Commentaire de okrenik
sur Une méthode, ou des méthodes de lecture


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okrenik (---.---.40.68) 17 novembre 2006 09:16

Le débat oppose deux méthodes : la syllabique et la semi-globale (c’est-à-dire la mixte syllabique ET la globale), puisqu’il est entendu que la globale seule est inadaptée. Il me semble que : 1) dans la mixte, il y a de toute façon la syllabique 2) l’approche globale qui la complète ne défait pas les acquis de la syllabique. Donc, le débat revient à la question de savoir si une approche globale peut améliorer l’apprentissage d’une méthode fondamentalement syllabique ou si ce complément est inutile (savoir si elle est nuisible ne se pose pas, puisqu’on a vu qu’elle ne défait pas les acquis de la syllabique). Le fait d’avoir expérimenté avec succès la syllabique (seulement) ne constitue pas un argument, puisqu’on trouvera aussi d’autres personnes n’ayant expérimenté que la mixte. Il faut donc s’en remettre à l’expérience de ceux qui ont expérimenté les deux méthodes (les profs). Faute de quoi, s’en remettre au bon sens. Notre perception du monde est à la fois analytique et synthétique. Il y a donc fort à parier qu’une approche syllabique peut être enrichie par une approche « photographique », globale. Force est de constater que dans les écoles, c’est le pragmatisme qui l’emporte généralement : la méthode mixte se trouve finalement la plus employée.

Constatons enfin (en sautant du coq à l’âne), que la langue française n’est pas absolument alphabétique, et qu’elle comporte des éléments idéographiques. La langue chinoise n’est pas, quant à elle, totalement idéographique, mais comporte des éléments analytiques. Enfin, les parents ne sont pas forcément les mieux placés pour juger en la matière, et leur opinion relève plus souvent d’idées préconçues que d’une véritable analyse du problème. Pourquoi, quand on a fait le choix de la méthode syllabique, s’interdire toute approche globale, comme si cela allait brouiller la première approche ? La mise en place de stratégies d’apprentissage complémentaires dans l’acquisition des connaissances se révèle en général la plus efficace, et ceci dans tous les domaines (donc aussi dans l’apprentissage de la lecture) du savoir. Enfin, je terminerai en citant mon exemple de parent (ce n’est pas un argument, mais un exemple parmi des millions) : j’ai appris à lire à ma fille en l’espace de deux mois (ce n’est pas une surdouée pourtant), en combinant la méthode d’Amélie (méthode globalisante) et la méthode Boscher (méthode alphabétique pure). L’approche globale permet un premier survol de ce qui sera repris plus tard de façon analytique. L’enfant est mis d’emblée devant des phrases (voire des histoires) ayant un sens, ce qui aiguise son goût de la lecture, et met en place chez lui le même dispositif d’apprentissage que celui de la langue maternelle. Sans nuire à l’autre approche, indispensable car elle fait appel directement à l’intelligence analytique : l’approche syllabique. Bon, d’autres parents ont peut-être d’autres expériences concluantes ...


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