Commentaire de eric
sur Ils veulent supprimer les centres communaux d'action sociale !
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Faisons un peu d’histoire, les bureaux de bienfaisance sont créés par la loi du 7 frimaire AN V, Le mois de frimaire était le troisième mois du calendrier républicain français.Il correspondait à quelques jours près (selon l’année) à la période allant du 21 novembre au 20 décembre du calendrier grégorien.
C’est donc très exactement sous la « réaction » après des élections qui ont porté une majorité royaliste que le directoire , ce qui reste de la révolution, après un coup d’État, se décidera enfin a faire quelque chose pour les plus pauvres.
Le choix même du termes, un peu bondieusard, semble bien indiquer qu’il s’agissait de revenir sur la braderie des services sociaux réalisée par les révolutionnaires.
Du reste la loi de 1893 est elle aussi votée sous un ministère dont le premier ministre Charles Dupuy est réputé notamment pour sa lutte contre le socialisme et son refus de réviser l’affaire Dreyfus. Il aura fallu un siècle pour revenir a ce qui prévalait sous l’ancien régime.
Bref, en 1793 comme aujourd’hui, les extrémistes de gauche publient des textes affirmant le droit des pauvres, mais amplifient la politique de privatisation du secteur social entreprise dès 89. Car les biens du clergé, c’étaient en pratique des équipements publics servant au fonctionnement et au financement de l’aide aux plus défavorisés. En 93 et pour faire bonne mesure, les « terroristes » rajoutent les biens des émigrés, mais aussi l’ensemble des locaux qui servaient aux écoles. Eux aussi seront vendus à bas prix aux amis du pouvoir.
C’est tellement vrai que la loi du 7 constitue un retour aux pratiques sociales de l’ancien régime, que comme Chalot omet évidemment de le signaler, sont reversés aux bureaux de bienfaisance pas tellement les taxes sur les théâtres ( on imagine la gueule des pauvres dans une commune rurale à la vie culturelle disons limitée) mais surtout ce qui reste des biens sociaux non encore privatisés.
Ainsi, historiquement, on constate que les révolutionnaires parlent beaucoup des pauvres et piquent leur fric pour financer leurs révolutions et que les réactionnaires essayent de récupérer ce qui reste pour le remettre au service des vrais pauvres.
Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler qu’il n’y a de CCAS que dans 6000 communes sur 36 000 sans que les autres soient dispensées de leurs devoirs sociaux.
Que la loi proposée visent essentiellement à la simplification administrative.
Ainsi, ce ne sont en rien les mission sociales des mairies qui seraient menacées, puisqu’en cas de suppression d’un CCAS, elle devraient les gérer en direct.
Qu’en conclure ou en supposer ? Dans l’article, on insiste sur « l’autonomie » des CCAS. Ok, si ils sont autonomes, ils sont peut être moins clientélistes que les élus quand ils gèrent en direct. Oui, mais ils sont aussi moins sous le regard des électeurs et sous leur contrôle. Comme le texte ne propose pas la suppression mais la possibilité de gérer autrement, si la profession à des angoisses, c’est qu’elle doit avoir des raisons d’avoir peur des élus et des citoyens. C’est ici qu’on aurait souhaité en savoir plus.
Fort du précédent de 93, il est permis de supposer que de nombreux CCAS ont du devenir des fromages pour un certain nombre de professionnels du bien qui n’en font qu’à leur tête sans rendre compte ni au peuple, ni aux élus. Le fait d’en appeler aux mânes de la révolution avant de présenter un bilan positif de leur action, irait dans le même sens. Il y a gros a parier que l’on a affaire, en tendance, comme souvent, à un mouvement corporatiste de professionnel qui ne tiennent pas trop à ce que les citoyens se mêlent de ce qu’ils font avec leur argent.
Après, il y a certainement autant de situations que de cas, Bon CCAS, bonne mairies sans CCAS etc...et des choses à changer à conserver ou à améliorer. La réaction « pas touche à 93 » laisse quand même pas mal d’inquiétudes.
