Commentaire de Annie
sur Et si on parlait de Kouchner
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Vous placez le débat sur un autre terrain qui est celui du droit d’ingérence, et du rôle des organisations humanitaires, notamment ce qui sépare idéologiquement MSF de MdM. Il est vrai que Kouchner illustre ce fameux droit d’ingérence, et que MSF reconnaît les limites de l’action humanitaire apolitique. Les organisations humanitaires sont capables d’être instrumentalisées comme elles sont aussi capables d’instrumentaliser des crises à des fins humanitaires. Mais Kouchner fait de cette instrumentalisation les prémisses de l’aide humanitaire. C’est la confusion des genres entre humanitaire, militaire et politique, et explique en partie seulement pourquoi les humanitaires sont devenus aujourd’hui des cibles privilégiées dans les conflits. Beaucoup d’entre eux doivent avoir une garde armée pour faire leur travail.
Il est intéressant de noter que les Nations Unies ont accepté la notion du "droit de protéger" qui est une version éducolrée du droit d’ingérence, mais ne s’en sont jamais servi jusqu’à présent, au Soudan par exemple et dans d’autres points chauds du monde.
