .... à droite descendre dans la rue contre la réforme Pécresse car il était question de faire des bilans sur l’activité individuelle de recherche de chaque enseignant chercheur qui, pour eux, est strictement nulle dans la majorité des cas. Ils sont cependant payés pour cela, ne le font pas et perçoivent en plus leurs honoraires dans leur cabinet en ville. Il était question de multiplier alors leur charge d’enseignement par deux (ce qui ne serait pas scandaleux à mon sens) pour compenser leur bilan nulle en termes de recherches et ils n’ont pas du tout apprécié !!!!!
     On sait quand on rentre dans ce métier que la faible rémunération vis à vis des diplômes est le prix à payer pour une certaine liberté dans notre travail. Il y a cependant des limites qui aujourd’hui sont atteintes et il est clair que, si par ailleurs il n’y a plus la liberté, il n’y aura alors plus aucun candidat, en tous les cas plus aucun de valeur.
    Je n’attends personnellement rien ni de Peillon ni de Hollande.

    Bien à vous tous


    (pour info car il n’y a rien à cacher ma (seule) prime annuelle est celle de directeur de département, elle est de l’ordre de 1000€, Pour en voir discuté avec des collègues du collège, c’est un peu moins que celle d’un professeur principal de collège. 


    • lemouton lemouton 6 décembre 2011 03:23

      « ...il n’y aura alors plus aucun candidat, en tous les cas plus aucun de valeur. »

      vous ne pensez pas si bien dire...

      cela c’est déjà produit cette année pour certain CAPES, où il y a eu plus de postes mis au concours que de candidats...


  • jak2pad 6 décembre 2011 02:04

    Article déroutant
    une longue énumération de plaintes sur...le salaire des enseignants !

    Ayant passé de longues années dans la ( défunte) Educ’Nat, je crois avoir perçu l’origine du mal insidieux qui a fini par avoir sa peau.
    Nos enseignants, plutôt sympathiques et motivés dans l’ensemble ( disons ni plus, ni moins que d’autres professions), font depuis trente ans un grand écart périlleux : ils sont d’anciens bons élèves ( disons assez bons, sans grand génie, mais sérieux et plutôt travailleurs).
    Ils sont donc assez élitistes, même s’ils refusent de se l’avouer lorsqu’ils se rasent le matin (les hommes du moins).

    Et on les met en face de jeunes personnes qui sont de parfaits représentants de notre société du superficiel et de l’immédiateté effrénée, du refus de l’effort et de la médiocrité assumée.
    Leurs idoles sont les footeux, les publicistes et les traders.

    Que font nos gardiens-transmetteurs de la culture ?

    Eh bien, ils sont pris à la gorge, entre leur envie d’exiger et leur imprégnation idéologique qui les pousse à idéaliser ( ou au moins à excuser) la flemme, le manque d’intérêt, le laisser-aller général au nom de l’origine socio-économique et du statut professionnel des familles.
    Ces pauvres enseignants, à force de faire ce grand écart, ont l’entrejambe douloureux, et trouvent bien entendu qu’ils sont mal payés pour souffrir autant.
    Toutes mes condoléances !


    • lemouton lemouton 6 décembre 2011 03:39

      Etes vous sûr d’avoir bien cotoyé des enseignants ??
      pouvez vous nous préciser dans quel cadre scolaire. ???
      parce qu’à vous lire ce sont des bobos assez simplets se croyant évoluer chez les bisounours..

      et si lEN est défunte comme vous le dites, c’est à eux, piétaille de l’instruction, qu’en revient toute la faute... 
      c’est bien cela non ??


  • Mylène 6 décembre 2011 04:36

    pff çà me fait rire, Peillon faire tomber Hollande, il faudrait déjà que la France soit debout pour élire quelqu’un de crédible, pour ma part, tous les mêmes alors peu importe, surtout que Peillon fait son chevement, il aboie sur les risque du chaos européen une fois bien installé ! 


  • Veaulubiliator99 Veaulubiliator99 6 décembre 2011 09:01

    Mais non, vous inquiétez pas, 47 % des francais ne voteront pas Sarko, ca c’est sur, et il reste bien 20 % en plus pour notre Flanby national, pas de problème on va virer le nanorésident...


  • republicain 6 décembre 2011 11:17

    l’article se voulait informatif et provocateur.

    Informatif en reprenat les données sur la réumération des enseignants. Ilfaut comparer ce qui est comparable : les salaires statutaires en FRANCE ET AILLEURS ;. Comparer ensuite la possibilité d’avoir des heures supplémentaires ou des primes en France et ailleurs ;
    POUR LE PREMIER TYPE DE COMPARAISON les enseignants français de tous niveaux sont de 13% à 35% EN DESSOUS DE LA MOYENNE OCDE

    l’ article fait bien la comparaison en intégrant les heures sup et les primes, il apparait alors que les différence existent EN FONCTION DE MLA MATIERE ENSEIGNEE. Un rofesseur des universités enmèdecine a d’autres revenus qu’ un littéraire

     

    l’ARTICLE SE VOULAIT PROVOCATEUR POUR lancer un debat interdit en France

    - Pour la classe politque deux syndicats réprésentent les attentes des enseignants, la cfdt et l’UNSA. Pourtant ces syndicats ne recueille pas 20% des suffrages

    -IL est interdit de parler de rémunération pour les enseignants : comme pour les curés de jadis ou les bonnes soeurs la vocation suffit

    -la dictature du nombre aboutit à ce qu’un maître de conférence docteur gagne à 35 ans mois qu’une institutrice de maternelle. L’institutrice est sous payée mais le maitre de conférence est insulté ; Ce que j’ai écrit était politiquement très incorrect puisque pour beaucoup la rémunération doitêtre la même pour tous. NE PARLEZ PAS ALORS D ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE et ne soyez pas surpris si les cerveaux fuient la FRANCE

    POURQUOI INVESTIR DE LONGUES ANNEES DANS UN CONCOURS DIFFICILE COMME L AGREGATION PUIS DANS UNE THESE...

    - notre système éducatif compte des points forts : les maternelles,le primaire, les IUT,bts, les CPGE,les masters des grandes écoles et des universités, les études doctorales des UNIVERSITES. Pourquoi ne pas s’appuyer sur les formations post bac en lycée ? pourquoi les supprimer ? Les premiers cycles universitaires ont besoin de plus de moyens c’est une certitude . Mais en dehors de quelques sectaires l’opposition cpge grandes écoles / universités est une création de l’esprit

     


  • lavéritédérange 6 décembre 2011 22:09

    je partage le point de vue de l’article ;
    Rien ne fonde une guerre entre les écoles et les Universités. L’important pour la gauche et la droite semble de ne pas investir dans l’enseignement supérieur
    A défaut d’une vision de long terme les hommes politiques cèdent à la démagogie


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