Commentaire de easy
sur Métro KO bobo
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« »« »« »« »« »« Restons simples, évitons la surenchère de vocabulaire sécuritaire, ça heurte mon sens de la mesure.
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Vous avez ouvert le bal en utilisant beaucoup de qualificatifs théâtraux
»« »« »« »« »« »« Le profil de ces personnages est donc celui d’un petit facho de la pire espèce.
Il évolue en bande virile, il aime l’argent et existe socialement à travers les biens de consommation. La violence est son mode d’expression privilégié, et il jouit de la vulnérabilité d’autrui. Il est donc sexiste et phallocrate. Souvent raciste – ou pire, tribaliste – ça peut être un argument de poids dans le choix de sa cible.
C’est généralement un parfait abruti qui peine à s’exprimer avec des mots intelligibles, il est complètement inculte et l’assume avec arrogance. »« »« »« »« »« »
Passons sur ces détails de mise en scène et venons-en au fond.
Toutes les attaques, toutes les réactions des témoins ne sont pas comme celles que vous décrivez mais convenons que votre descriptif correspond à une partie considérable de la réalité et que ça nous fait mal de le constater.
On citerait quelques cas héroïques, ça ne changerait rien au fond, nous sommes globalement trouillards.
Nous voilà donc placés en face de notre finitude et de notre mortitude. Adieu veaux, vaches, pot au lait et illusions de léviter un jour.
Putain de peur de mourir qui nous rend à la fois si trouillards (parfois lâches) et si Tartarins au théâtre.
Dans le pays où l’on aurait le plus cultivé le sens du sacrifice de sa vie, Tepco ne parvient pas à trouver des liquidateurs, même de plus de 50 ans.
Que se serait-il passé entre 1945 et 2010 qui aurait si profondément transformé la vision des Japonais sur le sacrifice de soi ?
Je vois deux faits concordants. Autrefois le kamikaze aimait sa Société et l’avenir de ses enfants dépendaient de son sacrifice. Ce n’est plus le cas.
Les centrales nucléaires, ne sont jamais vraiment aimées, même par ceux qui en vivent, même par ceux qui les construisent. Personne n’a envie de coucher avec une centrale alors qu’on passe volontiers un WE au bord d’un barrage hydoélectrique. Quand un pays se réveille un beau matin en découvrant qu’il est constellé de centrales nucléaires déglinguées, ses habitants ne peuvent qu’être dépités et honteux de leur bêtise. Se sacrifier pour sauvegarder cette honte n’a rien de motivant.
Et dans l’intervalle de 1945- 2010, l’avenir des enfants (santé, scolarisation, emploi, logement, retraite) s’est mis à dépendre de plus en plus de la Société. Alors qu’autrefois il ne serait jamais venu à l’idée de traîner ses parents en Justice, le Tanguysme est devenu ordinaire. Facebook est infini, ubique, jamais éteint, jamais malade, jamais vieillissant, toujours présent et remplace donc largement des géniteurs limités et dépassés.
Un père, une mère, dont les enfants ont 20 ans, voient donc désormais mal où serait l’intérêt d’offrir leur vie. Ce qui vaut pour le cas Fukushima vaut pour une agression constatée sur la voie publique.
Les moines de Tibérine avaient été placés devant la difficile question du courage : rester sur place alors que le GIA venait d’égorger 12 Croates chrétiens un peu plus loin, ou décamper en abandonnant ce village que le monastère servait depuis un siècle. Il y a eu du tirage entre les moines, certains voulant rester d’autres disant qu’ils n’avaient pas vocation à mourir pour qui que ce soit. Ils ont finalement décidé de rester parce que les villageois dépendaient de leur dispensaire et qu’ils reconnaissaient cette dépendance.
On se sacrifie pour ceux qui dépendent de nous. Il n’est pas possible d’attendre des individus qu’ils sacrifient leur vie pour une Société qui les assujettit.
