Commentaire de Trinanjan Chakraborty
sur Les émeutes sévissent au Bangladesh, la capitale en état d'urgence


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Trinanjan Chakraborty (---.---.244.31) 3 novembre 2006 15:38

Ce n’est pas encore une ‘guerre’ civile. Cependant, on n’en est pas trop loin, non plus.

La cause de cette instabilité politique ne date pas d’hier. En effet, le Bangladesh, même après ses trois décennies d’indépendance, n’a pas encore connu un véritable équilibre, ni sur le plan politique ni sur le plan économique.

En 1990-91, on a déjà constaté une grande révolte populaire qui avait fait reculer la dictature militaire d’Hussain Mehmed Ershad. Au Bangladesh, les mouvements démocratiques, bien qu’insuffisants jusqu’à ce moment, donc, ont déjà fait recette, ce qui continuerait, d’ailleurs, à servir à renforcer ses aspirations politiques de résister à toute tentative dictatoriale.

Selon la constitution du pays, les élections législatives ne peuvent se dérouler sous le régime du gouvernement sortant. Pour assurer la neutralité, il faut un gouvernement superviseur composé de l’ex-Président de la cour suprême (non pas le Président) servant de conseiller principal et dix autres conseillers dont les noms, après être proposés par des principaux partis politiques du pays, seraient dûment finalisés par le Président.

Il ne faut pas oublier que cette loi démocratique n’a pas été gratuite, au contraire, c’est un acquis qui a coûté pas mal cher, c’est le fruit d’une dure et longue lutte des Bangladais contre le régime dictatorial de l’époque, gagné en 1996 par le biais d’un immense soulèvement du peuple.

Maintenant, quand on voit ce fruit pourrir à cause de la manipulation d’un certain nombre de partis politiques au pouvoir, jugés viscéralement corrompus, une poignée de fonctionnaires d’Etat, jugés favorables à leurs intérêts, on n’a plus eu d’autres moyens que de leur dire carrément « NON ! ».

Depuis son indépendance, gagnée en 1971, le Bangladesh a connu une série de coups d’Etat militaires avant de revenir à un régime démocratique, bien qu’assez fragile, en 1990. Depuis lors, le BNP de Khaleda Zia et Awami Ligue de Cheikh Hasina ont continué à dominer la scène politique du pays. Cependant le dysfonctionnement de ces principaux partis politiques, que ce soit dans les processus administratifs ou législatifs a encore rendu débile l’édifice politique ; la manière dont le Président Iajuddin a pris le pouvoir en ses mains en bravant les directives de a Constitution en a fait preuve.

Les Bangladais, bien entendu, en ont assez de toutes ces tendances qui rongent jusqu’au cœur de l’édifice démocratique et de la structure socio-économique, sans parler de la crise économique, des corruptions des ministres et des fonctionnaires et du menace que présente l’intégrisme religieux, si bien que le BNP de Khalida Zia étant allié à deux partis islamistes et s’étant donné à de multiples actes de corruption aura la moindre possibilité de regagner le pouvoir après les élections de janvier 2007, si la neutralité du gouvernement intérimaire mène la barque.


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