Commentaire de Golden Ratio
sur Guillaume Depardieu : cible émouvante
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Guillaume Depardieu est mort.
Qu’on s’attende à une fontaine, un océan d’émotion, la donne est très sérieuse ; on perd aujourd’hui une huile cathodique, jeune et rebelle comme de préférence, autant dire un marquis, un saint, une étoile en termes d’audimat et de bulle émotionnelle.
Rien de bien nouveau, certes, mais il importe de se ressasser ce que ne manquera pas de révéler la chose : nous sommes sommés de vivre au rythme des intrigues de la cour.
J’appelle cour cette petite dynastie, qui en France ne doit pas compter plus de 100 individus, et qui a table ouverte à la télévision… y dicte son bon vouloir, y assène ses principes, y festoie sous l’œil médusé du porc câblé et abonné à télé 7 jours, y vomit son inculture, sa bêtise et sa joie de vivre, y exhibe son pognon, sa vie intime, son petit costard, sa bite et sa Rolex. Maudite oligarchie !
J’accepte le glaive du fort, les blâmes du prêtre, les vers du tribun, sans vergogne je m’y soumets, je me signe ou m’incline. Mais quelle est cette époque où le héros est au smic et Marc-Olivier Fogiel en odeur de sainteté ? Vomis !
Je ne dis même pas que la petite bande est plus mauvaise que le tout venant, j’affirme juste qu’elle ne surpasse en rien la médiocrité ambiante, que le plus con de mes collègues, le plus niais de mes voisins ferait fort bien l’affaire. J’affirme qu’en cela leur titre est usurpé, qu’au village d’Astérix la potion est si frelatée qu’on a porté aux nues le marchand de poisson.
Ma haine est grande de cette engeance, qui condescend parfois à nous cracher son obole sur la place publique, via les restos du cœur ou autres associations à la noix. Ma haine est grande de ces fausses charités, de ces faux hussards, ces faux artistes, ces faux amis. Car il faudrait qu’on croie qu’ils sont de la famille…Il faudrait qu’on préjuge qu’ils sont de nos amis, il faudrait qu’on se laisse apprivoiser par ces serpents obèses, qui le soir s’infiltrent dans nos salons via la lucarne infecte.
Qu’on me permette de mordre les mains tendues, ma haine est grande je le répète. Ils ne sont pas les miens, et pour être vrai, il faudra dire qu’ils sont précisément le contraire. La caste qui défèque en chansons dans les studios de la Plaine-Saint-Denis fait partie de mon problème, elle est l’alliée de mes ennemis. A ce titre je l’exècre, et suis même assez prosélyte et fanatique pour vous inviter à faire de même. Exécrons, mes frères !
Ce soir, j’ai chassé de ma tête toute compassion, chacun ses morts.
Ni Lady Dee ni Guillaume Depardieu n’étaient ni des miens ni des vôtres, je ne les pleurerai pas, et ceux d’entre vous qui le feront m’inspireront le dégout. Ce soir messieurs, il y a mort d’homme chez l’ennemi, en guerriers aigris nous ne verserons pas une larme. Mais, honnêtes-hommes nous ne sauterons pas de joie non plus, nous rétablirons juste l’ordre des choses : un homme est mort, que Dieu ait son âme et qu’il aille rejoindre le boucher, le chauffeur, le paysan, le patron, le pêcheur et le buraliste.
Pas moins.
Mais pas plus non plus.
(via CGB)
