Commentaire de sisyphe
sur Joesoef Isak, l'homme de Java, chaînon manquant du 20ème siècle
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Merci pour cet article bien documenté sur l’Indonésie, où les croyants de différentes confessions vivent, globalement, en très bonne entente.
La démocratie est en marche : l’Indonésie est en pleine période d’élections municipales, qui auront lieu en Mars 2009, et on peut voir, un peu partout, d’immenses panneaux des candidats des 34 partis en lice.
L’Indonésie est une démocratie encore très jeune, mais sur le bon chemin, et il est évident qu’il est difficile d’unifier un pays qui compte 17.000 îles.
En tout cas, effectivement, le niveau de vie de la population est assez bas, mais (pour la petite partie que j’en connais), la police est quasiment absente ; sauf dans des postes aux carrefours des by-pass (les voies rapides), où elle attend les infractions des véhicules (essentiellement les deux-roues : motos et scooters incroyablement nombreux), pour essayer de retirer quelques bakchiches ; essentiellement des blancs expatriés ou en vacances ici . Il faut savoir, anecdote significative, que chaque policier est obligé d’acheter son costume un prix exorbitant pour le niveau de vie : 6 millions de roupies (soit, à peu près 400€uros, ce qui est énorme) ; il leur faut donc bien pouvoir le rembourser à l’état ; mais ils le font d’une façon très bonhomme, et on parvient toujours à un accord... à bas prix, pour les locaux, et les habitués.
Evidemment, il y a d’énormes différences d’une île à l’autre ; par exemple, Bali n’est grand que comme le département du Var, mais avec 10 fois plus d’habitants, et est relativement préservé de la déforestation, à cause du tourisme ; quand la voisine Java, grande comme la France, est la plus peuplée, avec 130 millions d’habitants (60% de la population).
Il faut aussi savoir que l’islam pratiqué en Indonésie, n’a rien à voir avec celui pratiqué dans les pays arabes : beaucoup moins dogmatique, il est mêlé de rites antérieurs, animistes, hindouistes (beaucoup), adaptés à l’histoire du pays et des réalités locales.
Une fois de plus, on dira, pour tous les massacres perpétrés, la corruption, la dictature de Suharto, sanglante, un grand merci aux Etats-Unis, et, sur le plan économique, pour la pauvreté de la majeure partie de la population, un grand coup de chapeau à Milton Friedman et ses Chicago Boys qui ont, là, comme ailleurs, laminé les systèmes sociaux, et provoqué un chaos dont l’Indonésie se remet petit à petit, difficilement, mais avec courage et bonne humeur.
