Commentaire de Paradisial
sur Existe-t-il plusieurs Coran ? Réponse aux commentaires
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Cher Olivier Bach,
Votre proposition je ne la refuse pas, pas plus que je ne l’accepte. Le sens de mon projet qui sommeille est plus global, plus utile, voué à la pluralité, dans un objectif de levée des mécompréhensions, des mensonges et ignorances, et de réponse aux polémistes, aux manipulateurs et aux menteurs.
Ledit projet ne se souciera pas de répondre à une question, mais à toutes les questions possibles et potentielles.
Ledit projet je n’y participerais que partiellement comme acteur, mais plutôt escompte y jouer le rôle de catalyseur.
Musulmans et non musulmans y trouveront leurs places, les contributions y seront de type participatif, avec comme objectif en mire : une meilleure et plus translucide compréhension de l’Islam, basée sur des outils, des procédés et des interfaces pédagogiques et académiques.
L’effort de traduction collectif du Coran sera basé lui également sur un système de votation pour choisir pour chaque verset la meilleure traduction soumissionnée par tant d’autres.
Sinon, pour revenir vers vos derniers questionnement, je vous avoue que je ne saurais imaginer comment vous seriez en mesure de procéder à l’analyse académique du texte du Coran, cette discipline se faisant uniquement en langue arabe, se penchant directement sur le texte originel et original, en se servant de tous les moyens techniques et bibliographiques qui lui sont nécessaires : parfaite maitrise de la langue arabe et de ses règles, exploitation des meilleurs dictionnaires de la langue arabe (il y en a qui datent de la fin du premier millénaire et du début du second) [l’analyse linguistique en langue arabe est un art toute finesse qui n’est pas à la portée du premier venu, et a énormément d’importance dans l’étude du Coran], sources bibliographiques permettant la reconnaissance des contextes historiques de la révélation de chaque verset, accès aux œuvres des différents exégètes classiques, modernes, d’écoles différentes, et ce n’est qu’au bout des analyses linguistiques, historiques, par exégèses comparées, que l’on aboutit vers le quatrième niveau, l’analyse personnelle, qui fait l’examen et le rapprochement de tout cet ensemble, procède éventuellement à une analyse critique, que l’on déduit - au bout et en définitive - un avis personnel sous forme d’une synthèse.
Que l’on veuille tirer un avis personnel sans procéder à une telle lecture académique autant serait aller demander à un marchand de légumes ce qu’il pense de la littérature classique.
L’analyse académique du texte du Coran se fait uniquement en langue arabe. Cela n’empêche pas qu’une partie des sens de son texte ne puisse être accessible dans une autre langue. Les traductions translattent une partie du Coran (avec énormément de biais) et non pas tout le Coran dans tout son incommensurable richesse.
Au lieu de chercher une traduction du texte du Coran à la FNAC (faite encore par des orientaliste ou un malek chebel) vaudrait mieux s’adresser à une librairie musulmane et demander conseil sur place par rapport aux meilleures essais de traduction disponible.
Pour les musulmans de par le monde entier, il n’existe qu’un seul Coran, celui arabe.
Aucun essai de traduction n’a la moindre légitimité représentative ou spirituelle.
