Commentaire de martien
sur Rencontres et discussions virtuelle : Les jeunes de cités croient-ils encore en la société ?
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Bonjour,
merci pour votre article.
Vous abordez un sujet qui est difficile et multiple.
Si les raisons ou les remèdes pouvaient trouver des solutions dans des lieux comme celui-ci, il y a très longtemps que nous serions dans le meilleurs des mondes.
Avant internet, il y avait les bistrots... Enfin.
De ma vie, je retiens les barres grises et uniformes, le béton, les copains,....
Mes parents sont ceux qu’on appelle de manière générique « émigrés de la première génération ».
Moi, je suis de la suivante, enfin fils d’émigrés de la première génération. (Il y a aussi les émigrés des générations suivantes, puis leurs enfants.)
J’ai connu les débuts de la télévision trônant au milieu du salon(Christine Langeais, jacqueline Huet, Albert Raisner), le gros meuble stéréo, le téléphone en bakélite noire,pour aller de « La Courneuve »(où « végètent » encore mes parents) à Paris, il fallait prendre les trains gris (gare du nord),etc...
Loin de moi l’idée de d’une autobio larmoyante. Nos parents, qui nous ont bien élévés selon leur critères, ne comptaient pas rester en France.
Pour nous, élévés à la démocratie, même si elle était adaptée pour ce « biotope », hors de question de quitter ce pays qui devenait malgrés nos parents, malgrés nous le nôtre.
(Pays magnifique. Le plus beau du monde !!)
Aujourd’hui, malgrés les apparences,peu de choses ont changées. Ah si, « avant », il y avait quelque chose comme des perspectives de vie décente.
Une forme d’accélération, aussi, une frénésie. « le pêché d’envie » généré par l’idéologie ultralibérale et colporté par tous les types de média, est devenu une raison de vivre (il me faut ça ! Je veux ça et ça..). les technologies vont très vites. Combien d’entre-nous savent faire fonctionner un four multi ce que vous voudrez ?
La pourvoyeuse d’images (devenue plate, fine, géante, transportable, petite visualisable n’importe où, bientôt intégrée dans nos yeux..)est allumée 24h sur 24, nous exhibant un monde brillant de joie, de couleurs, d’intêrets qui rendent si ternes nos vies pourtants « vivantes ». Elle nous dit : « vous pourrez avoir accès à 500 chaines ! Quelle chance vous avez !! ».
A aucun moment, nul part j’entends qu’il faut de temps en temps éteindre cette télé
Alors évidement à force de voir que d’autres vivent mieux que nous, (pourquoi je n’y aurais pas droit ?) eh bien, tout doucement nous abandonnons (malgrés nous, du moins je l’espère..) ce qui fait de nous des individus : le sens du discernement.
Pour les plus âgés c’est déjà un peu compliqué de rester soi. Mais alors pour ce qui sont nés dans cette soupe préfabriqué, c’est très difficile.
Bien sûr on pourra toujours dire que c’est la faute des parents (qui, par ailleurs et de plus en plus, sont du même monde )si des « djeuns »délinquants émaillent nos quotidiens.(on dit étrangers, mais si vous faites un effort de discernement, vous verrez qu’ils sont de FRANCE pour la plupart et que leur lien commun est la pauvreté.
Pauvreté économique bien sûr, mais culturel surtout(vive le foot et la télé), émotionelle (les coups ah à fait mal les coups, chantait Jhonny...). Finalement s’ils n’appliquaient que les préceptes d’un système qui prône la marchandisation des bien et des personnes : prendre l’argent,le pouvoir sur les plus faibles ? Darwin ?) En même temps il y a des délinquants à un autre niveau, ceux qui jettent les individus dans la pauvreté (pas la misère, c’est autre chose la misère )a faute des « politiques » ? (nous avons un président, pour la 1ère fois qui n’a pas connu la guerre...), mais c’est oublier qu’ils sont là de notre propre fait (vote),....
Enfin bon, « y qu’a, faut qu’on, a quoi bon », je fais parti du troupeau moi aussi.
Je ne sais pas si il y a des solutions. Peut-être que c’est quelque chose de normal que de vivre comme nous vivons, qu’il faut passer par des douleurs pour accoucher d’un monde différent.
Ce qui m’embête vraiment c’est d’être contemporain à tout cela.
Vivement l’étape suivante et pourvu qu’elle ne me fasse pas regretter celle-ci...
Bien cordialement
(PS : Excusez-moi les longueurs et les éloignements de sujets)
