Commentaire de frédéric lyon
sur Affaire Clearstream : la grande mystification-manipulation


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frédéric lyon 16 septembre 2009 06:21

N’importe quel cadre de banque, ayant une expérience des procédures employées par les institutions internationales, sait que des noms de personnes privées ne peuvent pas apparaitre sur des documents émis par une société de clearing (chambre de compensation internationale).


Or, on a voulu faire semblant de croire que Clearstream était une banque dès le début de l’affaire. Ce qu’elle n’est pas.

De plus, n’importe quel cadre de banque, ayant une expérience des procédures employées par les banques installées dans les pays qui pratiquent le secret bancaire, sait aussi que les noms de personnes privées, qui sont les éventuels « ayant-droits » de ces comptes improprement appelés « comptes anonymes » (en fait ils ne sont pas du tout « anonymes »), n’apparaissent pas non plus dans les fichiers de ces banques. 

De telle sorte que, si on interroge ces banques pour leur demander si elles connaissent Monsieur Untel elles puissent répondre : NON, en toute bonne foi sans qu’il soit possible de démontrer le contraire.

A partir de là, on peut estimer que TOUS les protagonistes de cette affaire savaient que ces fameux « listings » étaient des faux, y compris Dominique de Villepin et le Juge Renaud van Ruymbeke.

Tout au plus pouvaient-ils être des faux confectionnés à partir de documents authentiques, auxquels on a seulement rajouté les noms.

Donc il y a eu manipulation et contre-manipulation, pour des motifs politiques. 

Cette affaire « Clearstream » n’est donc en fait qu’un épisode de la lutte politique en France entre les différentes factions qui se disputent le pouvoir. Je pense que TOUTES les factions ont été impliquées tour à tour dans ces manipulations et que celà donne une bonne idée de l’effondrement moral et intellectuel de la classe politique dans notre pays.

L’affaire « Clearstream » est avant tout une affaire politique franco-française et on s’est servi de documents volés chez Clearstream, puis trafiqués, pour la monter de toutes pièces.

L’auteur de cet article fait par ailleurs un rapprochement entre l’affaire des frégates de Taiwan et l’affaire « Clearstream ». Ne connaissant pas l’affaire des frégates de Taiwan, j’ignore si ce rapprochement est pertinent. 

En revanche, ayant eu à connaitre des affaires semblables au cours d’une autre vie, je peux dire ceci :

1) Tous les contrats internationaux, en particulier les contrats militaires, donnent lieu à des versements de commissions à l’étranger, les versements se font dans un pays tiers qui pratique le secret bancaire.

Tout le monde sait celà, c’est un secret de polichinelle, et tous les pays exportateurs versent des commissions. Le montant de ces commissions est tout simplement inclu dans le montant du contrat et c’est donc l’acheteur qui les paye in fine.

Mais à partir de là ce qu’on sait moins est que :

2) Les commissions versées à l’étranger font l’objet d’un partage et une partie de ces commissions revient à des entités désignées par l’exportateur.

En d’autres termes ce ne sont pas seulement des entités ou des personnes désignées par l’acheteur qui touchent ces commissions.

Le versement de commissions constituent en effet une bonne occasion de transférer légalement de l’argent à l’étranger et l’exportateur en profite donc aussi pour se servir.

Qui sont ces « entités » désignées par l’exportateur ?

Ce peuvent être des personnes privées.

Mais ce peuvent être aussi des émanations de l’Etat français (la DGSE, par exemple, qui finance ainsi ces opérations secrètes à l’étranger), ou bien des partis politiques. En général les partis de gauche et de droite essayent de ne pas se chamailler et se partagent équitablement le gâteau.

Normalement ce sont l’UMP et le Parti Socialiste qui se servent en premier, mais on a vu des affaires où d’autres Partis étaient impliqués. Par exemple il était d’usage que le Parti Communiste touche une part sur des contrats signés avec des pays du bloc Soviétique.

On comprend donc pourquoi ces grands contrats d’armement sont tous couverts par le Secret Défense, car il s’agit de camoufler l’intervention de la DGSE, mais il s’agit de camoufler aussi des affaires de financements occultes de partis politiques. 

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