Commentaire de Gasty
sur Finance Watch : David contre Goliath ?
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Mais Nietzsche ne serait pas d’accord, il ne voit dans cette moralité que le résultat d’un abêtissement progressif de l’humanité. En adoptant des valeurs de « troupeau », renonçant à ce que l’existence peut avoir d’exaltante.
Pour Nietzsche : les valeurs dominantes – celles qui fondent le conformisme – témoignent de l’influence du christianisme et de la mentalité « démocratique ». Cette dernière impose l’idée qu’un égal traitement est dû à tous les hommes, tandis que du christianisme provient le principe d’un amour universel, dans lequel Nietzsche dénonce l’envers d’une impuissance à se venger des affronts subis. À ces (fausses) valeurs, synonymes pour lui de « décadence » européenne, il oppose les valeurs des hommes « forts », de courage et de rivalité, orientées vers le dépassement de soi-même. La moralité ordinaire, avec son obéissance à un « devoir » anonyme et abstrait, ne signifie rien d’autre que l’asservissement à un idéalisme qui oublie les exigences du corps, de la joie et de la « volonté de puissance », c’est-à-dire l’appel de la vie elle-même. Elle annule les singularités et impose à chacun, quelle que puisse être son ambition initiale, une attitude faite de bassesse et d’hypocrisie.
