Commentaire de Marc Bruxman
sur Vaya con Dios
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Pour avoir passé quelques mois en Espagne (à Barcelone), et ce fut un bon souvenir, je regrette profondément ce qui arrive.
Mais en même temps les racines du mal sont profondes :
- Même dans des business « sérieux » comme les télécoms, on sentait que les petites arnaques étaient monnaie courante : Câblage facturé deux fois, chantage disant qu’un mail vague valait juridiquement signature de contrat, etc, etc, ... On s’y fait mais j’ai retenu de mon séjour la bas que si la vie y était agréable, le climat pour faire des affaires sérieuses était difficile. Et cela est commun avec l’Italie.
- Le travail au noir y était endémique et parfois même de façon un peu trash : Tu appelles Telefonica pour te plaindre d’une ADSL qui ne marche pas et l’employé qui vient (avec beaucoup de retard) te dit que si tu le paie lui directement et que tu dis à son patron qu’il n’est pas venu il te fait un discount. Si tu lui dis que tu as besoin d’une facture pour ta compta, bizarrement, il facture des heures sans avoir pu régler le problème...
- Difficulté à recruter du personnel qualifié : Les gens se disaient que finalement, on peut faire du fric avec des business « simples » et donc recruter des ingénieurs qualifiés sur les sujets qui nous concernait pour cette mission était horriblement compliqué. Beaucoup de jeunes espagnols à l’époque choisissaient consciemment de ne pas faire d’études et lorsqu ils en fersaient ce n’étaient pas les domaines techniques et scientifiques qui étaient majoritairement choisis.
Beaucoup de pays qui se sont enrichis vite souffrent de ces maux : La Chine souffre de problèmes très similaires à l’espagne qui malheureusement vont conduire aux mêmes conséquences, mais l’Irlande a été concerné par une partie de ces soucis. Lorsque l’Irlande vous vantait les usines Dell, elle oubliait de préciser qu’elle ne fesait que l’assemblage et que le gros du savoir faire était aux USA.
Il est bon de jouer sur son avantage comparatif pour amorcer la pompe et s’enrichir, mais visiblement toutes ces économies ont du mal à enclencher ensuite la seconde et transitionner vers une économie de la connaissance. Regardez les pays qui réussissent en Europe : Allemagne, Pays-Bas, Finlande, ... Tous ont une économie High-Tech très développée.
Quand à la France, si elle ne se remue pas et ne favorise pas d’avantage les formations en Sciences (les vraies) et Technologies, elle risque de souffrir des mêmes maux plus tard. Or à trop par exemple se focaliser sur l’emploi dans l’automobile on oublie que le nerf de la guerre (qui créera des emplois durables et non subventionnés) c’est la supériorité technologique du matériel vendu. Car pour le reste, c’est triste à dire mais les constructeurs coréens sont en train de rattrapper techniquement les constructeurs français.
