Commentaire de le piquant Roungalashinga
sur La laïcité dans l'animation
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Vous dites une chose et ensuite son contraire. Au départ vous reconnaissez que le certificat concerne les malaises dus au jeûne, et ensuite vous ne me parlez de mauvaises notes, ce qui n’a rien à voir. Si, comme elle le dit elle-même, il s’agit de malaises, cela signifie que la jeune fille a peur pour sa santé si elle est obligée de suivre un cours de sport.
De même, quand vous me dites : « La patiente en question n’avait pas d’inaptitude médicale à la pratique sportive , mais une inaptitude idéologique auto-infligée qui ne relève donc pas de la médecine », il y a encore confusion, car dans votre phrase on croirait que la jeune fille vous demande de la guérir de ses malaises, ce qui, en l’occurrence ne relève effectivement pas de la médecine puisqu’il s’agit d’un choix délibéré. Non, elle vous demande de constater qu’elle est inapte à la pratique sportive, et j’imagine que n’importe quel médecin conviendra qu’après un jeûne d’une journée, le corps n’est pas forcément capable de subir un effort prolongé. Et s’il y a une incapacité, le médecin doit la constater.
Vous me sortez ensuite vos connaissances médicales, mais sans pour autant réfuter mes arguments. Par exemple, en ce qui concerne l’allergie aux chats, même si le meilleur moyen de s’en débarasser serait de se débarrasser de ses chats, vous ne dites pas si vous refuseriez d’établir un certificat tant que le patient refuse de se débarrasser de ses chats. La question est d’importance, car, dans le cas de la musulmans, vous refusez de constater une incapacité sportive sous prétexte qu’il ne tient qu’à elle d’en supprimer la cause. Par conséquent, soit vous refusez à tout patient le droit à un certificat dès lors qu’il a un pouvoir sur les causes de son malaise, soit ce refus ne prend acte que s’il s’agit de causes religieuses. Dans le premier cas, vous feriez un drôle de médecin ; dans le deuxième cas, la laïcité que vous proposez est bien de l’anti-religion, car toutes les causes de malaises ou d’incapacité sportives seraient acceptées, sauf les raisons religieuses, et on se demanderait bien pourquoi.
4) Ici encore, il n’est pas question d’être au-dessus des lois. Déjà, vous sortez des grands mots alors qu’il s’agit simplement de cours de sport. Beaucoup de jeunes y échappent d’ailleurs pour des raisons plus ou moins valables, et jamais je n’ai entendu des professeurs leur reprocher d’être « au-dessus des lois ». Mais passons. La loi prévoit en effet des cours de sport, mais elle prévoit également les cas où les élèves seraient dans l’incapacité de fournir un effort sportif soutenu. La loi n’est pas assez cruelle pour obliger au sport ceux qui y sont inaptes. Donc dès qu’il y a une inaptitude, on ne peut pas reprocher à l’élève concerné d’être « au-dessus de la loi », puisque son cas est parfaitement prévu par la loi.
« Il n’est pas dans les attributions du médecin de faire du favoritisme pour que certains se retrouvent au dessus des lois . » En l’occurrence la question n’est pas de faire du favoritisme, mais plutôt du défavoritisme (cf. un peu plus haut).
« Par ailleurs, certaines revendications religieuses demandent l’exemption de cours de biologie traitant de l’évolution, ou bien de cours de dessin ou d’éducation sexuelle . Selon vous , je devrais aussi faire des certificats dans ces cas ? » Non, car je ne vois pas ce qu’il y aurait de médical là-dedans.
5) Encore une confusion. J’ai bien précisé « que les institutions doivent avoir plus d’importance à leurs yeux que leurs croyances ». C’est-à-dire que dans la pratique civile, c’est évidemment la loi de la République qui prime, mais on ne peut pas obliger les gens à préférer intimement la République à autre chose. Et dans le point 4), j’ai démontré qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre loi de la République et pratique religieuse, car l’inaptitude au sport est prévue dans la loi. J’ajouterai qu’on peut très bien « vivre normalement dans la société » sans avoir jamais suivi un seul cours de sport.
7) Encore une fois, il y a une habile confusion. Vous vous permettez à juste titre de défaire certaines croyances enracinées dans la tête des patients, mais en l’occurrence il s’agit du domaine médical. Ayant fait médecine, il est normal que vous sachiez plus de choses sur ce sujet que le citoyen moyen, et donc vous pouvez tout à fait vous permettre de redresser certains préjugés. Mais dans notre cas, il s’agit de croaynce religieuse, concernant le fait que Dieu ne se vexerait pas si on commet une petite entorse au ramadan. Or, je ne me souviens pas que mes amis ayant fait médecine aient mentionné des cours de théologie...
De plus, il y a encore une incohérence entre ce que vous disiez au début et ce que vous dites là, puisqu’au début le médecin était un représentant d’un service public, et partant un garant de la laïcité ne pouvant se permettre de se mêler de la pratique religieuse des autres ; et maintenant vous êtes un gentil médecin qui donne des conseils d’ami, toute laïcité mise à part. Les deux positions sont acceptables, mais il faut choisir soit l’une soit l’autre.
