mardi 24 avril 2018 - par Pierre

Vision stratégique des États-Unis vs vision stratégique de la Russie

Les relations diplomatiques entre les États-Unis et le Russie se sont dégradées au point que beaucoup d'experts estiment qu'elles sont pires que du temps de la guerre froide.

Je ne suis pas loin de penser la même chose.

La Russie s'oppose de plus en plus fermement aux États-Unis depuis plusieurs années et avec la mise en service de ses nouvelles armes performantes, elle ne semble plus craindre un affrontement direct.

 

Cet affrontement tant redouté par le reste du monde a été évité après l'agression des FUKUS [i] contre la Syrie le 14 avril dernier mais la menace est toujours bien présente.

On doit sans doute ce répit à l'attitude responsable des exécutifs étasunien et russe qui mesurent les conséquences d'une escalade militaire qui peut dégénérer en une guerre nucléaire dévastatrice pour l'ensemble de la planète.

Il y a cependant des va-t-en-guerre dans les deux camps qui n'auraient pas hésité à en arriver là et il y a des signes indiquant que les États-Unis veulent renforcer leur puissance de frappe dans la région : le porte-avions USS Harry S. Truman a quitté son port d'attache avec une escorte de cinq destroyers aux environs du 10 avril pour se rendre en Méditerranée. [ii]

 

                      Le porte-avions USS Harry S. Truman est en route pour la méditerranée.

 

De son côté, la Russie va équiper le Syrie de missiles S-300 et un navire de transport de la marine de guerre russe chargé d'armes pour la Syrie est arrivé au port de Tartous.

On parle aussi de l'arrivée de bombardiers stratégiques russes à la base de Nojeh à Hamedan en Iran. L'Iran finira par comprendre que cela renforcera sa sécurité. Pour le moment, il y a seulement un accord en cas de crise grave mais les Russes préparent la base pour un déploiement rapide de leurs avions.

Tout cela n'indique pas une baisse de la menace militaire.

 

 

Le retrait des soldats étasuniens de Syrie.

 

Le président Trump semble bien décidé de retirer ses forces militaires de Syrie.

Il y aurait au moins 2000 soldats au sol pour le moment. Ils encadrent plusieurs dizaines de milliers de miliciens arabes et kurdes.

La fiabilité de ces miliciens est douteuse et il craint un manque de combativité en cas d'affrontement avec l'AAS [iii] ou avec les redoutables Pasdaran iraniens.

Les soldats étasuniens seraient alors au contact direct avec une force armée bien équipée et largement supérieure en nombre et on peut deviner que les pertes seraient conséquentes des deux côtés.

C'est une situation dans laquelle le président Trump ne veut pas se trouver : son électorat ne le lui pardonnerait pas.

Il cherche une solution de remplacement par des forces arabes mais qui serait prêt à s'enliser dans le bourbier de l'est de la Syrie ?

Cette force bénéficierait d'une couverture aérienne, de renseignements militaires et de l'aide logistique étasunienne.

Mais cette force arabe se trouverait non seulement face à la coalition russo-irano-syrienne mais aussi face aux Kurdes [iv] (détestés par les Arabes), aux milices islamistes arabes (FDS) voire aux Turcs dans un environnement hostile où la population locale aspire à revenir sous le contrôle du gouvernement syrien [v) et où un retour de l’État islamique est toujours possible.

Je ne sais pas quel pays serait prêt à se lancer dans cette aventure et qui va payer les frais mais cela ressemble trop à la vietnamisation de la fin des années soixantes.

 

 

Quelle est la vision stratégique des États-Unis ?

 

L'effondrement de l'Union soviétique à partir de 1989 et de la Russie dans la dernière décennie du siècle dernier ont fait des États-Unis une puissance globale sans rivale que Hubert Védrine a défini comme l'hyperpuissance américaine en 1999.

 

Zbigniew Brzezinski.

 

Ce concept de puissance hégémonique avait été avancé par le politologue étasunien Zbigniew Brzezinski en 1997 dans « Le grand Échiquier », un ouvrage de référence pour les dirigeants étasuniens.

De son côté Francis Fukuyama, un autre politologue étasunien, avait déjà publié en 1992 « La Fin de l'Histoire ou le dernier Homme. »

Pour lui, la démocratie (occidentale) et le libéralisme avaient vaincu toutes les autres idéologies politiques. Avec l'adhésion de la Russie de Boris Eltsine au néolibéralisme, il croyait que l'idéal de la démocratie libérale était définitivement réalisé.

Dans ses mémoires, Colin Powell a rappelé qu'il avait presque eu « une rupture d'anévrisme » quand Madeleine Albright l'a mis au défit d'expliquer : "What's the point of having this superb military you're always talking about if we can't use it ?" « Quel est l'intérêt d'avoir cette superbe armée dont vous parlez toujours si on ne peut pas l'utiliser ? » [vi]

Elle mit sa conviction en application en Bosnie et au Kosovo et l'OTAN se mit à bombarder illégalement la Serbie et provoqua le premier conflit international en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

George W Bush et ses conseillers néoconservateurs comprirent que le précédent du Kosovo qui avait démontré que personne ne pouvait s'opposer à l'hyperpuissance étasunienne leur ouvrait la voie pour se passer de l'aval du Conseil de Sécurité de l'ONU et ils engagèrent les États-Unis dans de ruineuses guerres au Moyen-Orient et en Afghanistan. Ces guerres interminables épuisèrent les Forces armées des États-Unis et elles détournèrent leur attention de leur principal objectif stratégique qui est d'interdire l'émergence de puissances concurrentes comme la Chine, la Russie, l'Iran ou l'Amérique du Sud.

 

Mike Pompeo.

 

Lors de son audition devant le Congrès ce 12 avril, Mike Pompeo, le peut-être futur chef du Département d’État, a fait cette déclaration surréaliste « Les États-Unis sont un pays unique, exceptionnel. La Russie est unique mais pas exceptionnelle. » [vii]

Il convenait ainsi que la politique de changement de régime par d'autres pays que les États-Unis est inacceptable.

Que les autres pays du monde y compris les alliés des États-Unis se le tiennent pour dit : ils ne sont pas considérés comme leurs égaux.

Cette vision exceptionnaliste est profondément ancrée dans l'esprit des dirigeants étasuniens et de la majorité de la population.

Les États-Unis sont convaincus qu'ils ont un rôle quasi messianique à jouer et qu'ils ont pour mission de d'étendre leur modèle au reste du monde.

Il n'y a pas de cynisme dans cette croyance, ils pensent sincèrement que leurs valeurs sont universelles et apportent la prospérité et le bonheur.

L'hégémonie étasunienne repose sur trois piliers : l'ordre libéral mondial, les Forces armées et le dollar.

Ces trois piliers sont non seulement remis en cause par les puissances émergentes mais ils sont aussi ébranlés de l'intérieur par des votes populaires dans le monde occidental et jusqu'au cœur de l'Empire avec l'élection de Donald Trump.

La stratégie actuelle des États-Unis est assez confuse avec une élite politique qui voit un moyen de renforcer la domination des États-Unis dans le libéralisme mondialisé et le président Trump qui a été élu par des électeurs victimes de cette même mondialisation. Sa promesse électorale de s'occuper d'abord des Américains est battue en brèche par l'opposition démocrate et par le justice qui freinent les décisions du président.

 

 

Quelle est la vision stratégique de la Russie ?

 

La Russie se considère comme l'héritière spirituelle de Constantinople et de Rome, deux empires chrétiens qui sont tombés sous les coups des Ottomans et des barbares.

En 1523 -1524, le moine Philothée dans des lettres adressées au Grand Prince de Moscovie qualifia Moscou de Troisième Rome et héritière de la défense de la chrétienté orthodoxe.

 

                                          Moscou, Troisième Rome.

 

Même si l'empire des tsars ne s'étendit pas vers l'est au nom de la foi orthodoxe, celle-ci joua un rôle important dans la politique russe et auprès de la population russe.

Après la parenthèse communiste et l'effondrement de l'Union soviétique, la Russie renoua avec son héritage orthodoxe et elle entend à nouveau avoir de l'influence dans son étranger proche.

La Russie développe un modèle politique indépendant qui s'écarte du capitalisme ultralibéral tel qu'il se développe en Occident. Elle entend que l’État puisse réguler l'économie et qu'il garde le contrôle des secteurs stratégiques. Elle a l'immense avantage de pouvoir compter pour cela sur d'énormes réserves minières et d'hydrocarbures qui lui assurent de substantiels revenus.

La Russie est un État laïc mais elle s'appuie à nouveau sur le patriarcat pour étendre son influence et pour définir une ligne de morale sociétale en harmonie avec les traditions laïques et religieuses.

La Russie s'écarte ici aussi de la ligne occidentale plus matérialiste et plus libertarienne.

Le retour de la Russie comme puissance concurrente a complètement déstabilisé l'Occident otanisé. La seule parade qui fut trouvée, c'est de sanctionner la Russie pour que son modèle économique échoue mais cela ne fait que davantage la convaincre d'encore plus s'éloigner des institutions internationales contrôlées par les États-Unis et leurs alliés et de finalement devoir renoncer (à contrecœur) à l'utilisation du dollar.

