Commentaire de Gérard Ayache
sur Canicule, la sécurité en perspective
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Vous fondez votre analyse sur la logique scientifique. Or, vous savez très bien que la science ne fait que délimiter le champ de l’ignorance.
Vous fondez votre argumentation sur l’idée que le progrès des connaissances scientifiques permettra de résoudre l’incertitude. Votre référence à la science laisse penser que quelque part quelqu’un sait ou va savoir. Situation idyllique où l’on pense, par principe, que la science doit savoir ; où l’on imagine benoïtement que les insuffisances actuelles, les incertitudes auxquelles nous sommes confrontées, ne sont que passagères.
Il y a une grande part de naïveté de penser que tous les risques que nous encourons seront résorbés par le progrès. L’inconnaissance actuelle du seuil de rupture des écosystèmes en est l’exemple évident.
Vous évoquez le principe d’équilibre entre coûts et avantages. Or les risques nouveaux, notamment ceux qui concernent les écosystèmes posent des questions qui dépassent les calculs probabilistes. L’incertain n’’est pas de la même nature qu’un aléa. C’est un epistémè, un savoir extérieur à la science elle-même, une structure impensée par ceux là même qu’elle détermine. Nous ne savons pas parce que nous ne pouvons pas savoir.Il est impossible de faire intervenir les probabilités dans un domaine qui relève de l’inconnaissance épistémique. les spécialistes de la gestion du risque en savent quelque chose. Est-ce pour autant que nous devons demeurer inactif ? Est-ce sensé de refuser de considérer comme possible que le pire peut arriver ?
