Commentaire de C.D.MAB
sur L'idolâtrie, nouvel opium des médias (et du peuple ?) : le cas Ségolène
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Je pense que les six ans qu’elle a passé aux cotés d’un Président qui a utilisé sa fonction dans la limite du possible y compris par jeu intellectuel, lui ont donné l’idée que ça pouvait être cela sa quête du Graal.
On peut s’entraîner dur, y croire très fort, il faut trouver le bon chemin face à des concurrents qui ne sont pas nés d’hier et qui ont des qualités et une expérience qu’elle sait ne pas avoir.
Alors, elle se lance dans un combat le plus original possible pour se signaler aux médias, people ou pas, et ça marche.
Rapprocher « militaire » et « jeune délinquant » quand on est une élue de gauche et fille de militaire, c’est une belle accroche ! Tacler Aubry sur les 35 h alors que la droite veut en faire un de ses chevaux de bataille, quel contre-pied !
Arrive un problème plus difficile. Comment s’opposer à la très subtile science politique de Fabius ou de DSK ? Cà s’est plus dur, alors on va dire que les citoyens sont les experts légitimes des questions qu’ils posent et on en fait un bouquin. Le bouquin, il est difficile à accoucher et le peu que l’on en voit aujourd’hui n’est pas enthousiasmant, mais au moins on pourra dire que la parole a été donnée aux gens.
Les médias mordent à l’hameçon et la marée monte rapidement.
1) Soit les médias y ont vu un bon sujet pour vendre du papier. 2) Soit il y a une consigne de focalisation souhaitée par des adversaires politiques autres que ceux du PS et qui croient que Ségolène Royal a des failles plus faciles à combattre qu’avec les autres candidats du PS.
Dans tous les cas, Ségolène Royal sait que le risque de manipulation existe, mais elle doit penser qu’elle est assez douée pour retourner l’opération à son bénéfice.
Il reste le PS. Faire que sa popularité soit telle que les militants ne pourront pas refuser cette divine surprise, c’est sans doute son souhait mais c’est marginaliser des structures et enterrer un peu vite des acteurs de talent qui eux , par idéologie ou par incapacité, n’accepteront jamais d’être un objet entre les mains des médias.
Alors au prix de dérobades, attristantes pour ses amis et mises en lumière par ses adversaires étonnés, Ségolène Royal fait l’apprentissage de critiques blessantes et humiliantes surtout quand ses groupies se font siffler pour avoir fait de la promo, un peu par effraction, lors de la séance de clôture de l’université du PS qui n’avait pas prévu d’hymne à sa gloire.
Peut être que le PS va revenir sur terre et qu’il va y être fait à nouveau de la politique authentique et pourquoi pas... avec Ségolène Royal.