Cette volonté peut être résumée par cette déclaration de Mike Pompéo devant le Congrès : « Nous devons nous assurer que Vladimir Poutine ne réussisse pas. » Il s'agit clairement d'une attaque contre l'économie de la Russie et tout observateur un tant soit peu informé sait qu'il y aura une réplique.

La stratégie russe est avant tout défensive et sa sécurité repose sur la MAD. [viii] La défense de ses alliés historiques fait maintenant aussi partie de sa stratégie ainsi que la garantie de ne plus voir les bases de l'OTAN s'approcher davantage de ses frontières.

La Russie se rapproche de partis européens qui adoptent la même ligne politique nationaliste. [ix] Cela est considéré par les Occidentaux comme de l'ingérence parce qu'ils veulent à tout prix étouffer toute doctrine qui mettrait le libéralisme mondialisé en cause.

La Russie a maintenant une vision stratégique claire qui est incarnée par Vladimir Poutine et que les médias mainstream s'obstinent à ne pas prendre en compte.

 

 

La boîte de Pandore.

 

Pandore ouvrit une boîte que Zeus lui avait confiée en lui interdisant de l'ouvrir. Pandore l'ouvrit quand-même par curiosité et tous les maux de l'humanité en sortirent avant que Pandore ne puisse la refermer.

 

La boîte de Pandore.

 

En provoquant des précédents comme le soutien de l'Occident otanisé à des terroristes, en montant ou en avalisant de fausses attaques chimiques et en intervenant militairement de façon illégale, les FUKUS ont une fois de plus ouvert une boîte de Pandore. [x]

Cela permettrait un jour à la Russie ou à d'autres pays d'employer les mêmes arguments pour intervenir dans leur étranger proche si elles estimaient que leur sécurité est menacée.

 

 

Conclusion.

 

On ne peut pas comprendre les stratégies étasunienne et russe si on fait abstraction de leurs visions du monde.

Cet article a pour objet d'essayer de donner une clef de compréhension aux lecteurs pour qu'ils ne se place pas que d'un point de vue.

Personne ne sait si les lignes rouges des deux camps ne se toucheront pas un jour et quelles en seront les conséquences. Je pense qu'il est urgent de nouer un dialogue parce que le risque de conflit est réel et il peut avoir des conséquences catastrophiques pour l'humanité.

En attendant, on peut dire que ni l'Occident ni la Russie ne tire un quelconque bénéfice de cette politique de sanctions. Bien au contraire, cette politique affaiblit les deux camps et elle permet à un troisième larron, la Chine, de méthodiquement étendre sa zone d'influence en Asie tout en construisant une alliance stratégique avec la Russie.

Il est extrêmement regrettable que les principaux dirigeants européens n'aient pas une vision stratégique autre que l'alignement sur celle des États-Unis.

La stratégie nécessite une vision et une politique volontariste à long terme et je ne vois rien de tel pour le moment en Union européenne.

 

i FUKUS : acronyme pour France – United Kingdom – United States.

 

ii https://infos-israel.news/%F0%9F%94%B4-un-porte-avions-americain-accompagne-de-5-destroyers-se-dirige-vers-la-mediterranee/

 

iii AAS : acronyme pour Armée arabe syrienne. C'est l'armée régulière syrienne.

 

iv Un article plutôt objectif (ce qui est étonnant) de Jean-Pierre Filiu. http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/06/25/le-vrai-visage-des-liberateurs-de-rakka/

 

v Une traduction d'un article de Moon of Alabama. https://www.legrandsoir.info/syrie-les-rumeurs-sur-les-adm-laissent-presager-une-nouvelle-attaque-americaine.html

 

vi http://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/govt/admin/stories/albright120896.htm

 

vii https://francais.rt.com/international/49722-nous-sommes-exceptionnel-pas-russie-pompeo-justifie-politique-us-changement-regime

 

viii MAD : acronyme pour Mutual Assured Destruction (Destruction Mutuelle Assurée). C'est une doctrine qui date du temps de la guerre froide et qui est basée sur la dissuasion nucléaire. Elle assure qu'une riposte après une attaque nucléaire détruira symétriquement le pays agresseur.

 

ix Nationaliste est le terme qui qualifie l'individu qui place la nation au-dessus de tout dans sa manière de penser : il met en valeur le sentiment d'appartenir à une culture, une langue, une religion commune ou un patrimoine commun.

 

x L'agression de la Serbie par l'OTAN avait déjà servi de précédent pour justifier l'intervention russe en Ossétie du Sud et en Abkhazie.

 



88 réactions


  • Pierre Pierre 24 avril 2018 08:12

    Pour la bonne tenue de ce forum, je préviens que je demanderai la suppression des commentaires hors sujet et des interventions de trolls qui perturberaient le bon déroulement des échanges d’idées.

    Je n’ai évidement rien contre des commentaires critiques pour autant qu’ils soient constructifs et qu’ils se basent sur des faits avérés.


    • Onecinikiou 25 avril 2018 15:08

      @Pierre


      Votre article est salvateur en cela qu’il replace les agissements de deux puissances mondiales que sont les Etats-Unis et la Russie dans leur vision du monde respective, c’est à dire de celles de leurs peuples et dirigeants, de leurs culture et idéologie profondes. C’est en effet une clé de compréhension précieuse et incontournable. 

      Deux remarques : 

      1/ Au nom même du principe d’exceptionnalité - un dévoiement de la notion elle-même contestable de « destiné manifeste » - invoqué par les élites américaines tant pour des considérations religieuses que par legs du statut de superpuissance après les deux guerres mondiales, pour justifier de leur interventionnisme et plus généralement de leur politique étrangère, il convient de découpler radicalement les intérêts géopolitiques des Etats-Unis de ceux bien compris des Européens au sens large, qui ne se situent pas sur le même registre millénariste irrationnel. Aussi pour des raisons géopolitiques formelles : les nations n’ayant que des intérêts, il serait intellectuellement inepte et révoltant de chercher à les confondre en tout temps et lieu.

      En cela le concept contemporain d’Occident (je ne parle évidemment pas de sa définition antique) est un attrape nigaud, et un leimotiv pour intégrer de jure (l’OTAN) les nations européennes dans un grand ensemble qui les englobe aux fins d’assurer non leur protection (c’est même le contraire avec la doctrine de la riposte graduée, qui peut voir l’Europe devenir le théâtre du champ de bataille principal) mais leur vassalisation au profit de l’hyperpuissance américaine, et sa logique de domination hégémonique. 

      2/ Il ne faudrait pas sous-estimer l’apport décisif, déterminant, du lobby pro-israélien (dit néoconservateur) aux Etats-Unis depuis au moins la guerre de 1967, sur la politique étrangère conduite par son appareil d’Etat et gouvernement. Exemple tout à fait d’actualité avec l’affaire iranienne, car il semble bien évident que si Trump cherche tant à dénoncer le traité avec l’Iran, c’est sur pression et injonctions dudit lobby dont il a obtenu le soutien au cours de la dernière campagne présidentielle en contrepartie précisément d’une telle dénonciation, et ce dans l’intérêt stratégique non pas des EU, mais essentiellement de celui d’Israël. Or vous faites visiblement l’impasse sur cette donnée pourtant fondamentale, en mesure d’expliquer bon nombre des décisions des Etats-Unis ces dernières décennies, et qui pour certaines semblaient même contraires de prime abord à ses intérêts premiers. 

    • Onecinikiou 25 avril 2018 15:15

      Critique de V. Poutine concernant l’ « exceptionnalisme » américain, faux nez (il l’a bien compris) de sa volonté de puissance et de la logique impérialiste que ce prétendu concept induit :



    • Pierre Pierre 25 avril 2018 20:39

      @Onecinikiou
      Merci pour votre commentaire. Depuis le début de la guerre en Syrie, même avant en Libye et ensuite en Ukraine, je suis effaré par l’incompétence des analystes des médias mainstrean (à quelques rares exceptions près).

      Depuis 2011, je savais que la Russie ne lâcherait jamais le gouvernement syrien en me basant sur la vision stratégique russe. A la même époque, les présidents, les ministres et les journalistes ânonnaient que Bachar àl Assad tomberait en quelques mois et que la Russie le lâchera parce que son économie ne peut pas se passer de l’Occident.
      Mais je voudrais surtout vous répondre sur le deuxième point.
      Il est contre-productif de toujours soulever la responsabilité de ce pays et de ses coreligionaires dans des articles. On peut présupposer que les lecteurs avertis sont au courant et qu’il n’est pas besoin de le répéter. Pour les autres, il peut s’agir d’un point qui va les faire arrêter la lecture.
      Nous connaissons la chaîne : critique d’Israël = antisioniste = antisémite = négationniste = néonazi et cela décrédibilise le message qu’on veut faire passer.
      On peut appeler cela de l’autocensure mais par les temps qui courent, c’est la seule façon de ne pas être censuré.

  • cathy cathy 24 avril 2018 08:29

    Le gouvernement européen n’est pas occidental, mais eurasien, comme la Russie d’ailleurs, ils ont seulement quelques points de divergence.


