Commentaire de ddacoudre
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ddacoudre ddacoudre 22 octobre 2007 22:47

Bonjour Bilger

J’ai lu ton article et tous les commentaires, tu donnes ton point de vue qui ne peut bien évidemment pas être impartial puisque tu as été partie prenante, et je ne vois pas en quoi cela interdirait le citoyen Bilger d’user de la liberté d’expression. De la même manière que les censeurs de cet article trouvent des raisons à leurs convenances n’est pas plus anormal, ils en sont tous aussi libres.

Ce qui m’interpelle de manière toute aussi partiale est plus le fond.

dans le fond ton article semble indiquer que tu es défavorable au processus de libération conditionnelle, ou tout au moins qu’il devrait être sélectif des affaires.

Bien sur, tu te situerais si c’était le cas dans une tendance rapporté essentiellement par les médias d’un retour aux peines pleines en prenant des affaires sensibles à l’opinion publique.

La tendance n’est pas nouvelle il suffit de se rappeler l’évolution du processus de remise de peines (le motif étant leur systématisme non incitatif)et celles du 14 JUILLET qui d’exception de cas c’est quasi généralisé, rien de neuf le processus classique de gradation.

Ceci me parait aller à contre sens de ce que nous révèlent de plus en plus les sciences biologiques et ce qu’avait écrit depuis bien longtemps weber le crime n’est que social.

Et la science nous apprend que nous ne disposons pas du libre arbitre, que nous ne faisons que répondre aux évènements émotionnels. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir si cela prend autant de temps que pour reconnaître que la terre était ronde, mais ce sera une interrogation pour le ministère de la justice.

Cela est assez anachronique dans des sociétés comme les nôtres ou les crimes de sang sont minimes à tel point que nous y assimilons les décès survenus accidentellement en les criminalisant.

Mais plus, est cette tendance à la recherche d’une épuration qui voudrait qu’un être qui a « fauté » (pour ne pas faire de distinction entre crime est délit car j’entends les mêmes commentaires les concernant les délits) soit un condamné à vie puisque récidiviste en puissance.

Si nous tenons compte qu’avant d’être un « fauteur » il était quelqu’un de convenable ou qu’il contenait ses vices cachés, il nous faudrait donc en tirer la conclusion que chaque citoyen est un fauteur en puissance, et de ce fait mal venu de vouloir incarcérer à vie ceux qui « fautent » car demain ce sera peut-être lui. Ainsi il y aurait lieu d’aller voir dans toutes les têtes ce qu’elles concoctent.

Alors est ce qu’il faut tenir compte de cette de cette apories qui conduirait à la folie collective par la suspicion permanente, la délation et nous entrerions dans un cloaque, ou accepter cette nouvelle donne, rien de ce que nous faisons dépend de notre seule volonté mais est engendré par tous les évènements précédents aux quels ont concouru tous les autres.

Nous n’en restons pas moins acteurs de nos actes et lorsqu’ils sont nuisibles à autrui il convient donc de s’en protéger, et donc de réaliser la situation la plus favorable pour supprimer les évènements qui y ont conduit.

Sauf que la difficulté résulte dans le fait que l’on ne peut pas supprimer des évènements qui n’existent plus si ce n’est dans notre mémoire. Sauf que l’on ne peut pas plus supprimer les évènements futurs, car ils sont inexistants tant qu’ils ne se sont pas coalisés dans notre cerveau pour nous faire agir. Certains sont la conséquence du fait social qui appartient à la mémoire collective que nous dispensons par l’apprentissage.

Si nous pouvons avoir ainsi conscience de nos limites humaines, la question qui se pose est de savoir : s’il est normal que toutes nos insuffisances et peurs nous devons les reporter sur celui qu’il nous faut écarter un temps parce qu’il est un danger pour ses semblables, alors que nous avons construits les manquements dont il va devenir l’acteur. Exception faites des déséquilibres cérébraux.

Le futur me paraîtrait être plus prendre en compte cette interrogation que des voies sans cesse drastiques et plus dures ou répressives qui concourront à réinstaller la peine de mort car elle est l’aboutissement inéluctable d’une gradation constante.

Il est bien évident que c’est sur ces comportements sociétaux que l’on apprécie l’évolution positive ou négative d’une société vers l’humanisme qui n’est pas synonyme de laxisme.

Pour moi qui suis athée la société chrétienne a donné une réponse à tous ces manquements dont elle n’ignorait pas qu’ils étaient le produit des autres, avec l’empathie et le pardon.

L’empathie sert à définir le comportement futur, c’est celui-ci qui fait prendre fait et cause des victimes, et le paradoxe c’est quand ces personnes empathiques prennent fait et cause pour la victime dont sans le savoir elles ont armé la main du « fauteur » qui l’agresse.

C’est en cela qu’il n’y a pas de « victimes déconnectées des évènements qui les touchent, seule nos limites humaines et notre système émotionnel nous conduit à un autre raisonnement.

Bien entendu je n’ai pas et il n’y a pas de solution en dehors de ce que les chrétiens ont appelé le pardon.

Ce n’est pas celui, qui consiste à faire des excuses comme il est demandé dans les prétoires aux accusés.

C’est celui des victimes renonçant de fait à la loi du talion à laquelle c’est substitué l’état.

Ce qui ne signifie pas de ne pas apporter une solution à la situation. C’est une autre manière d’envisager la justice au regard de ce que nous révèle la science (nous ne disposons pas du libre arbitre) et que d’autres avaient compris bien avant nous. Merci pour l’article. Cordialement.


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