Commentaire de Sylvain Reboul
sur Homosexualité, une ''drôle'' de polémique
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Le genre est une construction sociale et culturelle qui rend compte ou pré-définit, dans les sociétés traditionnelles (et toutes le sont peu ou prou), les rôles plus ou moins figé, de la femme et de l’homme comme masculin et féminin. Notre société dite libérale qui promeut l’égalité des droits fondamentaux entre les individus hommes ou femmes met en cause ce modèle symbolique et donc la notion de genre comme marqueur identitaire et social.
Le sexe est d’abord une caractéristique biologique et sa détermination relève de la génétique donc des sciences biologiques mais cette caractéristique biologique ne détermine pas nécessairement une sexualité hétérosexuelle et ne fonde pas une normalité morale privilégiant celle-ci. Affirmer que la sexualité n’est pas seulement biologique et que sa construction est aussi sociale et psychologique est un fait scientifique démontré . Un(e) homosexuel (lelle) n’est pas biologiquement différent(e) d’un(e) hétérosexuel(lelle) et donc n’a pas à être considéré(e) comme déficient (e) biologiquement et encore moins comme pervers(e) moralement ,sauf dans le cadre d’une idéologie moralisante qui biologise, en cela qu’elle prétend réduire à la seule sexualité biologique, les comportements sexuels.
Derrière
la dénonciation de cet énoncé scientifique que
la construction de la sexualité est un fait complexe, se
manifeste un vision normative de la sexualité d’origine
traditionnelle et religieuse qui, de fait, confond genre, sexe
biologique et sexualité vécue. Cette vision
idéologique refuse par cette confusion toute évolution
qui autoriserait à considérer que toutes les formes de
sexualité non-violentes sont, en droit et en fait, légitimes.
Elle
est donc tout à la fois anti-scientifique et anti-libérale...
