Commentaire de Ecométa
sur En finir avec le gène, cet objet épistémologique aux contours variables


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Ecométa Ecométa 7 septembre 2011 11:44

Je partage parfaitement votre analyse, en effet, et loin s’en faut, le gène n’est pas un objet ordinaire… le problème c’est que la science, dans son approche simpliste, simplificatrice au simplisme, même manipulatrice, et de ce point de vue c’est assez pratique, considère tout comme simplement ordinaire !

Pour comprendre la science sépare et divise, même à l’antagonisme, tout ce qui, pourtant, le plus naturellement qui soit, toujours et partout, participe et collabore ;  et ceci n’est pas un mince problème !

Selon le principe cognitif de Blaise Pascal, qui, lui, contrairement à Descartes, et sans la méthode, avait déjà compris bien des choses car il était écologiste, également tenant de la complexité, de la physique quantique, du relativisme…ceci bien avant l’heure ; selon ce principe : rien, absolument rien, aucune choses, aucun système, aucun sous-système, aucune entité, aucun élément composant, pas même un gène du vivant, pas un système humain : rien, absolument rien n’existe exclusivement par lui-même et pour lui-même !

Je partage parfaitement votre analyse, sauf que vous utilisez, me semble-t-il, le terme « épistémologique » en lieu et place de celui de « scientifique ». L’épistémologie est la discipline qui prend la connaissance scientifique pour objet : l’épistémologie n’est donc pas la science ! Pour ma part il m’arrive d’utiliser le terme de « philosophie », de « première philosophie ou métaphysique », à la place de celui d’épistémologie, que je lie à une interrogation fondamentale, à cette première interrogation réellement ontologique qui a sorti l’ « Humain » de la pure croyance ; celle religieuse dans un premier temps, mais une croyance dans laquelle « loi des trois états oblige », successivement « état religieux », « état métaphysique » ou philosophique, et désormais « état scientifique » ou plus exactement « état scientiste », une pure croyance dogmatique scientifique à laquelle la science a renvoyé l’humain : la pure croyance scientifique…  celle de la « vérité pure scientifique » pur sophisme.

« …les différentes options épistémologiques (scientifiques) choisies ne sont pas des choix effectués par les généticiens ; mais s’insèrent logiquement dans leurs pratiques et découlent des stratégies employées dans leurs recherches ».

Mais par qui, alors, si ce ne sont pas les généticiens, ces choix sont-ils faits ? Par la méthode ? Par le comment ? Par un manque d’entendement ?

Tout ceci est du pur scientisme : le comment sans le pourquoi ! Alors qu’il a été critiqué en son temps, même abandonné du fait de ses méfaits, nous sommes revenus au scientisme… et de plus belle encore : nous sommes en plein technoscientisme !

C’est simple, on peut même dire simpliste, et très édifiant de ce point de vue, la science est devenue générique de savoir et du « Savoir », et il n’y aurait plus de savoir, comme d’ailleurs de valeurs et même de principes, que de nature scientifique et même technique !Au diable l’ontologie, la déontologie, l’éthique et l’altruisme ; renvoyée aux calendes grecques et aux oubliettes de l’histoire, cette première philosophie, cette épistémologie qui faisait s’interroger l’humain et le sortait de la pure croyance.

Sommes-nous plus intelligents avec notre pléthore de savoirs technoscientistes ? Non, il semblerait même que nous soyons toujours au fond de la caverne avec les « ombres » qui s’agitent car toujours et même de plus en plus ignorants de l’humain ! Il ne s’agit pas, ici, d’être contre la science et la technique, qui, au demeurant, sont utiles et nécessaires à l’humanité ; il s’agit simplement de les remettre à leur place qui est celle d’un savoir, ni plus, ni moins important qu’un autre, et, notamment que la philosophie : le « pourquoi » ?

Même Descartes savait que la science ne peut justifier la science, et c’est pour cette raison, et dans la foulée du chantier scientifique, qui, par ailleurs est toujours ouvert et le restera de façon permanente, que Descartes avait ouvert le chantier de la morale provisoire. Une morale qu’il voulait, à n’en pas douter, définitive… mais qui n’aboutira pas car elle le renvoyait purement et simplement au doute, et surtout à cette philosophie, à cette métaphysique, qu’il a tellement critiquée. Elle le renvoyait aussi à ce malin géni qu’il évoquait qui vient troubler la quiétude simplificatrice de la science ; un malin géni qui n’a rien à voir, ni avec « Dieu » et pas davantage « diable », et qui s’appelle tout simplement la « complexité » naturelle des choses de la nature, des états de nature, notamment celle de la nature humaine !

Une sérieuse remise en cause épistémologique s’impose. Une remise en cause qui prendrait le savoir, les fondements de  notre savoir, nos logiques tellement contradictoires, fausses, erronées, même manipulatrices, et pas seulement la science, comme matière ; mais ceci doit se faire à partir du principe d’humanité, à partir d’une interrogation « ontologique », « déontologie », « éthique » et « altruiste » ! En matière de savoir, d’entendement du savoir humain, tout se rapporte à l’Humain car nous conceptualisons humainement notre savoir ; de ce point de vue, au lieu de ramener tout à la chose pour la chose, à l’épiphénoménologique, comme nous y contraint la science rationaliste, qui ratiocine plus qu’elle ne rationalise, nous devons tout qualifier humainement et surtout notre savoir !

Une remise en cause qui doit être basée sur des « valeurs et des principes hautement humains » et non « bassement humains »… comme le fait cette époque moderne au modernisme paroxysme de modernité et plus simple modernité ; une civilisation de fuite en avant ou le temps de la science et de la technique a largement pris le pas sur la temporalité humaine, qui, d’après Plotin, est dialectique, et de ce fait, participe de l’intelligence humaine !


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