Commentaire de easy
sur Les cougars, ces dévoreuses d'hommes, espèce à protéger !
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« »« »« »« »« »« »Plaire ou pas ? S’en assurer d’une manière ou d’une autre, c’est bien la clé.« »« »« »« »«
Oui, bien entendu.
Mais pourquoi le besoin de chacun de s’en assurer, d’une manière ou d’une autre, s’oppose-t-il à la société ?
Par individualisme (bien ou mal compris), comme vous dites.
Que chaque femme ait ce besoin de séduire, de conquérir, chacun en convient, mais chaque femme qui a conquis son chum tient à se le réserver corps et âme. Et ça vaut en inversant les sexes.
Toute bestiole sur Terre se retrouve face à deux sortes de situations. L’une qui lui rappelle quelque chose : c’est la situation habituelle. L’autre qui la surprend : c’est la situation nouvelle. Des deux situations ; la seconde est la plus menaçante et dangereuse. Celui qui crée de l’instabilité étant généralement dans une action d’attaque, prédatrice.
Toutes les bestioles et plus encore les sociétés de bestioles, préfèrent la stabilité et ne supportent les déstabilisations ou surprises qua dans une certaine limite ou un certain cadre (propre à chacun).
Le principe du mariage et de la fidélité érigée en valeur est là pour tenter d’encadrer l’ampleur des surprises.
Et les cougars ne sont alors tolérées par les fidélistes que pour autant qu’elles maraudent dans le milieu des célibataires ou échangistes.
Mais pour les fidélistes (très majoritaires et dont je fais partie) elles sont autant le danger que la preuve de lejur fidélisme. Organisées ou pas, regroupées sous une appellation ou pas, labellisées ou pas, les séductrices, les déstabilisatrices (pour autant qu’on puisse les confessionnaliser ainsi) sont indispensables aux fidélistes.
C’est peut-être mon ancrage très profond dans le Tao qui fait ça mais à mon sens il faut le danger, le risque, la tentation, il faut l’alternative contraire pour faire toute la valeur de notre choix et de notre résistance. Quel sens ou valeur aurait la fidélité si par nature chacun l’était sans faille aucune ?
Le Ying se définit grâce au Yang et réciproquement pendant que chacun sait et contient l’autre. Pas de déni ou de condamnation de l’autre dans le taoisme.
Bien qu’évoluant essentiellement dans un milieu dit open, les cougars ne trouvent délectation qu’à convertir un fidéliste. Elles ne ressentent probablement pas de grande satisfaction intellectuelle avec des partenaires trop clairement et trop officiellement acquis à l’échangisme.
Nos positionnements dans chacun de nos cercles, pour être ressentis, excitants et motivants, ne se définissent que par rapport à ce qui se passe sur les franges. Jouer avec les bordures, les limites (chacun ayant les siennes) fait le ressenti et le fun de toute posture.
C’est sur les franges que tout se passe. Quand deux pays sont en guerre, c’est tout de même bien sur leurs frontières que la confrontation se ressent le plus n’est-ce pas ? Et bien c’est pareil pour les sentiments et les caresses.
C’est ce qui se passe entre l’épiderme de l’un et l’épiderme de l’autre qui cristallise l’attention et marque la relation. Et ce qui se passe entre ces deux bordures, c’est de la friction, du mouvement, de la différence, de la surprise (caresses et chatouilles inside)
Lorsque deux peaux ou organes sexuels ne bougent plus l’un par rapport à l’autre, il n’y a plus de ressenti, plus de sensation et on se retrouve face à un vide inquiétant (vide ou silence ou absence de trouble que recherchent au contraire certains ataraxiques).
C’est la friction qui permet à un caillou de rester en place sur le sol et c’est encore la friction qui permet au vent ou au torrent de le déplacer. Tout est attraction et friction, conversion et apostasie, résistance et capitulation, prise et offrande. Aussi bien dans le cercle du coupe fidéliste, que dans le cercle des échangistes qu’entre les cercles de ces deux groupes aux limites aussi incertaines et changeantes que les nuages.
Quand on dessine le symbole Tao, on lui donne des limites précises, en encre noire sur papier blanc, mais ce qu’il dit en dépit de ce tracé tranché, c’est que les limites sont floues et très relatives.
Le flou est en nous mais le discours et la posture sociale, en l’Occident surtout, obligent à une apparence tranchée, non énigmatique, non ambivalente »Dis-moi que tu m’aimes« »La France, on l’aime ou on la quitte !« »Les chiens ne font pas des chats« »Soit il y a viol, soit il y a consentement« »Soit il est coupable, soit il est innocent" ; Et l’on passe alors très vite du Capitole à la Roche Tarpéienne.
Il suffit pourtant de lever le nez pour voir qu’en quelques minutes, un nuage blanc vire au gris, puis au noir, puis s’égoutte, se décharge et perd ses contours.
En Occident, la peinture a été le plus souvent intégrale, chaque cm² est peinturluré. En Extrême-Orient, l’artiste taoïste (libertaire), laisse des surfaces vierges. Il semble hésiter entre peindre et dessiner. Il considère insensé de vouloir tout définir, d’intervenir sur tout, d’écarter les brumes (alors que les lettrés entourant l’empereur faisaient du zèle pour lui réaliser les encyclopédies les plus complètes).
Nulle part ailleurs la lutte n’était si claire, permanente et autorisée voire officiellement encouragée entre les empereurs qui faisaient tout pour tout contrôler et les artistes qui faisaient tout pour en démontrer l’inanité.
Cougar est un mot frappant qui vise à fixer certaines femmes dans un schéma commode, donnant l’impression qu’on les a repérées ou cataloguées. En réalité, elles ne sont pas cernables. Filles, mères, soeurs, amies, amantes, épouses, esseulées, entourées, généreuses, gourmandes, égoïstes, compréhensives, agressives, tolérantes, résistantes, offertes, sélectives, camarades, curieuses, lassées, courageuses, elles portent en elles toutes ces vies confondues à la fois. Elles ne sont pas fondues de tous les cons et vits à la fois, loin de là.