    • roman_garev 24 avril 2018 08:52

      @cathy
      Qu’entendez-vous sous « le gouvernement européen » ? C’est du nouveau pour moi. Et si c’est, selon vous, la bureaucratie siégeant à Bruxelles, en quoi, selon vous, serait-elle « eurasienne » ?


    • Pierre Pierre 24 avril 2018 08:56

      @cathy
      Je pense que vous voulez dire que l’UE et la Russie font partie du même continent eurasien.

      Il n’y a cependant que la Russie qui a des liens historiques et frontaliers avec la partie asiatique.
      L’UE est pour l’ouverture d’un marché mondialisé sur une base libérale totale. La Russie seulement sur une base libérale limitée. Ce n’est pas un petit point de divergence.

    • cathy cathy 24 avril 2018 10:21

      @roman_garev
      Un peu long à expliquer, mais ces deux puissances sont en accord pour faire disparaître le christianisme. Le communisme et le socialisme sont la même idéologie.


    • roman_garev 24 avril 2018 10:28

      @cathy
      Quelles « deux puissances » ? Pouvez-vous vous exprimer plus clairement ?


    • Pierre Pierre 24 avril 2018 10:46

      @cathy
      Désolé de faire un peu d’ironie mais je crois que vous avez oublié de tourner les pages de votre calendrier depuis 1991.  smiley

      Le communisme en Russie, c’est de l’histoire ancienne. Le gouvernement Medvedev est libéral pur jus. 
      Je vous renvoie au livre de Karine Bechet Golovko « Russie, le Tentation néolibérale » si vous voulez en savoir plus.

    • Doume65 24 avril 2018 13:03

      @Pierre
      « L’UE est pour l’ouverture d’un marché mondialisé »
      C’est exact, mais elle est surtout atlantiste. D’ailleurs ce marché mondialisé est une vision anglo-saxonne. Il n’est pas impossible que le RU en étant sorti, elle devienne plus équilibrée dans sa vision, si toutefois elle perdure. Équilibre qui correspondrait du reste à sa position géographique ainsi qu’à ses intérêts.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 24 avril 2018 19:48

      @Doume65
      L’Europe a été construite par les USA, pour leurs intérêts personnels, et l’ OTAN encore bien davantage ! Nous vivons dans une colonie de l’ Empire américain, avec des classes politiques soumises et menteuses, qui nous font croire qu’il n’en n’est rien.


      Sauf de Gaulle qui avait parfaitement analysé ce qu’était la construction européenne.

      Et sauf les Communistes, qui avaient compris aussi.

      L’Europe ne sera jamais indépendante des USA, elle n’a jamais eu d’existence propre, car aucun peuple européen n’a demandé à se retrouver pacsé avec 6, puis 12, puis 27 pays. Elle explosera et chaque pays reprendra ses billes, comme chaque fois qu’un Empire éclate...

    • Pierre Pierre 25 avril 2018 05:57

      @Doume65
      « ...elle est surtout atlantiste... » C’est même pire que cela. 

      Il est écrit dans la Constitution européenne que la défense de certains de ses membres (en fait, une large majorité) se fait dans le cadre de l’OTAN.
      Extrait de l’article 42.
      « ...elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre. » 
      Je ne connais pas d’autre constitution qui fait référence à un organe extérieur pour sa défense. 
      Le texte est peu clair et pourrait être interprété comme l’obligation des pays non membres de l’OTAN de suivre les autres notamment pour une intervention militaire extérieure.
      Toujours l’article 42.
      « L’Union peut y avoir recours dans des missions en dehors de l’Union afin d’assurer le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale conformément aux principes de la charte des Nations unies. »
      La constitution européenne a une volet militaire et beaucoup de gens l’ignorent.
      A remarquer. Cette formulation ambiguë « ... conformément aux principes de la charte des Nations unies » qui ne fait pas mention d’une autorisation après une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.


    • Doume65 25 avril 2018 15:07

      @Fifi Brind_acier
      « L’Europe a été construite par les USA »
      « L’Europe ne sera jamais indépendante des USA »
      Si même une mordue de l’UPR se met à confondre l’UE et l’ Europe, je ne vois pas qui va pouvoir nous sortir de la confusion.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 25 avril 2018 17:31

      @Doume65
      L’Union européenne est couramment appelée « Europe », je ne vois pas ce que cela change à la soumission aux intérêts économiques et géopolitiques des USA ?

      « L’UE et l’ OTAN sont les deux faces de la même médaille ».


    • Doume65 25 avril 2018 18:59

      @Fifi Brind_acier
      « Je ne vois pas ce que cela change à la soumission... »
      Ça n’y change rien en effet. Mais le mot Europe est un mot utilisé par les eurobéats pour nous faire tout mélanger. Un peu comme quand on nous fait croire qu’être critique à l’égard d’Israël est être antisémite. Ne tombe pas dans le piège. À mal nommer les choses, on ne peut être bien compris.
      Amicalement.


  • roman_garev 24 avril 2018 09:28

    Bonjour Pierre,

    Merci pour cet article, comme d’hab objectif et tenant à éclaircir certains points de cet affrontement actuel « Otanie vs Russie ».
    Pourtant je suis un peu déçu de votre description, trop simplifiée et incomplète, à mon avis, de la vision stratégique actuelle de la Russie.
    Vous avez omis d’évoquer cette forte, voire prépondérante tendance russe à conserver les valeurs morales traditionnelles du socium russe (« мир », mais pas dans le sens de « paix » de ce mot, faussement traduit dans le titre du roman de Tolstoï « La Guerre et la Paix » qui s’appelle en fait « La Guerre et le Socium »).
    Vous n’avez pas évoqué cette notion strictement russe de « духовность » qui n’a presque rien à voir de sa soi-disant traduction française, trop étroite, de « spiritualité » (connaissant le russe, vous n’avez qu’à comparer ces deux notions traitées d’une façon si différente dans ces deux Wikis). 
    De même pour ces notions, fort différentes, « дух » et « esprit ».
    Sans expliquer ceci (et pour ça il faudrait commencer par traduire en français ces articles de la Wiki russe), on ne comprendra pas la Russie en France.

    Aujourd’hui on a à l’Otanie une vision faussée de la Russie. Je tiens à souligner le terme : faussée, et pas simplement fausse. La traduction, évidemment faussée exprès par des soi-disant « historiens » occidentaux, de « Иван Грозный » (qui signifie « Ivan le Redoutable ») par « Ivan le Terrible » en est un exemple évocateur. La Russie actuelle, elle aussi, est justement redoutable pour tout agresseur éventuel. Mais surtout pas terrible, comme l’Otanie s’escrime à la présenter. Saisissez-vous la différence entre « terrible » et « redoutable » ? 

    • Pierre Pierre 24 avril 2018 11:24

      @roman_garev
      Bonjour et merci pour votre commentaire.

      Traduttore, Tradutore. C’est vrai qu’ici, en Europe, on a l’habitude de donner le sens qui arrange le mieux la diabolisation de la Russie dans les traductions de textes en russe. C’est très flagrant quand on traduit les discours de Vladimir Poutine. On prend un malin plaisir à détourner le sens de ce qu’il a dit et c’est regrettable parce qu’il s’agit d’une manipulation de l’opinion.
      On me reproche souvent de faire des articles trop longs. Dans ce cas-ci, vous avez raison de souligner que je n’ai pas assez insisté sur la notion « войнa и мир ». 
      J’ai pensé qu’utiliser les mots « traditions laïques et religieuses » résumaient correctement cette notion difficilement traduisible que vous évoquez dans votre commentaire.
      Considérez quand-même cet article comme une synthèse : c’est tout l’intérêt des commentaires de pouvoir mieux préciser sa pensée.

    • roman_garev 24 avril 2018 12:53

      @Pierre
      Dommage, mais vous ne m’avez pas compris que très supeficiellement.

      Bonne journée à vous.

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 24 avril 2018 19:01

      @Pierre
      Bonjour, merci pour cet article ! Pour donner un exemple de ce que veut la Russie aujourd’hui, il me semble que les réponses de Poutine lors de la conférence de presse à Moscou, donnent une idée assez précise, à moins que la traduction ne soit mauvaise ?


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 24 avril 2018 19:53

      @roman_garev
      Si vous pouviez développer ce que vous entendez par « socium russe » ?


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 06:27

      @Pierre
      Correction. Traduttore, traditore. Au temps pour moi.


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 06:38

      @Fifi Brind_acier
      Bonjour Fifi,

      Votre lien est un grand classique des (patientes) réponses de Vladimir Poutine à des questions orientées de journalistes. 
      Je pense que la traduction doit être fidèle vu que c’est fait par RU. La voix en français couvre ce que dit Vladimir Poutine mais mes notions de russe ne sont de toute façon pas suffisantes pour en juger.

  • leypanou 24 avril 2018 09:29

    Je pense qu’il est urgent de nouer un dialogue parce que le risque de conflit est réel et il peut avoir des conséquences catastrophiques pour l’humanité : pour dialoguer, il faut être deux.

    Quelle dialogue peut-on avoir avec le président états-unien alors qu’apparemment, il n’est pas tout à fait libre, ses paroles (dialogue avec la Russie par exemple) étant presque immédiatement contredites par les décisions du Congrès (les sanctions supplémentaires).

