Commentaire de Nycolas
sur Education populaire et syndicalisme enseignant


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Nycolas 1er juin 2010 12:03

Pas beaucoup de réactions... Je n’ai pas pu lire cet article avant aujourd’hui, mais je tenais à vous remercier tout de même pour ce rappel de l’historique des mouvements d’éducation populaire.

Moi-même ancien animateur socio-culturel ayant suivi des formations chez les CEMEA et les FRANCAS, et ayant travaillé dans un quartier « défavorisé », je suis bien au fait de tout cela, et je me doute que depuis que j’ai quitté le métier, avec le gouvernement actuel, cela doit devenir de plus en plus difficile de travailler en allant dans le bon sens. Déjà il y a 10 ans, nous manquions cruellement de moyens, et surtout nous étions déjà essentiellement dans du vulgaire occupationnel, sauf lors de quelques actions marquantes, comme la journée des droits de l’enfant, l’un des phares actuels de l’éducation populaire, mais en dehors de ça, je trouve qu’il y a bien peu de lumières dans la nuit, pour éclairer l’idée d’une « révolution perpétuelle » sous le moteur de l’éducation populaire.

Les spectacles de Franck Lepage (je ne sais si vous connaissez), donnent de puissants éclairages sur la dérive des mouvements d’éducation populaire à partir de l’après-guerre, et plus encore sous le ministère de la culture de Jack Lang.

En ce qui concerne la laïcité en danger, je partage plutôt votre inquiétude, mais j’avancerais quelques idées. Je pense que la recherche de spiritualité est une bonne chose, et qu’elle est inévitable. Je dirais même que c’est l’avenir de la société et de l’humain, que de recommencer à se poser des questions d’ordre spirituelle. En revanche, il est fort dommageable que cette quête de spiritualité, dans un monde mercantiliste et matérialiste, se fasse dans une orientation rétrograde, avec le retour aux grandes religions dogmatiques. Cela peut néanmoins se comprendre, lorsque l’on considère que les peuples « des banlieues » n’ont rien vers quoi se tourner... ce n’est certainement pas la société marchande qui va leur fournir un avenir et ils le sentent bien. Par ailleurs les mouvements laïcs ayant été bradés, l’espace neutre est de plus en plus restreint et investi par le domaine religieux. Je pense en effet qu’il faut lutter contre cette tendance, mais cela implique que les mouvements d’éducation populaire sont pris entre deux feux, et luttent sur deux fronts : d’un côté la religiosité qui gagne du terrain (je fais le pari que cela n’est que provisoire, et n’est que le fruit de la crise sociétale que nous traversons, et que cela évoluera autrement, dans l’avenir, à condition de participer à ce mouvement...) et d’un autre le totalitarisme marchand qui impose son idéologie partout, sans pour autant fournir des opportunités réelles à l’essentiel de la population pauvre et exploitée.

Dans ces conditions, il y a fort à parier que le mouvement ne s’essouffle encore plus qu’il ne l’est déjà. Je vous rejoins donc pour dire qu’il est urgent de bien se coordonner face à ces problématiques, pour ne pas en sortir encore plus affaibli. Les mouvements d’éducation populaire, tout dévalorisés, récupérés et corrompus qu’ils soient par les politiques publics, restent l’une des forces qui sont indispensables pour préparer un avenir différent, pour préparer peut-être l’après-crise de la société marchande... il faudra bien qu’il en ressorte quelque chose de plus humain, autrement c’est une catastrophe humaine qui se profile à court terme... Je pense sincèrement que c’est dans l’espace laïc de l’éducation populaire que peuvent se dessiner les traits d’une société plus égalitaire et en tout cas meilleure à vivre que l’individualisme consumériste forcené d’aujourd’hui.


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