Commentaire de Christophe
sur Pourquoi l'aversion d'une majorité, dans l'opinion, pour le mot 'libéral' ?


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Christophe (---.---.252.125) 27 janvier 2006 20:00

Tout d’abord, avant de tenter d’argumenter sur la théorie exposée par « un économiste », je tenais à féliciter l’auteur de l’article ; sachant que nous n’étions pas en accord sur le sujet exposé sur Agoravox qui est cité comme exemple. Cependant, bien qu’il me semble essentiel d’admettre les problèmes sémantiques pour un même terme, je souhaite lever une ambiguité sur le sujet suscité. Au niveau sémantique, il me semble qu’il existe une différence importante entre crimes communistes et crimes commis au nom du communisme.

Revenons donc au libéralisme qui est bien cadré dans le sujet d’origine en tant que terme et sémantique associée.

Lorsque vous posez la question de savoir pourquoi une telle différence d’interprétation d’un même terme dans des pays différents, je ne peux vous renvoyer qu’aux études anthropologiques dans le domaine précis de l’interprétation des langues dont l’objectif consiste à résoudre le problème de relation entre la langue et la culture.

Le rapport qui peut exister entre les catégories culturelles et leurs labels linguistiques est difficile à établir, tant il est difficile de faire la part entre la représentation et le langage qui exprime cette représentation (lire Language, Thought, and Reality : Selected writings of Benjamin Lee Whorf, J. B. Carrol, Ed, MIT Press, 1956 et Selected writings of Edward Sapir in Language, Culture and Personality, D.G. Mandelbaum, Ed, Berkeley : University of California Press, 1963). L’anthropologie a mis en évidence les structures du récit et les relations entre les croyances et les types de symboles usuels d’une culture.

Certes, dans un contexte de mondialisation dans lequel il est répété que nous vivons tous dans un monde universel, il est difficile d’admettre que l’universalisme cognitif puisse être remis en cause.

Lorsque nous abordons le libéralisme dans une Société, il est difficile de le soustraire au concept d’individualisme ; par la reconnaissance des libertés individuelles qui en découlent. Nous retrouvons cette approche dans les propos d’Amiel (Essais critiques, 1968) : Dans les sociétés civilisées du XIXe siècle, l’extension croissante des droits de la personne humaine et la revendication pour elle d’une indépendance toujours plus entière de ses mouvements, et d’une participation toujours plus complète à tous les biens sociaux est un fait ; cette émancipation raisonnée de l’individu s’appelle l’individualisme. Nous retrouvons le lien entre libéralisme et émancipation dans les carnets de Montherlant : La France par un incoercible libéralisme, donne de l’instruction à ses indigènes, quoique sachant très bien que c’est par cette instruction que les indigènes s’émanciperont d’elles

Ce parallèle permet de distinguer les bornes, l’intervevalle admissible du libéralisme au regard de l’individualisme.

Au niveau sociologique, nous remarquons que l’étatisme écrase l’individu en otant toute liberté individuelle ; en appliquant des règles, des lois, pour toute chose de la vie. A l’opposé, nous avons l’individualisme absolu, aucune barrière à la liberté individuelle, c’est le principe même de l’anarchie.

La doctrine de l’individualisme met l’accent sur le développement des droits et des responsabilités de l’individu, estimant que l’État et les institutions sociales ne sont là que pour le bien des individus (régulation des libertés individuelles) ... en attendant l’âge de raison de la Société ! smiley

Ce rôle de l’Etat, dans le libéralisme sociologique, est donc prépondérant. Il évite la dérive anarchique et doit éviter de devenir par trop étatique.

Concernant le libéralisme économique, il convient donc d’exposer les limites. Entre un étatisme écrasant et l’anarchie économique, si divergence il y a, elle se situe non pas sur le besoin de l’intervention de l’Etat qui doit, et c’est un de ces devoirs majeurs, protéger les individus qui constituent la Société contre tout débordement du libéralisme ; au même titre que le libéralisme sociologique ; mais quelles sont les limites de l’intervention de l’Etat pour atteindre, ce que Rougier appelait le libéralisme constructeur : Le libéralisme constructeur admet l’ingérence juridique de l’État pour protéger la libre compétition qui seule permet de sélectionner les valeurs (...). Il se refuse à transformer la doctrine (...) du laissez-faire, laisser-passer, essentiellement militante à ses débuts, en une doctrine fataliste de non-résistance aux forces brutales.

Or, la problématique ainsi posée, nous pouvons nous poser la question de savoir ce que cherchent réellement les théories économiques. Comme l’écrit « un économiste », et nous retrouvons ces principes dans les théories de Hayek comme de Muller-Armack (économie sociale de marché), l’économie réfute toute intervention de l’Etat.

Dans ce contexte là, ces théories économiques prônent, à mon sens, l’anarchie économique. Or, les paramètres majeurs d’une Société sont actuellement les aspects sociologiques et économiques qui tendent à s’équilibrer.

Vers quelles sociétés les nouvelles théories du libéralisme économique nous conduiront-elles ?


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