Commentaire de JL
sur Comment l'oligarchie vous pense
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Bonjour thepouet, R_vs_K,
l’article proposé me parait en effet intéressant. Mais avant de le lire, et peut-être de vous rejoindre, je ne voudrais pas que l’on se méprenne sur le différend qui nous oppose ici.
Votre exemple du couple est limpide, et je ne le conteste pas, mais reconnaissez deux choses : d’une part, l’intégrisme est à l’inverse du bon sens, la chose la plus mal partagée du monde ; en effet, chacun est convaincu que l’intégriste c’est l’autre. D’autre part, l’intégrisme et la capacité à faire de l’argent ne me paraissent pas aller systématiquement de pair.
Je pourrais dire les choses autrement, allusion à ce titre « Les femmes viennent de Vénus, les hommes de Mars » : les Martiens ne sont pas tous riches (oligarque), les Vénusiennes ne sont toutes pauvres (prolétaires), loin s’en faut.
Et donc, si l’intégrisme répandu dans les sociétés humaines est causes de bien des malheurs, je ne vois toujours pas de clivage affirmé autour de ce problème, puisque pour moi, chacun est peu ou prou Vénusien et Martien tout à la fois ; Et les oligarques, ni plus ni moins que les autres.
Je crois que ce qui caractérise les oligarques, c’est autre chose. Peut-être à la fois le goût de la domination et une opiniâtreté hors du commun ?
« Le conatus, cet « effort que chaque chose déploie pour persévérer dans son être », est l’expression de ce que toute existence est fondamentalement activité, affirmation de soi et résistance à la destruction par des choses extérieures. On pourrait dire que le conatus, comme puissance, est en quelque sorte l’énergie fondamentale de toute action humaine. Mais comment, et vers quoi, cette énergie fondamentale va-t-elle diriger son effort ? La réponse de Spinoza est que ce sont les affects qui orientent nos efforts de puissance et de désir. Droite, gauche, mais c’est très simple. » (Lordon, communiste par inadvertance, une inteview de Frédéric Lordon par Clémentine Autain)
Ps. L’essai de Frédéric Lordon, « Capitalisme, désir et servitude » S/T : « Marx et Spinoza », est un ouvrage clé qui fait qui l’économie des notions d’humanisme, d’intégrisme, d’universalisme en tant que sources éventuelles de clivages, et qui pourtant tient rudement bien la route. Si l’on n’y parle pas de goût de la domination et d’opiniâtreté, ça se lit entre les lignes. En revanche, rien sur Platon ni Aristote. Mais peut-être les y retrouverez vous ?
