Commentaire de Bois-Guisbert
sur Rencontres et discussions virtuelle : Les jeunes de cités croient-ils encore en la société ?


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Bois-Guisbert 14 avril 2009 17:49

« Je ne rentrerais pas dans les thèses conspirationnistes des gouvernements Mitterrand-Giscard qui ont volontairement mis cette situation en place… »

Pourquoi volontairement ? Universalistes comme tout républicain qui se respecte, Giscard et Mitterrand, dans l’ordre chronologique, ont pensé que les Maghrébins et les Subsahariens s’assimileraient tout naturellement comme avant eux, les Italiens, les Polonais, les Russes, les Espagnols, les Portugais…

Cela ne s’est pas produit. On devrait s’interroger sur les raisons profondes de ce fiasco. Qu’on ne dise pas que la différence a résidé dans le fait que les Maghrébins et les Subsahariens ont été méprisés, rejetés, marginalisés.

Au début du XXe siècle, les immigrés, ls Italiens en particulier, font l’objet, jusque dans les journaux, d’attaques d’une violence inouïe, voire stupéfiante à notre époque de politiquement correct angélique qui envoie devant les tribunaux le moindre propos teinté de racisme.

« Alors comment demander à de pauvres personnes pauvres, ignorant tout de la société, de bien vouloir comprendre que ce n’est pas si mal que ça, la société ? »

Quelle société ? La nôtre ? Mais qui vous dit qu’ils ne la trouvent pas profondément répugnante, avec ces hommes qui s’embrassent sur la bouche à la télévision, ces gamines de dix ans qui s’habillent comme des putes ne l’auraient pas osé, il y a cinquante ou soixante ans, avec ces tous ces gens qui ne respectent pas plus les anciens que leurs chefs, politiques et religieux ?

Si ces questions se posent, parce que vous soulevez un problème réel, c’est que personne ne s’est jamais préoccupé de l’impact de nos comportements sur des gens appartenant à des cultures et à des civilisations totalement différentes.

Cet aspect de la non-intégration, ou de l’intégration impossible, m’a sauté aux yeux en 2004, lorsque j’ai vu distinctement, sur mon petit écran, le gros Charpentier glisser sa langue dans la bouche du délicat Chapin, au haut du perron de la mairie de Bègles. J’ai immédiatement pensé à l’impact de cette image particulièrement obscène dans les « banlieues sensibles » : est-ce que cette société, telle qu’elle s’exhibe, donne envie à des gens encore sains de s’y intégrer ?

« Il ne restait qu’à me donner les moyens d’y arriver. Je suis passé par les études, moyen simple, adapté à ma structure mentale. »

L’explication de l’échec de beaucoup et du succès de quelques autres ne tient-elle dans les cinq derniers mots ?


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