Commentaire de Christian Delarue
sur Le croyant et l'athée
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Quand la liberté de religion devient emprise du
religieux, la solution est dans l’équilibration.
.
1 ) Commençons par le droit et la
religion.
La liberté de religion, c’est bien plus que la
lberté de conscience. La chose est entendue. C’est aussi une certaine pratique
autorisée en privé et en public. C’est là que la discussion commence nous
le verrons plus loin.
En France, avec la laïcité reconnue, le droit ne
dit rien de la religion hors de ses pratiques. Toutes les convictions même les
plus bizarres ou les plus farfelues sont admises. Et l’athée que je suis trouve
cela normal puisqu’elles sont à un titre ou à un autre toutes
farfelues et bizarres. Aucune ne tient debout. Le législateur n’est pas athée
nécessairement mais laïque. En conséquence il ne s’occupe pas une seconde des
croyances car il s’interesse exclusivement qu’aux pratiques individuelles et communautaires (de groupe). Le
droit dit : chacun a les croyances qu’il veut et chacun peut
libremment les critiquer car elles sont contradictoires. Le droit dit
surtout : je ne connais que
l’extériorisation des convictions notamment sous la forme du "libre
exercice des cultes" qui s’effectue en lieu clôt ou à ciel ouvert lorsqu’il
s’agit de manifestations. Ces manifestations peuvent être restreintes dans
l’intérêt de l’ordre public. La liberté
d’extériorisation n’est pas absolue. Le droit apporte des limites
à cette liberté de principe.
2) Le conflit des prosélytismes
La liberté de religion reconnait la liberté du
prosélytisme. Soit. Cela ne fait pas nécessairement souci quand il s’agit d’un
discours car il peut y avoir un contre-discours. Il est bon que l’on ne passe
pas son temps à s’échanger nos croyances et nos non croyances car pendant ce
temps-là on ne produit pas grand chose en terme de valeur d’usage utile à
la société pour les socialistes mais pas plus en terme de valeur d’échange pour
les marchands et les capitalistes. Donc quelque part pour les socialistes
comme les capitalistes, la philosophie de la laïcité conçut comme la
mise en suspension de ce débat - qui n’en est pas un chacun gardant ses
convictions- assure la paix et la production.
3) La question de l’emprise du
religieux.
Le religieux ici signifie la totalité des
manifestations extérieures de toutes les religions. L’emprise du
rellgieux peut être sociale et proximale.
Quand sur un territoire donné vous avez profusion
de symboles religieux en tout genre des bâtiments divers aux voilles
islamiques et kippa il peut y avoir surdose du religieux du fait de cette
emprise. L’atmosphère sociale est sous emprise du religieux.
L’emprise peut être proximale si dans un espace
restreint un(e) individu affiche ostensiblement et durablement des symboles
sacrés. La réponse peut-elle venir du blasphème ? Le blasphème est parfois
la réponse à la surcharge de sacré. « La bonsieuserie çà gave ! » Mais on ne va pas passer son temps à
blasphémer. Vous pour pouvez mettre un panneau qui indique que la religion vous
défrise celle-là comme les autres (voir plus encore que les autres) .
Certains croyants et certains
religieux et même certains spiritualistes n’imagine pas combien l’affichage
du sacré peut être pénible et agaçant dans certaines circonstances .
L’affichage ostensible et durable de sa religion
dans un cadre proximal mérite de plaider pour les affichage discrets de la
religion contre les affichages ostensibles.
Christian Delarue
