Commentaire de Renaud Bouchard
sur Casser la baraque et plonger dans le ravin
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@ l’auteur.
Où l’on voit que l’idée des harmonies économiques de Frédéric Bastiat mériterait d’être revisitée.
Vous écrivez - je vous cite « Bref, ce qui pourrait nous attendre est une nouvelle étape des sociétés humaines : l’auto-régulation. Trouver une forme d’équilibre, cesser de courir après une modernité qui n’est qu’un produit de plus dans le supermarché des idées. Et là, je ne sais pas si l’humain en est capable où s’il devra accepter que les évènements mondiaux l’y contraignent. ».
Considérez le monde qui nous entoure et la course vers le brasier matérialiste qui l’anime ; vous verrez que les idées de décroissance, par exemple, n’y ont aucune place, ou encore que l’idée même de préserver la planète de la pollution n’est qu’une vue de l’esprit auprès de populations gigantesques qui habitent dans des villes invivables (Mexico, Shanghaï, Le Caire, Lagos etc...) mais qui n’aspirent qu’à une chose précisément : obtenir un meilleur niveau de vie en s’enrichissant par tous les moyens afin, une fois satisfaits les premiers besoins alimentaires ou sanitaires pour ceux qui y arrivent, acquérir appareils électroniques, véhicules automobiles, biens matériels inutiles dont la durée de vie est éphémère etc...« Nous n’avons, écrivez-vous avec justesse, aucun intérêt à vouloir casser la baraque. Au contraire il est important de réfléchir aux solutions réelles, possibles, qui maintiennent suffisamment de prospérité ainsi que la liberté. Donner plus de place à l’humain, au gouvernement de soi-même, c’est un objectif louable. Mais sans casser la machine économique, car quand l’humain n’a plus rien il souffre encore plus. » Mais comment allez-vous expliquer cela, soit à ceux qui vivent difficilement (les 08 millions de pauvres que nous avons en France, désormais), soit à tous ceux qui sentent confusément que l’univers dans lequel ils vivaient jusqu’alors, les valeurs auxquelles ils croyaient sans trop y réfléchir, sont en train de s’effondrer ou de changer ?Tous ceux que vous décrivez avec raison comme ne faisant pas partie de ces blogueurs ( l’exemple est bien trouvé) que vous évoquez, tout ce tissu social qui soit vit mal, soit ne comprend pas les mutations qui l’entourent et dont il est l’objet,tous ces gens qui sont englués dans des opérations bancaires aléatoires, qui sont les victimes consentantes d’opérations de crédit qu’ils n’ont pas les moyens d’engager, croyez-vous un seul instant qu’ils puissent être accessibles à un discours qui leur demanderait de réfréner une soif de consommation (acquisition et renouvellement de téléphones portables, vêtements de marque, folie des articles scolaires à chaque rentrée des classes etc...) ?
