Commentaire de Azür
sur Smoking aria
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23/01/2007 - Révoltes MIALY
En préambule, fumer est dangereux. Personne ne le conteste. Mais ça suffit ! La politique d’interdiction de fumer telle qu’elle évolue depuis quelques années consiste plus à épargner les non fumeurs des méfaits du tabagisme passif que d’aider les fumeurs à mettre un terme à leur addiction.
C’est tant mieux pour les non fumeurs mais quelles erreurs sont commises avec les fumeurs !!! Au plan social, cette politique anti-tabac crée un ostracisme cruel et autorise une sorte de petite tyrannie ordinaire venant de ceux qui se pensent « normaux », c’est-à-dire les non fumeurs, que ceux-ci soient en surcharge pondérale, gavés de junk food, shootés aux anxiolytiques et autres médicaments, automobilistes en tdi, voire 4X4, etc.
Toute compassion a été évacuée pour ceux que l’on désigne pourtant comme drogués. L’aide ridicule des substituts nicotiniques ne vient pas compenser la solitude et l’angoisse de celui qui se voit enjoint d’arrêter le tabac, qui s’y essaie, n’y parvient pas toujours ou pour un temps seulement, qui reprend la cigarette. Il n’y a que les non fumeurs pour croire qu’il suffit de la volonté pour arrêter. Quant aux consultations anti-tabac et autres exploitations du problème type Allen Carr, ça fait vivre le petit commerce.
On a plus d’égard avec les héroïnomanes et autres usagers d’hallucinogènes, sans doute parce que l’on craint qu’ils ne deviennent violents, n’attaquent une pharmacie ou un médecin de quartier. On ne peut pas en même temps dire que les fumeurs sont des drogués durs donc des malades et leur infliger un tel mépris.
En premier lieu, ce mépris est le fait de nombreux médecins qu’ils soient à l’origine de cette loi ou qui la défendent. Bien des pneumologues savent que l’arrêt du tabac est très fréquemment suivi d’une période très pénible pour une grande majorité, où toutes sortes de maux apparaissent pendant un, deux, trois ans.
Aucun accompagnement n’est là pour aider à passer ce cap. A cela viennent s’ajouter souvent des problèmes d’insomnie, des crises d’angoisse, d’agressivité. Un médecin digne de ce nom ne peut se contenter de répondre qu’il ne fallait pas fumer. Au contraire, il doit s’impliquer et trouver des moyens pour aider sérieusement à passer cette étape.
Il est de notoriété publique que la cigarette contient des substances destinées à ferrer un peu plus les usagers dans leur addiction. Il est plus qu’étonnant de constater qu’aucune démarche énergique de la part de l’Etat, censé vouloir le bien de tous ses citoyens, ne soit menée à l’encontre des fabricants pour leur en interdire l’utilisation pure et simple. Dans le monde viticole, si une telle chose se produisait, ce serait un tollé et d’ailleurs, des règlements sont là pour interdire de trafiquer le vin. Un médecin digne de ce nom devrait se démener auprès des pouvoirs publics afin que celui qui ne parvient pas à arrêter ait au moins du « bon tabac ».
Cette société, sous prétexte d’hygiène, de prévention, devient décidément d’une dureté extrême. Un médecin digne de ce nom devrait en être conscient et admettre que fumer est une béquille qui permet de supporter quelque chose de plus profond, une anxiété, un traumatisme. A cela, sa réponse sera de prescrire des anxiolytiques ! Belle substitution à la dépendance...
La dernière loi anti-tabac atteint toutes les limites de l’arbitraire. Les fumeurs qui ne peuvent arrêter fument dehors. Hors de l’entreprise, hors de partout. Au risque d’attraper froid, de fumer mal en tirant plus sur leur cigarette pour aller vite. Si, par malheur, on en surprend un à l’intérieur de quelque part avec une cigarette allumée, c’est la contravention, et, dans le cadre de l’entreprise, un avertissement, un blâme, une mise à pied ! C’est du délire. C’est comme si on punissait un alcoolique, un boulimique ou un dépressif !
Il ne s’agit pas de plaindre les fumeurs. Il s’agit simplement de ne pas ajouter de nouveaux maux à un mal. Il faut admettre que certains fumeurs ne peuvent et ne pourront pas arrêter et il faut les prendre en compte. Ce sont des malades comme les autres.
A ce titre, il appartient à tous les collectifs anti-fumeurs comme le vôtre, il appartient à tous les médecins, à l’Etat, de réfléchir, de repenser l’attitude à tenir envers eux dans le cadre de la loi. - Communication plus compassionnelle au sujet des fumeurs, - Accompagnement médical suivi pour ceux qui arrêtent ou tentent de le faire, - Tabac nettoyé de toutes ces substances inutiles et dangereuses. ...C’est un minimum pour éviter que de nouveaux problèmes ne nous sautent à la figure.
Enfin, les fumeurs qui sont des malades sont aussi des citoyens, des contribuables. Assez de cet eugénisme à rebours !
