Commentaire de Martin sur AgoraVox
sur Renault - 4 000 suppressions de postes : le thermomètre social bloqué
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Le problème ne se situe pas simplement dans les choix stratégiques décidés au sein d’une entreprise.
Ces évènements se situent dans le cadre global du marché mondialisé dans lequel les Européens ont été jetés par ceux qui les gouvernent. En les y précipitant les gouvernants ont pris soin de rendre les Européens totalement vulnérables, car ils ont déclaré que tout protectionnisme est « rétrograde, opposé au progrès ». Livrés ainsi sans défense au marché mondialisé, les Européens sont destinés à l’extermination ........
Pourquoi on en est arrivé là dans le secteur automobile comme dans tous les secteurs industriels ?
Qui sont les coupables ?
Quelle est l’idéologie qui conduit les Français comme l’ensemble des Européens à leur perte ?
Les réponses à ces questions sont rassemblées dans l’article « Le TGV chinois, la concurrence globalisée et l’avenir des Européens » qui a été publié sur AgoraVox.
En voici quelques passages :
« ....... les politiques qui sont au pouvoir en Europe ne veulent pas reconnaître que les conséquences du mondialisme sont nuisibles eux Européens, dans le domaine économique comme dans les autres domaines, mais au contraire aiment répéter « qu’en Europe pour chaque emploi détruit à cause de la globalisation plusieurs sont créés » et ils tiennent à peu près ce discours : « Chers Européens, la globalisation est bénéfique, elle vous pousse à progresser, vous serez bénéficiaires de la globalisation pourvu que vous fassiez des efforts pour faire mieux que les concurrents : vous devez vous investir dans la recherche, dans les technologies de pointe, vous devez faire des efforts pour innover dans un monde en compétition libre sans barrières et sans protections ! ».
Mais la vérité est que quoi que fassent les Européens, on peut le faire aussi bien et moins cher ailleurs.
.......
La globalisation des économies a pour conséquence en Europe d’une part la destruction des moyens de production industriels et bientôt agricoles qui sont transférés vers d’autres continents, et surtout d’autre part la dégradation des conditions de travail et la précarisation de l’emploi. Lorsque par exemple les entreprises implantées en Europe délocalisent des emplois vers d’autres continents, au Maroc, en Chine ou ailleurs, les représentants des partis au pouvoir font parfois un déplacement électoraliste sur le lieu de la catastrophe économique européenne et dans des discours de circonstance déplorent publiquement ces conséquences nocives de la globalisation. Mais en vérité ces personnalités politiques appartiennent aux partis politiques qui au fil des 30 dernières années ou plus, en cherchant imperturbablement à réaliser l’ensemble des préceptes idéologiques du mondialisme, ont également mis en place la globalisation économique de l’Europe.
Ces orientations vers la globalisation ont par exemple été confirmées et renforcées lors du Sommet du Conseil européen de Lisbonne, en mars 2000, puis lors de la signature du Traité européen à Lisbonne le 13 décembre 2007. Le Conseil européen réunit quatre fois par an les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne. Toutes les orientations importantes de l’Union européenne sont décidées lors de ces sommets périodiques.
Les politiques qui alternent au pouvoir en Europe sont donc personnellement responsables de la situation dans laquelle vivent les Européens. Quand les politiques disent « Ce n’est pas notre faute, c’est la Commission européenne qui impose les directives que nous devons respecter… » ils oublient de dire que c’est eux, les politiques qui au fil des ans se réunissent aux Sommets du Conseil européen, qui ont d’une part fixé les orientations mondialistes de l’Union européenne et d’autre part donné le pouvoir à la Commission européenne pour mettre en application ces orientations.
Mais sur ces questions fondamentales les citoyens européens n’ont pas été consultés, il ne leur a pas été demandé s’ils sont d’accord pour que les Européens avec leur civilisation soient dissous dans le processus de mondialisation. Dans le système politique actuellement mis en place dans les États membres de l’Union européenne les politiques sont élus, ensuite ils prennent des décisions, écrivent des lois, signent les traités internationaux, engagent des dépenses que des générations futures devront rembourser etc., sans vérifier si la majorité des citoyens est d’accord avec chacun de leurs actes, et même souvent en sachant que la majorité des citoyens n’est certainement pas d’accord avec certains de leurs actes. Autrement dit : les Européens ne vivent pas en démocratie.
Il n’est jamais superflu de rappeler ce qui a été oublié par la majorité des politiques européens : la démocratie est dans le contrôle du pouvoir par les citoyens, puisqu’en démocratie le pouvoir doit en permanence, dans chacune de ses actions, refléter la volonté de la majorité des citoyens.
Mais les politiques qui alternent au pouvoir n’écoutent pas la volonté démocratique des Européens et, tout en jouant sur les antagonismes mineurs entre « gauche modérée » et « droite modérée », les politiques au pouvoir sont systématiquement d’accord pour conduire les Européens vers le mondialisme et à l’opposé se déclarent systématiquement ennemis de toute forme de nationalisme. Quel en est le résultat pour les Européens et vers quel avenir les conduit-on ?
Les citoyens européens ne sont certes pas souvent des experts diplômés en économie, mais ils sont cependant doués de bon sens et ceux qui ont la chance d’avoir un emploi salarié ne font-ils pas un constat réaliste quand ils estiment qu’ils sont obligés de consacrer de plus en plus de leur temps au travail afin de gagner de quoi faire vivre leur famille et que leur emploi est devenu précaire ? Dans l’Europe d’il y a 50 ans un salaire moyen suffisait à une famille de cinq personnes : les parents avec trois enfants. Aujourd’hui deux salaires sont devenus nécessaires à cette famille. Est-ce cela le progrès ? Il y a 50 ans l’Europe était protégée par des barrières douanières. Il y a 50 ans les citoyens européens ne savaient pas vraiment ce qu’est le chômage et donc avaient la foi en l’avenir. Les Européens ont-ils aujourd’hui la foi en l’avenir ? Vers quel avenir les conduisent les politiques européens ?
Les orientations de Lisbonne se situent dans le cadre de la globalisation planétaire des économies et leur but déclaré est d’améliorer la compétitivité des entreprises de l’Union européenne en s’alignant sur les façons de procéder qui sont courantes dans les pays tels que la Chine ou l’Inde, où sont très minimalistes ou même n’existent pas la protection sociale et la réglementation des conditions de travail des salariés. Cela signifierait reculer vers les conditions sociales qui étaient normales en Europe au début du XIXème siècle. En résumé à la place du libéralisme économique modéré par des lois sociales on vise le libéralisme avec le moins de contraintes légales, ou en d’autres termes, à la place du capitalisme avec visées sociales, on veut le capitalisme que je qualifie de « pur » ou de « dur », c’est-à-dire sans modérations sociales ....... »
