Commentaire de Georges Yang
sur Les odeurs de mon enfance
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Odeurs rurales, odeurs d’enfance, odeur d’une France qui n’existe presque plus.
Madeleine de Proust moins bourgeoise, votre texte évite cependant les odeurs scabreuses des « pets en gueule » à la sortie de l’école, des odeurs de menstruation qui chassaient les paysannes de la fête du cochon de peur qu’elles fassent tourner le boudin, des odeurs de fosse à purin et celle du tas de fumier devant la ferme dont la hauteur était un signe de richesse du paysan
Autant d’odeurs « répugnantes » qui faisaient le charme de nos campagnes
Rien n’est plus subtil que les remugles pour qui sait les apprécier
J’aimerais décrire avec votre talent les odeurs urbaines de pisse dans les cellules de dégrisement, de produits industriels dans les ateliers, de sueurs dans les salles de sport, de moisi et de rance des clodos et des vieilles délaissées par leurs familles, des miasmes méphitiques de l’industrie chimique ou des tanneries
Mais Suskind a atteint un sommet dans sa narration de l’histoire de Jean-Baptiste Grenouille
Nous reste les parfums de femmes
