Commentaire de frédéric lyon
sur L'exploit de 19 pirates isolés
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Au risque de m’éloigner un peu du 11 septembre, mais à titre d’illustration du fonctionnement d’une théorie du complot, j’en prends une autre qui revient de temps à autre sur la table : l’assassinat de John F Kennedy.
Les partisans de la théorie du complot à propos de cette affaire partent d’une premisse qu’ils présentent comme une constatation d’évidence : Un tireur islolé (Lee Oswald) ne peut pas avoir fait le coup, il faut qu’il y ait eu d’autres intervenants sur la scène et en particulier d’autres tireurs qui se seraient postés sur le côté de la route empruntée par le cortège présidentiel.
Pourtant, force est de constater que Lee Oswald, qui était un bon tireur amateur qui s’entrainait régulièrement dans un club de tir, a choisi, en bon tireur amateur, la meilleure position de tir qu’il était possible de sélectionner sur l’ensemble du parcours annoncé dans la presse de Dallas.
En effet, il s’est posté à la fenêtre du 10 ème étage d’un immeuble qui était situé au bord de la route empruntée et cette route était exactement perpendiculaire à la facade de l’immeuble. De cette position, il a donc vu sa cible se déplacer en restant toujours exactement dans sa ligne de tir. Le déplacement angulaire de sa cible était très faible, pour la suivre tandis qu’elle s’éloignait de lui il lui suffisait de relever lentement le canon de son arme. De plus le déplacement angulaire était presque imperceptible, car il surplombait sa cible et sa cible roulait à vitesse constante.
Il se trouvait ainsi dans le cas le plus simple d’un tir sur une cible en mouvement, c’est à dire le cas ou la cible se déplace à vitesse lente, mais surtout constante, en restant sur une ligne de tir perpendiculaire à sa ligne d’épaule. Dans cette position, le tir revient pratiquement à un tir sur cible fixe et il est tout à fait à la portée d’un bon tireur amateur.
Ce tir aurait été plus difficile si la cible s’était déplacée à vitesse variable sur une ligne parallèle à sa ligne d’épaule, car dans ce cas il aurait vu cette cible filer de sa droite vers sa gauche, ou vice versa, avec une vitesse angulaire élevée et variable. Un tir qui n’est pas à la portée de tout le monde.
Il est amusant de constater, en passant, que les partisans de la théorie du complot placent des tireurs supplémentaires sur le bord de la route, précisemment dans une position où le tir devient plus difficile que celui qu’a réalisé Lee Oswald.
Les partisans des théories du complot finissent toujours par devoir présenter une histoire alternative qui se révèle encore plus invraisemblable que ce qui s’est passé dans la réalité. En fait, pour avoir une chance de réussir l’assassinat de Kennedy, il fallait que ce soit un homme seul, peu détectable, et il fallait qu’il soit posté au bon endroit. Tout autre solution aurait comporté davantage de risque d’échec.
