Commentaire de Sylvain Reboul
sur Psychanalyse du libéralisme
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Je suis tout à fait d’accord avec vous : c’est le système social qui, en partie (variable, comme je l’indique plus bas) produit les idées, toujours spontanément fausses, que les individus et les groupes se font de leurs désirs et en cela ces désirs sont des "passions passives" (ou non-libres puisqu’affectées passivement de l’extérieur), au contraire des désirs actifs distingués (par Spinoza) comme véritablement utiles au développement de la puissance d’agir et donc de la liberté (ou autonomie réelle) de chacun.
Si la passion inintelligente est spontanée (et disait Spinoza, en ce sens "naturelle") le désir authentique exige l’éducation à l’effort et au goût de la réflexion personnelle pour accroître la puissance d’agir de chacun sur le monde et sur soi-même( sagesse). Or c’est toujours la société qui éduque , y compris à la liberté.
L’oublier pour en dédouaner la société et les forces dominantes qu’elle institue comme telles, c’est faire fausse route. c’est oublier que la première mission de la société c’est d’éduquer ses enfants et, par cet oubli, préparer le pire ? Or on n’éduque que par l’exemple réfléchi et non par des bonnes paroles aussitôt démenties par les comportement de ceux qui prétendent "éduquer " les enfants-consommateurs ainsi que leurs parents, via leurs enfants, par la PUB.
