Commentaire de tulku_debunk
sur Doute méthodique et art contemporain
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Bah oui. C’est pour le physicien que *le* noir est absence totale de couleur, puisqu’un corps parfaitement noir ne réverbère aucune lumière. Or, même le noir le plus intense renvoie la lumière, sans quoi un objet peint en noir apparaîtrait absolument plat. Pour les corps de métier qui emploient des pigments, une couleur est une sensation rétinienne et *les* noirs sont des couleurs. Un noir mat est plus clair qu’un noir brillant, mais le noir brillant reflète plus la lumière. Cela dit, un peintre est tout à fait libre de considérer conceptuellement le noir comme non-couleur, mais perceptivement, il reste soumis aux lois de l’optique comme tout un chacun.
Soulages emploie le noir comme une valeur concrète, un élément plastique au même titre que la texture des traits de pinceau, leur disposition, etc. Ce qui n’empêche pas toutes sortes de discours lyriques mais un peu vains, à propos du néant originel, de la nuit, et ainsi de suite, car le journaliste inspiré a parfois lu Kandinsky. Il faut bien que tout le monde vive.