    On en arrive à un point parfaitement résumé par le Saker dans cet article (le tableau) qui dit ceci : la Russie peut gémir, rouspéter, se plaindre, faire appel aux valeurs supérieures, la logique ou les faits, les autres n’en ont que faire (surtout la folle dingue aux Nations Unies mais pas que). Et jusqu’à maintenant, la Chine ainsi que d’autres ne font rien pour aider la Russie.

    Le viol de la Russie de F W Engdahl (article assez long) éclaire aussi sensiblement la compréhension la situation russe actuelle.


    • Pierre Pierre 24 avril 2018 11:54

      @leypanou
      Bonjour et merci pour les liens.

      Je les lirai plus tard, ils sont effectivement assez long mais en les ayant lus en diagonale, ils me semblent intéressants.
      Comme je l’évoque dans l’article, les Etats-Unis ont une stratégie assez confuse avec de multiples pôles d’influence et un président contesté par l’establishment. Je ne crois pas qu’un apaisement pourrait venir de ce côté là. 
      L’apaisement ne peut venir que de l’Europe occidentale parce qu’elle a d’énormes intérêts en jeu.
      Il faudra voir quel pays en prendront conscience et oseront s’élever contre les dictas de Bruxelles et de Berlin. Pour info : pour la première fois, l’Autriche, un contributeur net du budget de l’UE, va peut-être mettre son veto à la prolongation des sanctions contre la Russie. (lien)
      Il y a un point qu’il faudrait aussi retenir. La politique de vassalisation de l’Europe n’est pas tenable à long terme. Dans le « Grand Échiquier » , Brzezinski parle de coopération avec l’Europe. Sans l’Europe, les Etats-Unis deviendraient une île. C’est un atout pour dire à un moment m...e, lâchez nous les baskets.



    • popov 24 avril 2018 16:03

      @Pierre

       
      Bonjour et merci pour ce bon résumé.
       
      Je crois que les USA ont la frousse de voir l’Europe occidentale se rapprocher de la Russie, ce qui serait dans l’intérêt de la Russie et de l’Europe. Les Américains feront tout pou l’éviter.

      PS Vous avez choisi pour illustrer votre article une image venant du site google images. On y trouve aussi celle-ci que j’aime bien.

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 24 avril 2018 19:20

      @popov
      Il me semble surtout que les USA sont en train de sortir douloureusement du déni de réalité, et le choc est rude. Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent....

      - Ils sont en train de perdre la main en Syrie, et plus largement au Moyen Orient.


      - L’armement russe rend obsolète les milliards de dollars dépensés. (Article d’ Orlov)

      - Gâteau sur la cerise, les décisions monétaires de la Chine, avec le pétroyuan, sont suivies par la Russie, l’ Iran et plus si affinités... C’est le début de la fin pour le pétrodollar qui a permis aux USA de vivre au dessus de leurs moyens.

      - Sans parler des Nouvelles routes de la soie chinoises ...

      - Et voilà maintenant que la Turquie membre de l’ OTAN, revient à l’or...

      Tout fout l’camp pour le camp du Bien !


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 07:08

      @popov

      Bonjour, 
      Je choisis généralement mes illustrations sur des sites russes (lituanien dans ce cas-ci) (lien) pour ne pas avoir de problème de droit d’auteur. J’avais vérifié sur Google image en français et elle ne s’y trouvait pas. Je n’ai pas pensé de vérifier sur Google image en anglais. 
      J’aime bien aussi votre deuxième lien. C’est le genre d’humour qui à cours en Russie pour le moment et dont roman_garev a donné un autre exemple un peu plus bas.
      Plus sérieusement, cela indique que les Russes ont une grande confiance dans leur puissance militaire.

    • Pierre Pierre 25 avril 2018 07:20

      @Pierre
      PS. L’image semblait provenir de Katenhon, un think tank indépendant russe.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 25 avril 2018 12:02

      @Vraidrapo
      ’Europe occidentale se rapprocher de la Russie, Mais c’est évident.


      Je crois que vous prenez vos désirs pour des réalités. L’Europe et l’ OTAN vont faciliter les déplacements militaires, il faudra élargir les routes, renforcer les ponts etc

      " L’Union européenne a annoncé mercredi un plan pour permettre au personnel et aux équipements militaires d’être déplacés plus rapidement à travers l’Europe, ce que l’OTAN considère comme vital en cas de conflit avec la Russie pour surmonter les retards aux frontières et le problème des ponts trop fragiles pour les chars d’assaut.( ....)


  • Decouz 24 avril 2018 09:31

    La notion « eurasienne » est plutôt en effet une conception développée par certains intellectuels russes, une politique « continentale », terrestre, alors que l’Europe de Bruxelles serait plutôt atlantiste. Opposition stratégique, politique et aussi idéologique.


    • roman_garev 24 avril 2018 09:40

      @Decouz
      Ces « certains intellectuels russes » n’ont rien « développé » dans le domaine « eurasien », mais tout simplement ont fixé et essayé d’expliquer cette composante intrinsèque du socium russe.


    • Decouz 24 avril 2018 11:53

      @roman_garev
      On ne peut développer que ce qui existe en germe, je n’entendais pas « inventer », à la limite « néo » eurasisme, wikipedia ne précise pas trop dans quelle mesure il y a permanence identitaire, attribuant l’idée à des émigrés russes.


    • roman_garev 24 avril 2018 12:51

      @Decouz
      Wikipedia, dès qu’il s’agit des questions « impalpables », repose sur la base inébranlable de l’anti-russisme (y compris sa partie russe, redigée surtout par des émigrés russes viscéralement russophobes et ces « 2% de merde » définis par un journaliste russe, ces 2% résidant jusqu’à présent en Russie, faute de pouvoir gagner sa vie ailleurs). Inutile donc d’y faire référence sur des sujets pareils.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 25 avril 2018 07:18

      @Decouz
      A ma connaissance, la notion d’Eurasie a été utilisée par Mackinder puis Brzezinski, pour nommer ce qui angoisse les USA depuis le début du 20e siècle : que l’Europe s’allie à la Russie, pour constituer l’ensemble économique le plus puissant du monde, qui mettrait les USA dans les choux.


      "Mackinder au début du siècle avait tracé déjà ce que nous avions vu plus haut développé par Brzezinski, à savoir que « qui gouverne l’Europe de l’Est domine le heartland, qui gouverne le heartland domine l’île-monde, et qui gouverne l’île-monde domine le monde » (le heartland étant le coeur continental).
      L’Amérique suit donc cette voie pour parvenir au maintien de son rang.


      Le chaos organisé en Ukraine a empêché l’alliance Europe/Russie.
      La Russie a changé de pied, et s’est tournée vers la Chine et l’ Iran, ce qui est encore pire pour les USA ! « Les seigneurs de l’ anneau ». 
      D’où la guerre économique des USA contre la Chine, la russophobie hystérique, et actuellement, l’Iran dans le collimateur du camp du Bien ...

      C’est l’arroseur arrosé, l’Occident est directement responsable de cette union !
      A force d’emmerder le monde, de vouloir soumettre tous les pays aux pillages des USA, à force de fake news, de « révolutions colorées », de sanctions économiques contre la Russie et l’ Iran, et de guerres d’ingérence chez leurs alliés, cette union s’est faite. Elle n’aurait sans doute pas eu lieu, si les USA avaient respecté le Droit International.

    • Pierre Pierre 25 avril 2018 07:23

      @Fifi Brind_acier
      Très bon commentaire.


  • grangeoisi grangeoisi 24 avril 2018 09:46

    ...Fiabilité douteuse des miliciens contre les redoutables Pasdarans iraniens...Et il va de soi que les Kurdes sont détestés par les Arabes. : si on vous le dit...non mais... faut le croire !!


    Bref comme d’hab dans les adjectifs !

    En parlant de bourbier il y est bien dedans Poutine...et ça coûte un max et les comptes sont têtus et tenaces !

    Sacrée vieille politique financière de la mise à genoux.

    Visions du monde ! Heureusement que d’aucun nous fournit une clef de compréhension , nous qui risquions d’être si mal orientés. Merci Pierre, sans toi ma boussole aurait été mal compensée !


    • Pierre Pierre 24 avril 2018 13:05

      @grangeoisi
      Si vous ouvrez le quatrième lien, vous lirez que les milices kurdes des FDS et les milices arabes (islamistes) des FDS ont des problèmes d’entente malgré la présence de conseillers étasuniens.

      Le comportement des milices kurdes à Raqqa, une ville 90 % arabe, provoque l’hostilité des arabes.
      Un article récent qui décrit la résistance populaire dans la région tenue par les FDS. (lien)
      Ce ne sera pas l’intervention en Syrie qui pourrait plomber le budget russe. C’est une paille qui est presque entièrement supportée par le budget ordinaire de la Défense. En plus, cela permet de tester de nouvelles armes et cela booste les exportations. 
      Ce qui peut faire mal, ce sont les sanctions contre les oligarques mais il y aura des contre-sanctions.
      Pour le moment, tout cela est compensé par l’augmentation du prix du pétrole.


