Commentaire de samir
sur Considérations sur les migrations musulmanes
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
- La supériorité militaire des esclavagistes européens sur l’Afrique
n’est plus à démontrer. Ce qui leur a permis de laminer les plus grands
centres civilisationnels et politiques africains, tel que le Kongo. La
Traite transatlantique prélève des esclaves au cœur même des régions
africaines les plus densément peuplées. Les déséquilibres qu’elle
provoque n’en sont que plus extensifs et plus intensifs. Comme cette
traite porte essentiellement sur des esclaves de plantation, réduits en
bêtes de somme, en biens meubles, on comprend aisément que les
volumes de « bois d’ébène » qu’elle mobilise sont sans aucune commune
mesure dans toute l’histoire de l’humanité. Les moyens juridiques,
financiers et matériels mis en œuvre, la capacité destructrice des
moyens militaires sont sans équivalent. Et l’on ne peut oublier
l’atrocité des traitements réservés aux esclaves depuis les conditions
de leur rapt, celles de leur (sur)vie à fond de cale de négrier, jusqu’à
leur bestialisation à destination…Pour un esclave parvenu à destination, combien de nègres ont péri
sur les sentiers de prédation de « bois d’ébène », dans les entrepôts
(de Ouidah, Gorée, etc), et lors de la traversée maritime ?Louise Marie DIOP-MAES a repris toutes les méthodes d’estimation des
conséquences démographiques de la Traite transatlantique, qu’elle a
critiquées une à une. Puis elle y a opposé ses propres estimations et la
méthodologie idoine. A ma connaissance, c’est le seul travail de cette
qualité jamais entrepris sur ce sujet par une personne techniquement
qualifiée. Les résultats de son travail (de thèse de doctorat en
géographie humaine) sont vertigineux :
- « On ne peut pas donner de chiffres ? Mais on laisse courir les
chiffres manifestement faux, ce qui revient à les entériner. Il
serait utile de savoir :
- 1) que les estimations recopiées depuis trois siècles sont sans
aucun fondement ;
- 2) que la taille et le nombre des habitats connus d’une part, les
effectifs d’esclaves exportés et déjà répertoriés, d’autre part, ainsi
que l’évidence des effets multiples des traites et pillages, rendent
caduques, parce que mathématiquement impossibles, les faibles
évaluations qui correspondent à 4 ou 5 habitants au km2 ;
- 3) que 15 à 20 habitants au km2, soit 300 à 400 millions d’habitants
représentent un minimum absolu pour l’Afrique noire aux 15è/16è
siècles. L’idée d’un sous-peuplement constant de l’Afrique noire doit
être définitivement abandonnée et récusée puisqu’aux mêmes siècles,
ainsi qu’au 17è, la population de l’Europe était de l’ordre de 10
habitants au km2.[…] Nous pensons avoir établi que l’Afrique au sud du Sahara, avec
un climat tout de même peu différent dans l’ensemble de celui
d’aujourd’hui, nourrissait largement, dans le contexte d’une économie
préindustrielle, une population de 600 à 800 millions d’habitants, fin
15è/début 16è siècle, représentant une moyenne de 30 à 40 habitants au
km2. » [cf. Louise Marie DIOP-MAES, « Afrique noire démographie, sol
et histoire » éd. Khepera, Présence Africaine, 1996, pp290-299]
- Au 19è siècle, la population africaine n’est plus que d’environ 150
millions d’habitants ; soit 4 à 5 fois moins qu’à l’orée de la Traite
transatlantique. Cette traite négrière européenne a donc décimé
plusieurs centaines de millions d’Africains . Cette réalité, d’un
effondrement démographique, mais aussi culturel, politique, agricole,
économique, technique, scientifique, sans précédent est grossièrement
minimisée par les chiffres anormalement dérisoires inventés par
Pétré-Grénouilliaux et consorts, SANS AUCUNE METHODE SCIENTIFIQUE
D’ESTIMATION !!!
