Commentaire de Gérard Ayache
sur Canicule, la sécurité en perspective
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@Demesure
je vais essayer de répondre à vos arguments point pas point.
1- Si personne ne nie le changement climatique je ne vois pas où est votre problème. J’avais cru comprendre le contraire, d’autant plus que vous dites à la fois que l’on ne peut nier le changement climatique et que le réchauffement climatique est une mascarade. Confusion ??
2- Vous n’êtes pas ignorant sur le fait que le changement climatique est un système complexe qui a des origines très diverses au fil des temps. La plupart des scientifiques que vous connaissez certainement remarquent que la courbe des émissions de CO2 augmente de façon extrèmement significative depuis les périodes industrielles. Et que cette élévation du taux de CO2 est corrélée avec une augmentation régulière des températures. Certes dans le passé d’autres facteurs ont joué dans le changment des climats. Mais en l’occurrence, pour ce qui concerne notre période actuelle, la présomption de facteur anthropogène est forte.
3- Il est vrai que la science se retrouve dans l’impossiblité de prédire l’évolution des ces phénomènes complexes ; elle est de plus incapable de connaître le seuil de rupture éventuelle d’un écosystème. En revanche l’observation simple que tout le monde peut faire conduit à comprendre que des phénomènes extrèmes se produisent avec des conséquences humaines que l’on ne peut négliger à moins d’être parfaitement irresponsable ou d’être un scientifique enfermé dans sa bulle spéculative.
4- Je ne dis pas que l’homme peut faire quelque chose contre le changement climatique. C’est trop tard. Je dis en revanche que certaines conduites peuvent contribuer à enrayer le processus dans lequel nous sommes engagés. Il serait irresponsable à cet égard de continuer à fonctionner « comme avant » tout en sachant les risques que nous encourons. En disant cela, je ne sous-estime nullement, bien au contraire, les autres risque que vous évoquez. Vous conviendrez tout de même que ces risques : pauvreté, maladies infectieuses, famine etc... sont considérablement aggravés par les impacts climatiques comme notamment la sécheresse. Le CC est un facteur de paupérisation et de mise en danger du monde que l’on ne peut continuer à occulter.
5- Dans tout cas complexe vous aurez des pour ou des contre, vous aurez des avis contradictoires. Vous me citez des scientifiques qui dénoncent des arguments exposés par d’autres. Je peux vous citer des références absolument contraires que vous connaissez certainement. Elles sont aussi dignes de considération que les autres. Ce petit jeu de comptage des sources et de listage des opinions ne mène à rien. Car nous ne sommes pas dans un problème d’opinion ou de croyance.
Même si une extrème minorité de scientifique atteste de la réalité et des dangers du CC (en fait ils sont la majorité), même s’ils n’étaient qu’une poignée, ils évoquent un risque grave pour l’humanité que l’on n’a pas le droit de réfuter dogmatiquement. Copernic était seul contre tous, Galilée aussi et pourtant ils avaient raison.
L’enjeu aujourd’hui est important parce qu’il comporte une dimension éthique. Il nous charge, nous aujourd’hui, d’une responsabilité à l’égard des générations futures, du fait de l’excédent de puissance dont nous disposons désormais. Ce seul fait devrait nous inciter à plus de mesure.
Par ailleurs l’enjeu est suffisamment important pour ne pas le laisser aux seules mains des scientifiques. Les scientifiques n’ont pas réponse à tout, c’est le moteur même de leur progrès. Plus l’on avance, plus l’incertitude scientifique gagne du terrain. Le prix Nobel Ilya Prigogine est même jusqu’à écrire un livre remarquable sur « la fin des certitudes ».
Faire reposer notre survie sur les seules épaules des scientifiques est fou. Sans nier bien sûr le poids des réalités scientifiques découvertes jour après jour, la dimension éthique doit prendre une force nouvelle. Même si les avis scientifiques sont controversés, nous devons envisager notre responsabilité et mettre en oeuvre des moyens de sécurité. C’est tout le sens de mon article.
