Commentaire de Annie
sur Une Occupation tranquille !
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Peut-être la résilience a ses limites. Je ne tenterai pas d’expliquer la réaction de votre grand-mère, mais j’ai toujours été frappée par les suicides de Primo Levi, Bruno Bettheleim, qui même avec leur intelligence, et surtout l’âge et la sagesse qui va avec n’ont jamais être capables de rationnaliser ou d’intérioriser leurs expériences des camps de concentration. C’est un terrain sur lequel je ne m’avancerai pas, parce que je crois que certaines expériences sont impossibles à partager et à comprendre. Il semblerait aussi que certaines des victimes sont incapables d’y survivre, même longtemps après.
Mais je crois qu’il faut différencier deux choses : la première qui est de rendre acceptable à nos yeux nos actes et nos choix, et l’autre qui est de rendre acceptable une situation qui nous a été imposée. Dans les deux cas, la motivation n’est pas la même ; dans le premier cas, il est indispensable de réinventer la réalité pour continuer à vivre dans sa peau et s’exonérer de ses actes ; dans le deuxième, la réalité ne peut pas être changée, et donc la difficulté consiste à lui donner un sens, parfois en vain.
