Commentaire de armand
sur Vive les esprits forts !
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
« Rappelons-nous qu’il y a seulement un siècle, criminalité et délinquance étaient proportionnellement beaucoup plus élevées qu’à notre époque et qu’il était exclu pour le brave citoyen de se risquer la nuit dans bien des villes ou campagnes. »
Maintenant, il semble bien qu’en termes d’« âge d’or » d’une société moins violente que maintenant, on songe plus volontiers aux années ’50 et non à 1900. Dans le Bronx aussi, en 1950, on ne fermait pas les portes à clé, on dormait sur les toits quand il faisait chaud, et on allait d’un bout à l’autre de NY en metro à pas d’heures sans le moins du monde s’inquiéter.
Pour 1900, c’est néanmoins très discutable. Il y avait déjà toute une presse qui criait à la menace de l’« Armée du Crime ». De plus, la police était désorganisée avant les réformes de Clemenceau (les Brigades du Tigre). Si l’on en croit des hommes de droite comme Léon Daudet, Paris était à feu et à sang, tandis que le préfet de police Lépine considérait que toutes ces histoires étaient largement exagérées, et servaient surtout à faire gagner de l’argent aux officines de police pivée.
La violence c’est une chose, la façon dont elle est vécue en est une autre. Dans ce sens, c’est le jour et la nuit. D’abord la violence était localisée - si on se promenait dans le Montmartre des apaches on risquait gros ; en revanche les quartiers bourgeois étaient on ne peu plus sûrs. Les ’incivilités’ que l’on cite comme source principale d’anxiété étaient inconnues. Et à l’époque pas de codes de sécurité à chaque immeuble.
Surtout, la violence n’étai pas aussi crainte que maintenant - les étudiants en médecine faisaient volontiers le coup de poing contre les apaches, on se battait volontiers en duel, le port d’armes était légal jusqu’en 1911. Sans parler des violences extrêmes qui ont scandé l’histoire de France jusqu’en 1945 : tous les vingt ou trente ans une guerre, une révolution violente. Chaque génération, en somme, depuis le bas jusqu’en haut de la société, a eu à connaître la violence extrême.
