Commentaire de ROUX Philippe
sur Les plus petits aussi
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Bonjour,
Je partage entièrement l’indignation et même la colère de beaucoup devant le désangement de l’Etat et la destruction progressive de notre sécurité sociale solidaire.
Le Synagis® (palivizumab) est un bon exemple de l’incohérence de notre système. Ce médicament, fort cher, a une efficacité fort modeste en prévention des hospitalisations pour bronchiolite chez des enfants fragiles. Et où le trouve-t-on ? A l’hôpital !
Autre question à se poser. Pourquoi ce médicament est-il payé si cher par la Sécu pour un service si minime ?
C’est d’ailleurs pour cela que la Sécu a voulu le passer à 35% reportant le coup sur les mutuelles et donc sur le patient. Pourquoi rembourser "plein pot" un médicament qui n’empèche pas les enfants d’avoir des complications ou de mourir et qui a pour seul effet d’éviter quelques hospitalisations qui coûtent moins cher que le médicament ?
Un résumé de l’article de la Revue Prescrire (rare revue indépendante) lors de la sortie du machin.
Résumé
• Les infections à VRS, principale cause des bronchiolites, sont responsables d’hospitalisations, notamment chez les nourrissons à risque : anciens prématurés, antécédents de bronchodyspiasie. Jusqu’à présent, il n’existait en France aucun médicament préventif.
• Le palivizumab (Synagis°), un anticorps monoclonal dirigé contre le virus respiratoire syncytial (VRS), est commercialisé en France pour la prévention des infections respiratoires à VRS, chez certains nourrissons.
• Le dossier d’évaluation ne répond guère aux questions qui se posent
• Six essais ont conduit à juger optimale la dose de 15 mg/kg de palivizumob en une injection mensuelle durant toute la durée de l’épidémie saisonnière (octobre à mars).
• Chez 1 502 nourrissons anciens prématurés (35 semaines de gestation maximum) âgés de moins de 6 mois ou enfants de moins de 2 ans ayant des antécédents de dysplasie bronchopulmonaire, un essai en double aveugle a montré que le palivizumab comparé au placebo réduit l’incidence des hospitalisations de 5 % en valeur absolue mais ne diminue pas la mortalité ni le nombre de nourrissons mis sous ventilation assistée.
• En l’absence d’essai, on ne sait pas si le palivizumab est efficace en cas d’immunodépression ou de cardiopathie congénitale. On ne sait pas non plus si la définition des groupes à risque dans le seul essai disponible est adéquate.
• Durant les essais cliniques, aucun effet indésirable grave imputable au palivizumab n’a été rapporté.
• Le coût médicamenteux du traitement est élevé.
