Commentaire de Emile Mourey
sur Allianoi, site antique
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
@ Octavien
Concernant votre premier alinéa, je suis bien d’accord que la victoire d’Attale sur les Galates dépasse le cadre de la simple polis de Pergame. Il n’empêche que lorsqu’il remporte la victoire décisive de Caïque, il en est le roi depuis déjà quelques années. Et comme il faut bien situer les événements sur le terrain, je ne pense pas qu’il soit faux de dire que le bras de fer s’est joué entre les Galates et Pergame en première ligne. Or, à ma connaissance, Pergame était alors une cité grecque.
Concernant la grande révolte de Mithridate contre les Romains, je n’ignore pas qu’il était roi du Pont. Si j’évoque en - 88, à Pergame, le massacre des Romains par les Galates, c’est uniquement pour montrer que ces Galates sont toujours un ensemble de peuplades puissantes comme Strabon le dit lui-même et qu’ils sont toujours présents dans les combats avec leurs contingents de mercenaires. Quant à l’opposition des Galates aux Romains, le fait qu’ils aient fourni à Mithridate des contingents de mercenaires va dans ce sens.
Concernant l’autel de Pergame, qu’il y ait dans cette réalisation une volonté de propagande, il serait absurde de le nier, même si, en même temps que le monument commémore une grande victoire contre les « barbares » gaulois, il fonde une dynastie.
Il n’est pas besoin d’être un grand stratège pour comprendre que l’ambition des Galates était d’imposer leur domination sur toute l’Asie Mineure. Leur puissance militaire, leur habileté stratégique, notamment en soutenant par le mercénariat tel ou tel concurrent, leur permettaient tous les espoirs. La victoire d’Attale a stoppé cette ambition en la cantonnant à la Galatie. Il s’agit d’une victoire qui eut un grand retentissement. Rien d’étonnant à ce que les descendants d’Attale la rappellent.
