mardi 15 mai 2012 - par Intelle

Voyons maintenant l’autre facette du pouvoir

Le mardi 15 mai, nous allons souhaiter la bienvenue à notre nouveau Président. Son élection a tenu en haleine tous ceux qui espèrent un changement en France. Ce jour tant attendu est arrivé, l’officiel, celui où l’on va voir l’ancien donner les clés de l’Elysée au nouveau. Ils vont tous deux nous jouer la scène de la cordialité et de la bonne humeur, surtout pour celui qui s’en va…
 
Personnellement j’avais voté pour celui qui me paraissait le moins mauvais, lui faisant plus confiance sur la franchise et la sincérité que j’ai discernées dans ses propos que sur son CV. Celui qui nous a imposé un si mauvais scénario pendant ces cinq années, sachant tirer les ficelles du pouvoir, a beau être parti, il a été remplacé par un petit nouveau dans l’art de gouverner, et il y aura sûrement des choses à redire pendant le prochain quinquennat, tout ne sera pas parfait. François Hollande a trouvé la France malade ou en panne, c’est selon, il lui faudra trouver les bons outils pour la remettre sur pied.
Je crois tout de même que nous devrons rester vigilants et ne pas remettre un chèque en blanc au nouveau gouvernement.
Je ferai référence à deux citations, de deux femmes, la première de Danielle Mitterrand :
 
"Après 1981, je demandais à François Mitterrand :
- Pourquoi, maintenant que tu en as le pouvoir, ne fais-tu pas ce que tu avais promis ? Il me répondit qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque Mondiale, le capitalisme, le néo-libéralisme.
Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.
J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme.
J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. En France, on élit, et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire".

Le seconde, de Rosa Luxemburg, militante révolutionnaire allemande (1870-1919) :

‘’ C’est pure folie que de s’imaginer que les capitalistes pourraient se plier de bon gré au verdict socialiste d’un Parlement, d’une Assemblée nationale, qu’ils renonceraient tranquillement, au profit, aux privilèges de l’exploitation. Toutes les classes dominantes ont lutté jusqu’au bout pour leurs privilèges, avec l’énergie la plus tenace.’’
 
Cela laisse perplexe, n’est-ce-pas ? Nous pouvons penser que nous ne sommes gouvernés que par les capitalistes, eh bien pas si sûr que ça. C’est tout de même au gouvernement qu’il échoit de prendre les bonnes décisions concernant la bonne marche de l’économie du pays.
Mais comme ceux qui possèdent les capitaux n’ont pas envie d’être partenaires d’un gouvernement de gauche, les pépites et louis d’or deviennent facilement « transportables » vers des paradis fiscaux, ils prennent la « fuite ».
 
Notre Président va donc avoir une lourde tâche, en plus de la trésorerie nationale, la renégociation du traité européen, des mesures fiscales à prendre dès juillet, le dossier des retraites (attention pas de bavure, sinon il y aura des mécontents). Il va devoir se soucier aussi des prix des carburants, qui ont atteint des sommets ces derniers mois.
Et l’emploi ? Comment convaincre les entreprises qui délocalisent de rester ou revenir en France ? Il va devoir leur donner des garanties, sinon retour à la case départ.
 
Alors défaitiste avant de l’avoir vu à l’œuvre ? Non, je fais malgré tout confiance, ça ne peut pas être pire que ce que nous avons connu précédemment, humainement il a l’air d’être attentif aux gens.
Son prédécesseur aussi nous a bien écoutés au début de son mandat, il nous avait fait de belles promesses, qu’il n’a jamais tenues. Et puis il s’est laissé enivrer par le pouvoir, nous a donné à voir son spectacle bling-bling, la valse des scandales, son arrogance et sa fausse sympathie envers les gens du peuple.
 
Il ne doit plus y avoir personne qui dort dehors, de familles entières faisant la queue aux Restos du Cœur pour avoir à manger, devant Pôle Emploi espérant un travail, des jeunes se demandant ce qu’il va advenir d’eux après leurs études…
Je ne veux plus lire ni entendre d’insultes envers les pauvres, comme celles du ministre Laurent Wauquiez traitant les bénéficiaires du RSA de « cancer de la société ». Il aurait dû être déchu de ses fonctions immédiatement.
 
Je n’ai plus envie de voir chaque année la liste des légions d’honneur attribuées à des artistes (souvent amis de l’ex-président, d’ailleurs), elles ne devraient être données qu’à des hommes et femmes ayant œuvré pour le bien-être de l’humanité.
Utopiques tous ces souhaits ? Non c’est dans le domaine des possibles. Il incombera au nouveau Président d’être juste, respectueux du peuple qui l’a élu, même de ceux qui n’ont pas voté pour lui.
N’oublions pas que la France est le pays des Droits de l’Homme.



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