  • roman_garev 24 avril 2018 13:14

    Et la vision stratégique de la Chine, c’est quoi ?


    Pour ceux qui croient (et surtout qui essaient de faire croire les autres) que la Russie soit seule à affronter le soi-disant « mode civillisé » ou même le « monde entier » (en fait l’Otanie), voici les paroles du leader chinois (lien en russe) lors de sa rencontre de ces jours avec Lavrov à Pékin :

    « La Russie et la Chine doivent continuer à réaliser le consensus atteint entre les leaders de deux pays, ... soutenir l’une l’autre et s’entre-coordonner sur des questions internationales, défendre ensemble le droit international et les principes équitables des relations internationales. »

    Défendre ensemble le droit international, mais contre qui ? Facile à deviner...
    C’est ce que vous ne lirez ni n’entendrez, je crois, de vos MSM.


    • roman_garev 24 avril 2018 14:00

      @roman_garev
      Et si quelqu’un croit que la Chine est toujours à négliger, je l’invite à regarder cette photo représentant... non pas un porte-avions, mais tout simplement une audience d’un tribinal chinois provibcial où le démandeur et le défendeur assistent par l’intermédiaire de l’Internet.

      Je n’ai pas encore entendu parler d’une audience pareille en France... ou ailleurs en soi-disant « monde civilisé ».

  • grangeoisi grangeoisi 24 avril 2018 14:16

    Tout va donc très bien dans le meilleur des mondes. Celui des tyrans...normal quoi ! et bien sûr avec les références adéquates. Pourquoi donc autant de propagande ? smiley


    • Pierre Pierre 24 avril 2018 17:13

      @grangeoisi

      Désolé mais c’est plutôt de la contre-propagande. 
      Qui est le tyran ?
      Celui qui a fait 24,01 % de vote d’adhésion au premier tour d’une présidentielle et qui ensuite, élu par défaut, se prend pour Jupiter et décrète des lois de régression sociale pour le plus grand bénéfice du capitalisme ou celui qui a fait plus de 76 % de vote d’adhésion au premier tour et qui a un programme social comme on n’en a jamais connu chez nous ?
      Et qu’on ne vienne pas me dire que que les élections sont plus honnêtes dans le pays de Jupiter. On n’a qu’à se souvenir comment les « petits » candidats ont été traités par les médias. smiley
      Pour l’autre « tyran », J’espère que vous allez m’expliquer comment il aurait dû faire pour empêcher des fanatiques religieux musulmans de prendre le pouvoir dans son pays sans leur faire la guerre ?
      Et une guerre, surtout civile, cela fait des morts. Pour ce qui est de l’utilisation d’armes chimiques, il n’y a rien de probant, sauf pour ceux qui gobent tout ce que les ennemis de la Syrie racontent.
      Ici aussi, des élections présidentielles vont surprendre les crédules.
      Je suppose que vous allez me dire qu’il aurait dû se retirer et céder sa place à un démocrate mou qui aurait été renversé en quelques semaines par des islamistes qui auraient semé le chaos et fait de la Syrie une Libye bis.






    • grangeoisi grangeoisi 24 avril 2018 18:22

      @Pierre

      Au moins vous savez de qui je parle en disant « tyrans »  !! smiley

    • CRICRI59 CRICRI59 24 avril 2018 18:59

      @Pierre

      Bonjour il faut simplement changer le mode de scrutin pour prendre en compte les bulletins nul, vierge et les abstentions, c’est comme cela que macron a été élu avec moins de 20% des inscrits, nous somme dans une république bananière


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 24 avril 2018 19:58

      @grangeoisi
      Au moins vous savez de qui je parle en disant « tyrans » !!

      Oui, les tyrans sont ceux qui ont des centaines de bases militaires dans le monde.


      Et qui imposent au reste de monde des guerres d’ingérence et de pillage depuis 1846, au nom de leur mission divine...

    • Pierre Pierre 25 avril 2018 07:44

      @CRICRI59

      Bonjour, Je m’évertue depuis des années à expliquer d’abord qu’il y a beaucoup de formes de démocraties et ensuite que la démocratie parlementaire (présidentielle pour la France) n’est pas la moins pire comme parait-il Winston Churchill l’aurait prétendu.
      Il n’y a pas de démocratie parfaite et il n’y en aura jamais. La seule chose qu’on peut espérer est d’avoir des gouvernements qui travaillent dans l’intérêt de leur peuple et qu’ils puissent être révoqués s’ils ne répondent pas à l’attente du peuple. 
      Que d’années perdues avec Sarkozy et Hollande ! Auraient-ils mené la même politique s’ils risquaient d’être révoqués par un vote populaire. Idem pour Macron.

    • Durand Durand 26 avril 2018 00:03

      @Pierre


      Et auraient-ils mené la même politique à court terme pour de basses raisons carriéristes, si comme en Chine il n’y avait pas d’élection ? 
      Auraient-ils seulement existé politiquement ?

      Comme vous le dites, le principal est d’avoir des gouvernements qui travaillent dans l’intérêt de leur peuple et pour l’unité de leur nation..., au moins tant que les néocons américains n’aurons pas été neutralisés, ainsi bien-sûr que ceux qui financent leurs guerres, leurs coups d’état et leurs assassinats politiques à travers le monde depuis plus d’un siècle. 

      Tant qu’existera cette hégémonie criminelle, il n’y aura pas une seule démocratie pour sauver l’autre.





  • roman_garev 24 avril 2018 16:51

    Une image-blague vraiment « à la russe » :


    Plans pour le Mai 2018 :
    7.05 : L’inauguration
    8.05 : La guerre avec les USA
    9.05 : Le défilé de la Victoire

    Les Russes n’ont jamais le moral en berne !


  • hdelafonte 24 avril 2018 17:02

    @Pierre

    J’ai une question pour vous, légèrement hors sujet par rapport à cet article.

    Ne pensez-vous pas que le véritable clivage réside actuellement entre, d’une part, Israël qui a défini comme ligne rouge la présence iranienne en Syrie, et d’autre part La Russie qui devrait bien se positionner si des frappes Israéliennes continue à détruire les bases iraniennes ?

    Je précise qu’Israël ne fait pas partie de l’OTAN, et à son propre agenda. Aux dires d’un responsable israélien, la dernière frappe israélienne a été le premier exemple de frappe réelle sur des cibles et des intérêts iraniens. Israël ne tolérera pas, sur sa frontière, d’une force militaire iranienne… Le contexte actuel d’un affrontement quasi inéluctable entre Iraniens et Israéliens me semble être Le principal challenge pour les Russes. À ma connaissance, il n’y a pas d’accord militaire entre Russie et Iran en cas d’agression…


    • roman_garev 24 avril 2018 17:11

      @hdelafonte
      « le véritable clivage réside actuellement entre, d’une part, Israël qui a défini comme ligne rouge la présence iranienne en Syrie, et d’autre part La Russie qui devrait bien se positionner si des frappes Israéliennes continue à détruire les bases iraniennes »


      Non. Les démêlés marginaux israëlo-iraniens, tout comme turco-kurdes, ne touchent pas actuellement la Russie, donc elle ne doit aucunement (et à personne) « se positionner » dans ces jeux danc le bac à sable, ne vous en déplaise.
      La Russie, avec la Syrie, a d’autres chats à fouetter : en finir avec tous les restes des islamistes armés en Syrie, y compris (en dernier lieu) ceux qui se sont refugiés à l’est de l’Euphrate sous la tutelle americaine.
      Après, on verra.

    • Pierre Pierre 24 avril 2018 17:48

      @hdelafonte
      Pas de problème, on reste dans le thème. 

      Je vous donne non avis qui est basé sur ce que j’ai pu apprendre sur des sites russes.
      Comme je l’ai précisé dans l’article, il y a des va-t-en-guerre aussi bien en Russie que chez nous mais ce qui m’intéresse, c’est ce que les dirigeants politique russes font et cela semble plutôt être une politique d’apaisement en évitant une escalade militaire entre l’Iran, la Syrie et Israël.
      Les Russes veulent éviter des pertes et, à mon avis, ne s’engageront qu’en cas d’extrême nécessité.
      Israël n’est pas fou au point de s’en prendre à des bases russes comme le stupide président Saakachvili en 2008. 
      Je pense que la Russie va sérieusement renforcer la défense antiaérienne syrienne pour dissuader Israël d’encore mener des attaques aériennes en Syrie et qu’elle va faire pression sur les Iraniens pour qu’ils restent loin de la frontière israélienne.
      Une fois la totalité du territoire syrien libéré, les Iraniens resteront en Syrie à leurs risque et péril. C’est mon avis qui vaut ce qu’il vaut.

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 24 avril 2018 19:30

      @hdelafonte
      Je précise qu’Israël ne fait pas partie de l’OTAN,

      Bien sûr qu’Israël fait partie de l’ OTAN.


    • lejules lejules 24 avril 2018 23:08

      @Fifi Brind_acier
      « Bien sûr qu’Israël fait partie de l’ OTAN. »


      merci du lien ceci dit la position d’Israël est ambiguë elle en fait parti tout en n’en faisant pas parti. ah ! politique quand tu nous tiens. 

