Commentaire de Imhotep
sur Quand l'Elysée utilise le contre espionnage à des fins personnels et politiques


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Imhotep Imhotep 14 septembre 2010 10:56

Le Monde :

L’affaire Woerth-Bettencourt ne peut pas, en effet, être considérée comme une menace pour la sûreté de l’Etat ni une ingérence d’un Etat étranger. Pourtant – et M. Squarcini l’a assumé dans un entretien au Nouvel Observateur –, le directeur de la DCRI a bien ordonné un « éclairage DCRI » sur les fuites provenant du ministère de la justice, confirmé lundi 13 septembre par la Direction générale de la police nationale. Plus tôt dans la journée, l’Elysée avait nié avoir donné« la moindre instruction à quelque service que ce soit ». Motif invoqué par le patron de la DCRI :« Quand on balance des PV [procès-verbaux d’audition], on peut aussi balancer des secrets d’Etat. » Le même évoque également la nécessité d’enquêter sur « de possibles règlements de comptes » entre ministres. Autant d’enquêtes que ne justifient ni la mission de la DCRI, ni la loi.

Celle du 4 janvier 2010, votée à l’initiative du chef de l’Etat pour enfin clarifier les rapports entre presse et pouvoirs, est claire : « Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources que si un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie. » Ce n’est, dans cette affaire, pas le cas, sauf à considérer que le fait qu’un ministre soit déstabilisé par des révélations de presse constitue « un impératif prépondérant d’intérêt public ».

Le 21 juillet, à l’issue d’une audition, Claire Thibout, la comptable des Bettencourt, revient en partie sur ses déclarations à Mediapart, qui mettaient en cause Nicolas Sarkozy. Presque dans l’heure qui suit, Le Figaro publie sur son site Web un extrait – tronqué – du PV d’audition. A en croire la société des rédacteurs du journal, qui publie un communiqué outragé, ce document a été obtenu par la direction du quotidien, qui n’en a pas informé les journalistes chargés de suivre l’affaire. Techniquement, la publication d’un tel document constitue un « recel de violation du secret de l’enquête ». Pourtant, aucune plainte ne sera déposée par le parquet de Nanterre.

Le 8 janvier 2008, à l’Elysée, Nicolas Sarkozy expliquait : « Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l’accepter. » L’affaire Bettencourt-Woerth l’a, semble-t-il, fait changer d’avis.


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