Commentaire de Louis Dalmas
sur Occupation et Résistance
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Je regrette que la haine aveugle qui a diabolisé les Serbes pendant dix ans, entretenue par des intellos parisiens à la suite de BHL qui se sont trompés sur tout, vienne pourrir une discussion qui aurait pu être intéressante.
Je ne raisonne pas avec des insultes passionnées, des formules péremptoires ou des affirmations gratuites, mais avec des faits. Et puisqu’on nous oblige à revenir sur le passé, en voici quelques-uns.
1) Milosevic a été un chef d’Etat autoritaire, il n’a jamais été un dictateur. Il n’a jamais supprimé la démocratie parlementaire, ni empêché son opposition de s’exprimer. Il n’a attaqué personne, ni déclenché une guerre quelconque. Il a accepté toutes les propositions d’accords faites durant la guerre par la communauté internationale. Il s’est désolidarisé sans cesse des gens chez lui qui voulaient la « Grande Serbie ». Bien loin d’être l’auteur de « génocides », il a fait l’éloge du pluralisme yougoslave en saluant comme enrichissante la présence dans son pays de 22 nationalités différentes (y compris musulmane et albanaise).
Lors de son procès à La Haye, il a réfuté toutes les accusations portées contre lui, au point que ses juges ont été acculés à un dilemme insurmontable : le libérer avec un non-lieu ou s’en débarrasser en le laissant mourir (ou en précipitant son décès).
2) Mladic était un militaire de haute tradition, intelligent et intègre.
Son armée était totalement pluraliste, à l’image de la Yougoslavie. Il
détestait les milices paramilitaires et punissait sévèrement leurs
exactions. Il n’était pas seulement vénéré par ses hommes pour sa
justice et son courage, mais il était respecté par tous les généraux qui
étaient ses adversaires. Ses ordres de traitement correct des
prisonniers sont légion. Des règlements de comptes ont eu lieu à Srebrenica (concernant quelques centaines de victimes, loin des 8.000 !) auxquels il n’a pas assisté et dont il n’a jamais donné l’ordre.
3) La légende des 8.000 musulmans massacrés à Srebrenica a été démentie par de nombreux ouvrages publiés tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Le dernier en date est un énorme travail d’enquête approfondie ; sorti récemment aux Pays-bas, qui donne les noms des morts et des blessés, les relevés d’ADN, les résultats chiffrés d’exhumations, etc. Il prouve que des milliers d’hommes sont morts dans des combats, comprenant aussi bien des musulmans que des Serbes.
4) En ce qui concerne des chefs d’Etats comme Saddam Hussein, Kadhafi, Gbagbo, etc. je ne juge pas leur régime. Je constate simplement deux choses : A) l’Etat de Saddam était un grand Etat laïque où cohabitaient en paix musulmans et chrétiens et celui de Kadhafi avait crée pour ses habitants des conditions de vie exceptionnelles ; B) ces Etats ont été détruits (comme la Yougoslavie) pour des raisons purement impérialistes, pétrolières, financières, colonialistes, etc.
Pour tout cela, il existe des témoignages vécus, des documents, des enquêtes, des analyses, des rapports des Nations Unies, dont les conclusions sont indiscutables. Un ensemble de faits qui méritent d’être pris en compte, pas balayés par des insultes.
Dans la propagande raciste qui a conduit à la destruction de la Yougoslavie, et dans les guerres qui ont transformé en chaos l’Irak, l’Afghanistan et la Libye, il me semble difficile de ne pas voir la main de l’impérialisme américain, soutenu par ses complices européens.
Alors je pose deux questions : où sont les criminels, et a-t-on raison de combattre les ravages de cet impérialisme ?