    • hdelafonte 25 avril 2018 00:22

      @Fifi Brind_acier

      Merci pour cette précision , j’etais Persuadé du contraire....


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 25 avril 2018 07:35

      @hdelafonte
      Si vous regardez la liste des 29 pays membres de l’ OTAN, vous ne trouverez pas Israël, et pourtant du fait des accords passés avec l’ OTAN, cela revient au même...


      Pareil pour l’arme atomique. La France a aidé Israël à avoir la bombe atomique, mais silence radio ! Faut pas en parler. L’Iran, qui n’a pas d’armes atomiques, est désigné comme le Grand Satan, « le danger pour la paix dans le monde », toussa, toussa...

      Mais pas Israël, ni le Pakistan, ni l’ Inde, à qui personne n’a demandé de signer le Traité de non prolifération des armes nucléaires !
      Cf l’article de Bruno Guigue sur « la fable de la menace nucléaire iranienne ».

  • L'enfoiré L’enfoiré 24 avril 2018 17:21

    Pierre, bonjour,

    "Les relations diplomatiques entre les États-Unis et le Russie se sont dégradées au point que beaucoup d’experts estiment qu’elles sont pires que du temps de la guerre froide."

    Pourquoi ?
    Parce que les méthodologies d’opposition entre ces deux blocs on changé depuis la guerre froide.
    Ce n’est la recherche au mégatonnes qui importent, mais par la radicalisation des moyens de la guerre moderne. 
    Tous les acteurs savent depuis lors que l’on ne peut les utiliser si on ne veut pas se retrouver au ban de la société des nations.
    La guerre par les gaz chimiques est une exemple qui fait réagir.
    Demain, ce seront peut-être les armes bactériologiques et ensuite nucléaires.
    On joue plutôt, tout en finesse avec des armes du futur qui sont tout aussi néfastes.


    • Pierre Pierre 24 avril 2018 18:32

      @L’enfoiré

      Bonjour et merci pour ce commentaire.

      Ma perception de la dégradation des relation entre les Etats-Unis et la Russie est décrite dans l’article.

      Je pense que les Etats-Unis étaient persuadés que la Russie ne se redresserait jamais.
      Il y a beaucoup de déclarations de responsables étasuniens qui confirment ce que je dis. 
      Par exemple : Barack Obama qui a déclaré que la Russie est une puissance moyenne dont on peut négliger l’avis ou Samantha Power, l’ambassadrice à l’ONU, qui a dit à Vitali Tchourkine que la Russie a perdu la guerre froide et n’avait de ce fait plus son mot à dire (concernant la Syrie).
      Syrie, Ukraine, Crimée... le réveil a été brutal mais les dirigeants des Etats-Unis restent persuadés qu’ils finiront par écraser économiquement la Russie et qu’ils doivent garder une attitude agressive.
      La Russie cherche le dialogue mais ne reçoit que du mépris et de l’hostilité en retour. Elle a déjà fait tellement de concessions depuis 25 ans qu’elle n’est plus prête à encore en faire la moindre d’où l’irritation des Occidentaux qui sont habitués à faire ce qu’ils veulent : Irak, Afghanistan, Libye, etc.

  • Dom66 Dom66 24 avril 2018 19:01

    Bonsoir Pierre,

    merci pour votre article, pour les « lecteurs » d’Agora VOX, je ne sais pas, vous chagrinez la même bande de russophobe qui trollent sur les sujets qui mettent en cause la Russie et Poutine, enfin, votre analyse est bonne, mais à la place d’un simple « merci conventionnel pour votre article », je vais juste commenter certain passage, histoire de « causer », mais de toutes les manières je suis d’accord avec vous.

    « elle ne semble plus craindre un affrontement direct. » Ayant pas mal discuté avec des amis

    Russo-Français, ces derniers temps je pense que les Russes n’ont pas envie d’une guerre, mais de relations normales et pacifiques avec le reste du monde, ils ne comprennent pas le comportement des occidentaux.(dirigeants) Poutine est bien vu par la majorité du peuple, c’est qu’il a redonné une puissance militaire à la Russie, de plus, malgré les sanctions occidentales, il y a beaucoup de cotés positifs.

    Enfin une chose positive, c’est que la Russie et la Chine ne peuvent plus être pris pour des faibles.

    Et ça en fait réfléchir quelques uns sauf micron sans doute.

    « l’émergence de puissances concurrentes comme la Chine, la Russie, l’Iran ou l’Amérique du Sud. »

    L’Amérique du sud n’est pas pour le moment un souci primordiale pour les US.

    Oui la majorité de la population US se prend pour les sauveurs du monde, et avec leurs médias, ils sont persuadés d’êtres les meilleurs, et ne comprennent pas pourquoi certains ne les aiment pas.

    « Il n’y a pas de cynisme dans cette croyance, ils pensent sincèrement que leurs valeurs sont universelles et apportent la prospérité et le bonheur. »

    c’est exactement ça, pour ceux qui connaissent les USA…...Mais cela commence à gonfler, je n’ai plus envie d’aller aux US, ils sont devenu pénibles, et même très cons d’en l’ensemble, et pourtant j’ai mes amis Amérindiens a voir

    Bonne journée


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 08:51

      @Dom66
      Bonjour et merci pour votre bon commentaire.

      Juste quelques réponses.
      - Le suivi des commentaires est mieux quand les trolls sont bloqués. J’ai bien précisé « trolls », les commentaires critiques ne sont pas visés.
      - A part certains docteurs Folamour, personne ne veut de guerre et surtout pas les Russes qui n’ont rien à y gagner. Mais si leur sécurité était menacée, ce ne serait pas la même chose.
      - Pour l’Amérique du Sud, je pensais au passé : du temps de Lula, de Chavez et de Kirchner.

      PS. L’inspiration de cet article m’est venue après une discussion avec un client américain.

    • Dom66 Dom66 25 avril 2018 11:41

      @Pierre
      merci pour votre réponse
      « ce ne serait pas la même chose » ça c’est une chose certaine.....


  • izarn izarn 24 avril 2018 20:55

    Vous savez, votre vision des USA me fait bien rire.
    Les empires ont toujours déclaré qu’ils étaient uniques et éternels pour se justifier, supérieurs aux autres, un exemple facile : Les nazis depuis 1933, leur Reich millénaire devant dominer les races inférieures. Oui reductio ad hitlerum, mais c’est excatement le même topo...
    Topo dérisoire, au sens Historique. Puisque tout ces empires ont disparu...
    Si c’est la vision stratégique des USA, il y’a de quoi bien rigoler ! smiley
    Ensuite la vision stratégique de la Russie. En fait elle n’a qu’une seule vision urgente, celle de se protéger contre l’Empire, et de rester nationale et souveraine, c’est à dire protéger la liberté des russes et leurs alliés.
    Je ne sais si vous croyez que les USA protège la France, faites moi un dessin, j’ai rien compris !
    Ensuite vous nous faites croire que finalement les USA n’ont pas vraiment utilisée leur force militaire, ni leur technologie contre Daesh...Ou plutot contre Assad...Non ?
    Soit Trump a fait exprés de faire abattre ses missiles pour plaire à Assad, soit il s’est réellement pris une claque magistrale par la technologie russe, qui comme d’habs, reste dans l’ombre, mais avec une redoutable efficacité.
    Alors vous croyez que les USA ont les moyens de rester en Syrie ?
    Moi je commence à en douter trés fortement, et quand Trump déclare partir, c’est en fait qu’ il ne peut pas faire autrement...
    Ce qui change radicalement la donne de votre article, à revoir de fond en comble.


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 09:44

      @izarn
      Je pense que vous n’avez pas bien compris mon article. 

      Si vous vous placer d’un point de vue étasunien, vous n’aurez pas l’impression d’être un empire déclinant et vous vous comporterez en impérialiste qui peut mentir ou tuer et qui n’a pas de compte à rendre. Et aucun esprit rationnel ne peut les faire changer d’idées, c’est plutôt inquiétant, non ?
      De mon côté, je ne vois pas ce qu’il y a de rigolo à être vassal des Etats-Unis et de l’OTAN. C’est contre nos intérêts et cela m’irrite plutôt.
      Le problème de la protection de la France ne se pose pas sur le continent européen, il n’y a pas de menace. 
      En revanche, en perdant Alstom au profit des Etats-Unis, la France perd la possibilité d’encore construire de manière indépendante des turbines pour de nouveaux sous-marins nucléaires et en utilisant des composants étasuniens pour ses Rafales, elle permet aux Etats-Unis de décider à qui elle peut les vendre.
      Bientôt ses armes nucléaires seront sous le contrôle de l’OTAN et il ne restera rien de l’héritage de de Gaulle.
      Les missiles n’ont pas une durée de vie éternelle. Vous avez peut-être raison en disant qu’il a envoyé de vieux missiles pour être détruits par les Russes. Les Russes ont été malins et n’ont pas tiré. Ce sont de vieux missiles antiaériens syriens qui ont peut-être détruit de vieux missiles de croisière étasuniens. C’est une possibilité mais les nouveaux missiles dont Trump a parlé arriveraient alors sans doute avec le porte-avions USS Harry S. Truman et son escorte.
      Je crois que les Etats-Unis ont les moyens de rester en Syrie si c’est les autres qui paient la note. Pour le moment, c’est calme à l’est de l’Euphrate mais le feu couve parce qu’il y a eu destruction et pas reconstruction. Ils savent que cela va péter et ils ne voudraient plus être au sol quand cela arrivera. Ils ont le choix. 1. Se retirer. 2. Etre remplacé. 3. Rester et se renforcer (au moins 100.000 soldats).
      PS. Évitez les points Godwin. On doit déjà supporter un bouffon qui compare Poutine à Hitler, des médias incultes qui parlent de l’Hitler de Damas après celui de Bagdad, des néonazis partout en Europe... Stop, trop c’est trop.

