Commentaire de J. SCIPILLITI
sur L'unité pour un PS qui risque de perdre en 2012
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@ l’auteur.
L’écrit vain écrit bien et j’aime son style. Mais je vais lui déplaire par mes propos.
La division du P.S. ? Elle ne date pas de Mitterrand mais est congénitale à ce parti, voire à la gauche. Jusqu’en 1905 il y avait en France cinq partis socialistes, que Jaurès réussit à fédérer dans la SFIO. L’unité dura neuf ans, le temps que l’union sacrée de 1914 la fissure, et que le congrès de Tours en 1920 le fasse voler en éclats communiste et socialiste. Sous la houlette de Léon Blum la nouvelle SFIO connaîtra un semblant d’unité cachant les sourdes luttes internes de tendances (« Bataille socialiste » de Ziromsky ; « Gauche Révolutionnaire » de Marceau Pivert, « néos-socialistes » exclus en 1933...). A la libération, ce sera l’affrontement Léon Blum/Guy Mollet gagné par ce dernier, qui avec les guerres coloniales, fera entrer la SFIO dans une longue phase de déclin (création des « clubs » de gauche, du PSA devenu PSU...). Avec Savary (1969) puis Mitterand (1971) le P.S. (le titre SFIO ayant été abandonné en 1969) s’unifie à nouveau... en apparence. Dans les années 70, quand vous vous disiez militant socialiste, on vous répondait : « dans quelle tendance ? ». On avait comme une double appartenance. Tant que le PS eut le vent en poupe (notamment après 1981) et que la forte personnalité de Mitterrand était présente, il put faire croire en son unité. Dès que Tonton approcha de sa fin (et alors même qu’il était toujours président) on recommença à grenouiller dans des conditions indécentes, sachant que le vieil homme malade était désormais inutile. Et ça continue.
Bilan : le PS ne peut être uni en apparence que provisoirement, si 1) Il est dans une bonne période électorale 2) Il a un chef charismatique (Jaurès, Blum, Mitterrand).
Le programme ? Quel programme pourrait avoir un P.S. et plus généralement une gauche, qui a épuisé sa mission historique ? Vous dites que les Verts ne servent à rien, la gauche non plus hélas, sauf à faire sa mue idéologique comme ses voisins européens, ce qu’elle se refuse à faire. Nous sommes la patrie des révolutions que diable, on ne va tout de même pas gâcher ce monument intellectuel, que les étrangers visitent comme le Panthéon ! Alors on continue la comédie séculaire : discours révolutionnaire dans l’opposition, virage « réaliste » une fois au pouvoir (après quelques mois de défoulement idéologique dont il faut ensuite payer le prix), puis nouvelle cure d’opposition où renaît un discours révolutionnaire, et on rejoue un nouvel acte de la pièce.
« Comment peut-on être Persan ? » disait Montesquieu.
« Comment peut-on être de gauche en France aujourd’hui ? » ai-je envie de dire.
