Commentaire de SANDRO
sur Vive les esprits forts !


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Sandro Ferretti SANDRO 20 juillet 2009 10:54

Bonjour,
Je devine que votre appell à « étre éclairé » n’est sans doute qu’une pose littéraire au milieu d’une pause judiciaire, ou une clause de style, mais bon, j’y répond, ou je tente.

=1/ Sur la forme : relisez « La chute » de Camus, cette petite Bible paienne. Presque tout y est dit, sur le sujet comme sur d’autres. Je pense notamment à ce passage ( je cite de mémoire) :
« je connaissais un homme d’une qualité rare. Un âme pure, celui-là, à n’en pas douter, qui aimait d’un seul élan hommes, bétes et plantes. Il vivait retiré dans une bergerie de montagne à l’entrée de laquelle il avait écrit : »qui que vous soyez, entrez et soyez les bienvenus« . Qui croyez-vous qui obtempéra ? Des brigands, qui entrèrent comme chez eux, le dépouillèrent et le découpèrent en morceaux ».

=2/ Sur le fond : la flambée des violences dites gratuites est peut étre isomorphes à la part croissante des maladies mentales dans le population générale. Celles-ci peuvent étre endogènes à l’individu et aux divers traumatismes de sa vie, et/ ou exogène , c’est à dire catalysées par les divers narcotiques, drogues de synthèse en association avec l’alcool.
Il semble clair que jusqu’il y a peu, quand les maladies mentales ne confinaient pas à la prostration, la violence était concentrée pour ces malades au jugement obscurci ou aboli, définitivement ou temporairement, contre eux-mémes. C’est à dire le suicide, le seul moyen de « trouver l’interrupteur » de leurs souffrances.

Il semble à présent que la tendance lourde soit à l’externalisation de la violence comme acte gratuit . Se regarder faire, comme au spectacle : car la plupart des schizophrènes « se regardent passer dans la rue et n’aiment pas ce qu’ils sont devenus ».

Il me semble que les affaires « à la limite de l’art. 64 du CP » sont en croissance nette.

A l’inverse (et sans doute pour cette raison), il me semble qu’il y a depuis 15/20 ans une diminution des crimes et délits imputables à de sprofessionnels, répondant à une logique claire et raisonnée, qui vise à la réalisation de l’infraction, et pour lesquelles tuer quelqu’un doit étre envisagé à l’aune du bilan / cout -avantage pour la bonne réalisation de l’affaire. Pas plus, pas moins. Le contraire de la violence gratuite, une sorte « d’économie de la violence » , programmée comme la décision de vendre ou non une action.
Ces « pros » (grand banditisme) ne représentent à mon sens plus que 5 à 8% des crimes et délits.
Vous avez donc là un premier élément de réponse.
Méme des faits graves dans leur qualification sont à présent commis par des « amateurs non-controlés », la dernière affaire où vous avez du requérir le prouve assez (il n’était nul besoin de torturer).


Voir ce commentaire dans son contexte