  • grangeoisi grangeoisi 24 avril 2018 22:49

    Heu à revoir surtout niveau certificat d’études le Pierre mais avec une VUE STRATÉGIQUE car pour la vision pas demain la veille ! Mort de rire allez bonne soirée les cloportes...Eteignez .... vos lumières en partant !!


  • lejules lejules 24 avril 2018 22:55

    @pierre

    merci de cet article qui essaie d être honnête lucide et réaliste.

    « cette politique affaiblit les deux camps et elle permet à un troisième larron, la Chine, de méthodiquement étendre sa zone d’influence en Asie tout en construisant une alliance stratégique avec la Russie. »
    le grand vainqueur de la guerre en Syrie est la Chine. Sans un seul coup de feu sans aucun mort elle a réussit a débloquer, en parallèle des oléoducs,  la route de la soie que les américains bloquent depuis des années.
    Il ne serait pas surprenant que la chine installe un port de dimension internationale en Syrie. elle seul a les capitaux et les moyens d’acheminer les matériaux pour la reconstruction du pays. la chine peut dorénavant installer des bases en méditerranée militaire ou commerciale.
    Israel n’a plus les moyen de ses rêves de construire un grand Israël et les USA doivent renoncer a leur main mise et de remodelage du moyen orient .
    on peut penser que la politique US va se retrouver en Ukraine peut être au Yémen ou en Birmanie ? (A suivre....)


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 25 avril 2018 07:43

      @lejules
      La Chine a installé un port militaire à Djibouti.
      La Chine semble plus intéressée par l’ Afrique que par le Moyen Orient, non ?


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 09:56

      @lejules
      Il est très difficile de décrypter les desseins des Chinois mais la route ou plutôt les routes de la soie impliquent la construction de comptoirs ou de relais et la Syrie pourrait effectivement en être bénéficiaire.  L’Ukraine... elle va s’effondrer et il faut au moins 100 milliards d’euros (que personne n’est prêt à débourser) pour la redresser. Je ne sais pas ce qu’elle va devenir : Partition ? Chaos ? Dictature militaire ? Pays ruiné et insolvable ? Autre chose ? Impossible de répondre. 


  • Fanny 24 avril 2018 23:06

    Bel article. Exposé clair, neutre et non polémique de l’état des lieux.

    Les deux « partenaires » sont messianiques, sur fondement religieux, plus dur peut-être à l’Ouest qu’à l’Est malgré les apparences (« l’exceptionnalisme » US). Cette dimension religieuse mériterait d’être développée. La Bible est implicitement au cœur du débat avec eschatologies, avancées sociétales, argent et missiles de croisière comme arguments. Le schisme de 1054 est toujours à vif.

    Le « partenaire » silencieux, la Chine, observe ce bras de fer FUKUS/Russie avec intérêt et se tient prêt à en récolter les bénéfices.

    L’Europe, marginalisée par WW I et II, est peu présente tant au plan spirituel que géopolitique et s’interroge sur l’échéance à laquelle elle pourrait changer de patron, et troquer les hamburgers pour des tofus. En attendant, elle tient le rôle de laboratoire de la globalisation avec transfert de populations du Sud vers le Nord : ça passe avec dividendes aux multinationales, ou ça casse avec pertes et fracas.

    Ce bras de fer FUKUS/Russie est interne à la civilisation occidentale gréco-judéo-chrétienne. C’est à la fois son point fort, la compétition entre les visions « progressiste » (globaliste) et « conservatrice » (multipolaire) forçant ces deux visions à donner leur meilleur, le vainqueur imposant à terme sa vision au reste de la planète, comme ce fut le cas à la chute de l’URSS pour la globalisation en marche. Et tout à la fois son point faible car le continent eurasiatique, cœur géopolitique et civilisationnel de notre planète, s’en trouve coupé en deux.

    En embuscade le chaos ou l’inattendu : effondrement de la mondialisation financière avec ou sans WW III, effondrement de la Chine et de l’Asie, version modernisée d’un communisme globalisé (le plus probable ?) …

    J’arrête ici ma gamberge qui n’a pas grand sens, car l’avenir est toujours imprévisible.


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 10:10

      @Fanny
      Bonjour et merci pour vous être laissé aller à ces réflexions

      N’importe laquelle peut se réaliser mais... comme vous dites, l’avenir est imprévisible

  • ELCHETORIX 25 avril 2018 00:17

    Ayant lu cet article proposé par l’auteur suivant : Pierre Van GRUNDERBEEK , sur le site réseau international , je vous remercie de l’avoir publié sur AGORAVOX .

    C’est ainsi que je m’informe depuis 2011 sur tous les sites alternatifs au sujet des événements qui se déroulent en SYRIE qui sont pour ma réflexion le coeur de l’affrontement entre l’issue pour le monde entre le devenir économique et social des nations multipolaires respectueuses du droit international et celles de la domination sans partage de la « communauté internationale » auto-proclammée des FUKUS .
    Au final les nations multipolaires l’emporteront lorsque la SYRIE aura retrouvé son intégrité territoriale de nation souveraine incluant la récupération du plateau du GOLAN , primordiale car il y a d’importantes réserves d’eau douce ainsi que des gisements de gaz et de pétrole .
    Donc , le président de la Fédération de RUSSIE ne pourra pas faire l’impasse de la récupération de ce territoire pour l’intégrité et le devenir de la SYRIE .
    Car éradiquer le terrorisme en SYRIE revient à anéantir les mercenaires du FUKUS qui ont toujours manigancer pour le grand israèl , tout en voulant piller les richesses en hydrocarbures du Moyen-Orient .
    RA .

    • Pierre Pierre 25 avril 2018 10:25

      @ELCHETORIX
      D’accord avec vous pour les sites alternatifs mais il faut aussi lire les médias mainstream pour comparer. On y trouve parfois de bons articles comme celui de Jean-Pierre Filiu (qui reste un anti-Bachar al Assad et anti-Poutine invétéré) de la note de bas de page 4.

      D’accord que Réseau international propose de bons articles. A ne ne pas confondre avec le Courrier international qui est devenu un site de merde depuis qu’il a été repris par Le Monde.

  • zygzornifle zygzornifle 25 avril 2018 08:29

    Cela permet aux états unis et a la Russie de mettre la flippe aux autres pays et a les inciter a s’armer en achetant du matos made in USA ou made in Russia , c’est bon pour leur économie .....

    De toute façon le sans dents restera un sans dents , qu’il ne s’inquiète pas et qu’il regarde cette représentation de théâtre animée par les médias qui font encore monter la pression , c’est leur job de transformer une piqûre d’insecte en membre arraché .... 

  • Blé 25 avril 2018 14:03

    En lisant cet article, j’ai bu du petit lait.

    Les U S A comparés aux pays européens est un pays neuf, or, ce pays tout neuf a toujours été en guerre depuis sa création à l’extérieur de son territoire.
    Cela donne à réfléchir même si on ne connait pas grand chose dans le développement politique de ce pays.
    Pour faire la guerre à longueur d’années (on pourrait parler de siècles à présent) il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Où ce pays trouve t-il l’argent nécessaire ?
    Mon raisonnement est peut-être au ras des Pâquerettes mais il m’a permis de comprendre beaucoup de choses (la politique hégémonique des U S A via l’économie, le commerce, les multinationales, Mac do....)et aussi entre autre la politique de de Gaulle envers les U S A (il les mis à la porte et il a reconnu la Chine.

    Avec la mondialisation, peut de dirigeants occidentaux en responsabilité s’intéressent au long terme ( une perspective de 15-20 ans) ce qui n’est pas le cas de la Chine et de la Russie.

    Les U S A (les dirigeants) pensaient sans doute pouvoir aussi mal traités les russes que les français, mais avec Poutine, ils sont tombés sur os, il aime son pays et son peuple.
    Ce qui n’a pas été les cas avec Sarkozy, Hollande et Macron, tous trois tournés vers la culture anglo saxonne et passablement méprisant envers les populations françaises.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 25 avril 2018 17:37

      @Blé
      Où trouvent -ils l’argent ? Dans une dette pharaonique !


