Commentaire de JL
sur Quand l'anti-capitalisme devient rentable...
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Très bon article qui va dans le sens de ce que Frédéric Lordon décrit dans son ouvrage récent :et dont on peut se faire une idée là. Frédéric Lordon nous y parle de servitude volontaire incontournable et fait un distingo subtil et pertient entre la servitude volontaire joyeuse et la servitude volontaire triste. Mais au fond, entre les deux, il semble que dans le capitalisme, la servitude joyeuse soit perspective la moins réjouissante des deux : « Nous n’avons encore rien vu de ce dont le capitalisme est capable » prévient-il.
J’aimerais poster ici une citation qui va bien :
Il faut prendre le slogan de la « moralisation du capitalisme » pour ce qu’il est : la rationalisation d’une croyance prise en défaut par les faits, et non pour une analyse scientifique des causes de la crise (…)le credo néolibéral n’existe pas seulement dans les têtes, loin s’en faut. Il existe aussi et surtout sous des formes institutionnalisées, encore plus résistantes au démenti empirique : espaces de négociation politique (OMC, Conseil européen), puissantes bureaucraties nationales et internationales (ministère des Finances, BCE, Commission européenne, etc.), règles sanctuarisées (Pacte de stabilité « et de croissance », principe de « concurrence libre et non faussée »), catégories objectivées (taux de non emploi, taux d’inflation, etc.), instruments d’action publique. »
« La croyance s’affranchit très aisément du principe de non-contradiction » (Frédéric Pierru, La)
L’objectif ultime des grandes sociétés qui forment le cœur du complexe (« complexe du capitalisme du désastre »), c’est d’introduire le modèle de gouvernement à but lucratif – qui progresse rapidement dans des circonstances extraordinaires – dans le fonctionnement ordinaire, au jour le jour, de l’Etat. Autrement dit, il s’agit de privatiser le gouvernement. ((Naomi Klein, « La stratégie du choc », page 22)
