Commentaire de lisca
sur Petit Prince


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lisca lisca 26 août 2009 21:07

En réponse voici ce que je trouve sur le web, sur un site qui se donne pour objectif de lutter contre la maltraitance d’enfants : http://www.facebook.com/topic.php?uid=38863274984&topic=5716 :

Réquiem pour Baby P

"Petit Baby P aux yeux bleus, qu’aura été pour toi ce monde ? L’air a insufflé sa vie dans tes tendres poumons mais elle a été anéantie par des masses assassines. Quand la rouge nuit du démon t’a atteint de tous ses couteaux et ciseaux bien affilés et que tous les coups de pieds et les gravois sont tombés sur toi comme l’aurait fait une tornade et ont pratiqué sur ton corps d’obscures incisions et sur ton âme de cristal scintillante. Petit chérubin aux yeux bleus, quels poissons, quelles algues, quels animaux herbivores traversaient alors tes rêves enflammés ? Tu ne contrôlais ni tes pleurs ni tes sphincters lorsque t’ont cherché les coups pareils aux éclairs : tu ne savais guère, tu ne pouvais distinguer les caresses sorcières de ta mère d’un âpre papier émeri rayant ton crâne de bébé.

Petit Baby P aux yeux bleus qui a léché ses plaies comme quelque chien pouilleux et qui a bramé en silence sans mentir ni haïr. Petit Baby P, chérubin de l’abîme, laisse-moi soigner tes blessures et panser ton petit corps désolé car il n’y a ni encens ni bois de santal pour purifier les traces noires de ce sabbat de sorciers, parce qu’il n’y a de prière qui puisse laver le terrible blasphème d’une telle bureaucratie ou de tels formalismes égoïstes. Maudits soient-ils qui saignent les chairs des enfants, maudits soient-ils les voleurs d’âmes juste écloses et maudits soyons-nous les repus heureux qui créons des poèmes ou qui tapons à la machine ou qui respectons des sentences ou qui dictons des rapports : jamais, nous ne saurons ce que cet oiselet a emporté avec lui de ce monde. Je ne puis imaginer ta douleur inclémente, ton petit dos dévasté de colonne brisée. Non. Qu’une comète du ciel vienne nous détruire ! Que sept fléaux en colère nous anéantissent ! Que le sel nous brûle et qu’une digue énorme vienne se rompre sur nos vies perverses, que les eaux noires et insondables fassent brasiller le bleu éternel de tes yeux dans notre attente d’un monde juste et à ta hauteur, habité d’êtres aussi dignes que toi ! Car ton regard pur nous a déjà pardonné alors que les loups féroces hurlent encore aux pieds de ton berceau."

JOSE MARIA JURADO (traduit par VKhagan)


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