    • Pierre Pierre 25 avril 2018 23:38

      @Blé
      « Où ce pays trouve t-il l’argent nécessaire ? »

      En utilisant des méthodes de flibustiers. L’Etat à besoin de dollars. Il émet des bons du Trésor (obligations d’Etat). Les banques privées qui ont des liquidités les achètent ainsi que les Etats qui ont des réserves monétaires : la Chine, le Japon, les monarchies pétrolières du Golfe etc. 
      Quand les banques privée n’ont plus de liquidités et que les Etats qui ont des réserves monétaires n’investissent plus dans les bons du Trésor américain, la FED lance des quantitative easing (création monétaire) et elle achète des actifs aux banques privées qui de ce fait ont de nouveau des liquidités pour acheter des bons du Trésor. 
      Les Etats-Unis ont de nouveau des dollars sur leur compte et peuvent les dépenser. 
      Quand le compte des Etats-Unis approche de zéro, on recommence l’opération.
      Normalement, une dette se rembourse. Les banques privées gardent alors les intérêts et efface l’argent créé en mettant les comptes à zéro.
      Mais... les Etats-Unis ne remboursent pas leurs dettes. Ils émettent de nouveaux bons du Trésor pour racheter ceux qui arrivent à échéance et c’est ainsi que la dette publique des Etats-Unis est passée de 10.600 milliards de dollars à 21.000 milliards de dollars en 10 ans. 
      Cette méthode a toutes les caractéristiques d’une pyramide de Ponzi. Elle s’écroulera quand le dollar perdra son rôle de monnaie internationale et que tous les dollars créés rentrerons aux Etats-Unis.
      C’est une menace mortelle pour les Etats-Unis et il sont prêts à faire la guerre pour sauver leur système.

  • Durand Durand 25 avril 2018 22:00


    Le deep state est à la fois l’ennemi de Trump et de Poutine. Les deux Présidents agissent en accord plus ou moins tacite et tiennent l’avenir de l’Europe entre leurs mains. 
    Conséquence des traités européens, l’UE est entravée financièrement, diplomatiquement et militairement. Elle obéira à Trump jusqu’à ce qu’il n’ait plus besoin d’elle... Dans le « grand jeu », l’UE fait de la figuration et finalement, je ne pense pas que Poutine ait à s’en plaindre lui non plus.

    Si c’est la troisième guerre mondiale qui est engagée, elle se joue à deux et en trompe-l’œil...

     La dernière opération en Syrie est une victoire de Trump contre le deep state... Elle prouve l’infériorité militaire occidentale et lui procure la meilleure des raisons pour rapatrier ses troupes, comme il l’a promis. 
     L’affaire Skipal et l’attaque chimique étaient de grossiers coup montés pour justifier cette attaque. À part du blabla diplomatique et le verrouillage de l’espace aérien avec les S300 suite à l’attaque sur la Syrie, Poutine a laissé faire sans contre-attaquer.

     A noter également que Trump vient de refuser les crédits pour construire une nouvelle base en Syrie...

    Malheureusement, cette guerre fera encore des morts..., surtout si les néocons n’ont pas bien compris que les armées de la coalition venaient de se prendre une déroute technologique et qu’ils réclament une deuxième couche... Mais dans l’ensemble, Trump et Poutine sont daccord pour éviter le pire. 
    Dieu les garde !

    Au point où nous en sommes, le mieux que les Français puissent faire, c’est de rester calme et de se préparer au grand reset géopolitique qui suivra la fin de la partie. 




    • Pierre Pierre 26 avril 2018 00:01

      @Durand
      Merci pour votre commentaire. Je suis d’accord avec vous sur tous les points.

      Je viens de laisser un commentaire ci-dessus à Blé qui explique le déficit des Etats-Unis.
      Trump a promis de diminuer la dette des Etats-Unis mais elle a augmenté de 1000 milliards de dollars depuis son arrivée au pouvoir. Je comprends qu’il refuse l’argent pour créer une nouvelle base en Syrie. Pour lui, le budget du Pentagone doit prioritairement servir à moderniser les Forces armées des Etats-Unis dont le matériel est dépassé par le russe.

  • zygzornifle zygzornifle 26 avril 2018 08:48

    Les Ricains sont comme la CGT , ils foutent le bordel partout .....


  • JMBerniolles 26 avril 2018 09:43
    Bonjour,
    C’est toujours très intéressant de vous lire.

    Je nuancerais un peu : Ce ne sont pas les USA en tant que tels qui gouvernent, mais un empire, essentiellement financier quand bien même il aurait parfois un support industriel, à base anglo saxonne. La politique que cet empire impose ravage également les USA.

    Les pays qu’il a sous sa coupe sont en train de sombrer rapidement. Les déclarations de Trump sur le retrait des troupes américaines de Syrie n’a rien à voir avec une politique de distanciation mais ressort entièrement de motifs d’ordres financiers...  
    En France la dégradation est également rapide. Le verrouillage de l’information et la propagande médiatique empêchent les français de s’en rendre compte, mais une visite dans un hôpital par exemple leur fait vite comprendre que du point de vue de la santé notamment nous nous rapprochons de l’état failli

    • lloreen 26 avril 2018 10:46

      « nous nous rapprochons de l’état failli ».

      L’état américain est failli depuis 1933 et les états européens ne tiennent plus la distance non plus en raison de la privatisation du système monétaire.
      Ce fut le cas dès 1973 et la loi de finance (monsieur Giscard d’Estaing était alors ministre des finances) appelée Pompidou qui fut le premier représentant officiel de la dynastie financière des Rothschild. Monsieur Macron est carrément leur associé-gérant et ce sont eux qui ont sponsorisé son accession à présidence républicaine.
      https://www.valeursactuelles.com/politique/coulisses-politiques-quand-rothschild-sponsorise-macron-72133

      Tous les états sont faillis et reposent sur l’escroquerie de la monnaie-dette qui consiste à s’approprier les biens des nations et des privés grâce à leur assujettissement à la juridiction maritime.


    • Pierre Pierre 26 avril 2018 11:38

      @JMBerniolles
      Bonjour,

      Je suis d’accord avec votre nuance. L’Empire est symbolisé par les Etats-Unis mais il est évidement international avec quand même une prépondérance anglo-saxonne. 
      Je n’ai pas abordé le problème de la dépendance des pays occidentaux face à leurs créanciers. Tant que le monde à besoin de dollars pour commercer et que les utilisateurs ont confiance dans le système, le système continuera.
      Je donne une explication simplifiée de ce système un peu plus haut à Blé. C’est évidement le même mécanisme pour d’autres devises mondiales. 
      Les spécialistes de la finance sont conscients du danger et demande d’équilibrer les comptes mais cela oblige les Etats à réduire leurs dépenses et à augmenter les recettes.
      Donald Trump qui a une formation économique est particulièrement conscient du danger de la dette publique étasunienne (c’était dans son programme électoral) mais il s’interdit d’augmenter les recettes fiscales. 
      Il mise sur une augmentation de la croissance économique notamment en rapatriant les sociétés étasuniennes dispersées dans le monde moyennant des avantages fiscaux pour qu’elles investissent dans le pays et en réduisant les dépenses à fonds perdus comme les bases militaires en Syrie.
      Je n’ai pas le lien sous la main mais j’ai lu que des Kurdes et les FDS s’enrichissent honteusement avec les dollars que les Etats-unis dépensent en Syrie de l’est.
      Il est clair que si la dette publique des Etats-Unis double tous les 10 ans et qu’en plus les Etats-Unis utilisent le dollar comme moyen de pression contre d’autres pays, les transactions en dollars vont diminuer et il deviendra de plus en plus difficile de trouver des acquéreurs de bons du Trésor.








    • Pierre Pierre 26 avril 2018 12:16

      @lloreen
      Vous soulever deux problèmes importants que je n’aborde pas dans l’article dans votre commentaire.

      La dette souveraine et la confiscation de la démocratie grâce à l’argent.
      Avoir plus de dettes qu’on ne peut rembourser ne rend pas un Etat insolvable s’il a le contrôle de sa monnaie. Voyez l’exemple japonnais. Ce pays a un endettement de 250 % du PIB mais le yen reste une valeur refuge. (lien)
      Si la confiance dans le dollar se maintient et les Etats-Unis ont des moyens de coercition pour y arriver, ils peuvent suivre la même voie. Donc prudence, ne vendons pas la peau de l’ours (les plumes de l’aigle dans ce cas-ci) avant de l’avoir tué.
      La confiscation de la démocratie grâce à l’argent est liée à la dette des Etats qui profitent à certaines banques. Voyez par exemple à quel taux la Grèce emprunte et voyez ce que cela rapporte (lien).
      Pour les banques, la banque Rothschild dans ce cas, financer une campagne électorale d’un président, c’est des clopinettes et quand ce président est un ancien employé qui veillera aux intérêts de la banque, c’est le Jackpot. 
      Malheureusement, nos démocraties sont devenues des affaires d’argent, de propagande et de promesses (dans le cas de Macron, il n’avait pas de programme détaillé) non tenues.

       


  • lloreen 26 avril 2018 10:01

    L’objectif suivi est en coulisses est celui-ci :
    https://www.youtube.com/watch?v=iCKadFTSu0Q

    Il n’est rien d’autre que celui déjà exposé quelques millénaires plus tôt et suivi par les Pharisiens de la « synagogue de Satan » à cette époque . Le reste est de l’emballage plus ou moins réussi. L’enjeu et le défi du XXIème pour l’humanité est de faire en sorte que cette abjection ne voie jamais le jour si elle veut survivre.


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