Commentaire de Nycolas
sur Shoes tossing, alcoolisation et hurlements
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Merci Fergus pour cet article. Cette « rue de la soif » ressemble à une rue piétonne de Saint-Etienne, elle aussi pavée et très ancienne, et qui concentre depuis désormais assez longtemps les fêtards stéphanois, pour le plus grand malheur des habitants du quartier, dont j’ai fait partie pendant 8 ans. J’avais environ 25 ans, lorsque j’y ai emménagé, j’étais donc loin d’être un vieux con, mais qu’il est difficile à un organisme humain, même jeune, de supporter des réveils nocturnes jusqu’à 5h du matin et plus... J’ai tenté de remuer ciel et terre devant ce problème à l’époque, puis ai baissé les bras devant le manque de volonté des pouvoirs publics et l’irrespect, l’irresponsabilité et l’inconscience des jeunes nous pourrissant toutes les nuits (surtout du jeudi au samedi, mais de mai à septembre, c’est pratiquement constant du mardi au dimanche).
Bref, ces coutumes festives ont sans doute leur raison d’être, et moi-même quand j’avais cet âge, je « fantasmais » sur, comme dit Zen, la qualité « cathartique » de ces moments, c’est à dire le fait de tout oublier l’espace d’une soirée, d’une nuit...
Mais lorsqu’on oublie le respect d’autrui une nuit sur sept, ou plus, est-on encore un citoyen digne, responsable et surtout respectable soi-même ? J’en doute fort.
J’ai à présent regagné un quartier plus humainement vivable, où l’on peut dormir quand il fait nuit, et vivre quand il fait jour, et choisir quand l’on sort sans subir le choix des autres qui viennent hurler à vos fenêtres, d’abord à la fermeture des bars (vers 1h) puis vers la fermeture des discothèques (vers 5h, ou plus tard même), ainsi qu’à chaque fois qu’ils sortent dans la rue pour s’engueuler et se faire saigner le nez entre eux, pour célébrer l’esprit de la fête. Et combien de nuit en 8 ans n’ai-je entendu des gens se souhaiter « joyeux anniversaire » à tue-tête entre 2h et 5h30 du matin, histoire que tout le quartier sache ? De quoi faire des statistiques sur les naissances en occident, je vous le dis... Incroyable le nombre d’anniversaires fêtés sous mes fenêtres en quelques années...
Bref... Personnellement, je honnis ces beuveries qui ravalent l’homme au rang de bête vomissante, hurlante et bagarreuse, et il y a de quoi, quand on en a été si souvent privé de sommeil pendant des années.
Les quartiers ainsi investis par les fêtards, dans chaque ville estudiantine de France, deviennent des no-man’s land de demeures quasi médiévales ou renaissance interdites à l’habitation par les conditions de vie à peine meilleures qu’une favela (j’en rajoute un peu, j’en conviens, mais gâcher des quartiers piétons anciens par ces comportements, c’est tout de même lamentable, et ce n’est pas un bourgeois qui vous le dit, à cette époque là, j’y vivais au rmi...).
Bref, merci encore pour cet article, et l’occasion que vous m’en donnez d’en citer ma propre expérience. Je ne recommande à aucune personne aspirant à un tant soit peu de calme d’habiter dans un tel quartier. Et n’attendez pas que les pouvoirs publics vous soutiennent : les mairies ont tout intérêt à laisser prospérer chaotiquement le commerce, dans ces quartiers, même au détriment de l’immobilier, complètement sacrifié (c’est mon propriétaire qui vous le dira).
