Commentaire de Philippe Vassé
sur Frégates de Taïwan : questions et informations
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Cher lecteur,
Je vous remercie de votre apport et du site que vous avez indiqué (et que j’avais visité pour m’instruire, même si sa musique de démarrage était plutôt filmesque).
Je n’ai pas suivi, dans cet article, tous les participants français qui sont décédés de toutes les manières imaginables à des époques souvent charnières du dossier d’enquête.
J’ai bien noté que le décès de Jacques Morisson pourrait bien plus être lié à l’aspect technique de détection des frégates qu’au dossier de corruption lui-même, bien que d’autres pistes soient actuellement à l’étude. Idem pour le Professeur Aigrain.
Ces aspects techniques justement des frégates livrés à Taiwan sont d’un grand intérêt : pourquoi beaucoup de personnes qui ont eu à connaître des « inaptitudes militaires » de ces frégates, notamment face aux moyens de détection et de suite de la marine chinoise, sont décédées si brutalement ?
Il me semble que parfois, les regards des enquêteurs se sont tournés sur un volet ou un autre du dossier, mais certains décès sont probablement dus, s’ils le sont vraiment, à différents aspects du dossier.
Celui des techniques de détection et de protection des frégates n’est pas le moins anodin. Mais, là aussi, l’enquête taiwanaise avance et on pourrait voir apparaître des faits qui, bien que non directement liés à la corruption et aux commissions occultes, pourraient montrer que la DCN et Thomson, voire Matra, ont peut-être vendu très cher à Taiwan des frégates et du matériel qui va avec qui n’étaient pas ni si protégés, ni si indétectables que cela a été prétendu.
Voire dont les technologies étaient aussi vendues à...la Chine !!!
En résumé, au volet corruption sino-franco-taiwanais, on pourrait aussi voir exploser un volet à étages multiples qui serait la trahison des secrets militaires français vendus aux Taiwanais, mais fournis par exemple en toute discrétion aux....Chinois aussi, lesquels auraient alors été gagnants sur tous les tableaux : financier pour les dirigeants achetés par les commissions et technologique afin de ne pas créer un déséquilibre militaire entre Taiwan et la Chine.
Le Professeur Aigrain que vous citez en savait beaucoup sur ce sujet qui, de plus, pouvait fâcher les uns ou les autres, voire les diverses parties.
Mon impression est que, au-delà du volet financier que tout le monde connaît, il y a eu un vaste marché de dupes technologique entre la France et la Chine dont Taiwan a été la victime en dernière analyse.
Ceci expliquerait que les dupés et les dupeurs aient eu quelques motifs de régler des comptes à ceux qu’ils voyaient comme responsables de cela et qui avaient été mêlés à ces actions, souvent à l’insu de leur plein gré, comme on dit.
Et là, nul besoin de caméras de vidéo-surveillance !
Il semble donc que les projecteurs puissent balayer en dehors de la zone financière stricte de l’affaire pour fouiller et scruter les dessous technologiques, donc aussi « financiers » des technologies vendues opportunément aux uns et aux autres.
Et là aussi, la vérité risque d’être assez glauque.
Bien cordialement vôtre,
